En matière d’assurance-vie, la gestion pilotée, également appelée gestion sous mandat, devient de plus en plus accessible. Plusieurs acteurs, notamment sur internet, la proposent à partir d’un seuil de 5.000 euros, voire de 1.000 euros. Mais est-il intéressant d’y recourir ? A qui s’adresse-t-elle ? Et quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

Accompagnement par un professionnel, gain de temps, diversification du capital, informations détaillées : la gestion pilotée ne manque pas d’atouts. Elle permet en effet aux particuliers de déléguer la gestion de leur contrat d’assurance-vie à une société de gestion, telle que Rothschild & Cie Gestion ou Lazard Frères Gestion, qui est mandatée par l’assureur. Les arbitrages sont alors réalisés par ces professionnels, en fonction du profil de risques du souscripteur.

« C’est une sorte de vulgarisation de la gestion de fortune, relativement accessible. Elle permet de bénéficier d’une gestion flexible, moins figée que la gestion profilée » analyse Jean-François Bay, le directeur général de MorningStar. « Elle prend en compte précisément les besoins, les contraintes, en fonction de l’appétence au risque ». Avec ce mode de gestion, l’assuré peut ainsi saisir plus facilement les opportunités de marché, notamment à l’international, et peut espérer capter des performances plus importantes, à condition bien sûr d’accepter la part de risque inhérente. « La gestion pilotée permet à l’investisseur d’être moins frileux et moins allergique au risque », estime néanmoins Jean-François Bay.

Un empilement de frais

Si dans un environnement de plus en plus complexe et qui s’internationalise, la gestion pilotée peut donc être un allié de choix, plusieurs points doivent néanmoins être étudiés de près. « Le premier élément à vérifier est la structure des frais », poursuit Jean-François Bay. « Il faut être attentif à l’addition des frais qui peuvent représenter des montants importants. »

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Par exemple, dans le cadre de la gestion pilotée, il faut considérer les frais de gestion du contrat - souvent de 0,60% par an - puis une deuxième couche de frais, ceux de la gestion du mandat, qui oscillent entre 0% (sous certaines conditions) et 1%, et peuvent parfois dépendre de la performance réalisée. ll faut enfin ajouter les frais de gestion des fonds sélectionnés. L’addition peut facilement atteindre 2,6% par an.

Pour les épargnants qui souhaitent une gestion dynamique

Même si elle se démocratise avec des seuils de plus en plus accessibles, la gestion pilotée n’est donc pas adaptée à tous les épargnants, compte tenu de ces frais. « Si l’objectif est de réaliser une performance de 3 à 4% par an, le jeu n’en vaut pas la chandelle », poursuit Jean-François Bay. « La gestion pilotée s’adresse plutôt à ceux qui veulent une gestion agressive et qui ont des objectifs de performance assez élevés ».

Reste une question : les performances de la gestion pilotée sont-elles vraiment supérieures à celle d’une approche standard ? La réponse n’est pas aisée, la plupart des distributeurs ne communiquant pas, ou peu, sur leurs performances. « Elles sont généralement très satisfaisantes, du fait notamment de la bonne tenue des marchés obligataires et actions sur les trois dernières années », constate Jean-François Bay. « De plus, la diversification internationale a été plutôt payante ». Toutefois, à mesure que la gestion pilotée va être amenée à se démocratiser, les dispersions de performances risquent d’être un peu plus importantes. A charge donc pour les épargnants de privilégier les gérants les plus expérimentés, dans un contexte où les marchés risquent d’être plus difficiles à appréhender.