La gestion libre, ou allocation libre, est le mode de gestion par défaut des contrats d’assurance vie multisupports. Elle permet aux épargnants de choisir librement les fonds sur lesquels ils souhaitent investir leur épargne.

Qu'est-ce que la gestion libre ?

La gestion libre est un mode de gestion d'un contrat d'assurance vie. Comme son nom l'indique, elle permet à l'épargnant de gérer seul et à sa guise ses investissements. Ainsi, il choisit lui-même les supports sur lesquels il souhaite placer son argent (fonds euro ou unités de compte), et dans quelle proportion. De même, c'est lui qui est maître de ses arbitrages, soit effectués ponctuellement, soit mis en place automatiquement.

La plupart des contrats donnent accès à plusieurs modes de gestion, essentiellement la gestion libre, la gestion profilée ou la gestion déléguée. Ces deux dernières sont destinées à ceux qui souhaitent être accompagnés par des professionnels.

Pour les contrats souscrits en banque ou par l’intermédiaire d’un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI), l’accès à la gestion libre peut être réservé à cet intermédiaire. Toutefois, depuis l’avènement de la gestion en ligne des contrats, c’est l’épargnant lui-même qui en devient le gestionnaire. A l’épargnant désormais de maîtriser ses propres choix d’investissement !

Gestion libre et nombre de supports

L’un des critères majeurs pour choisir son contrat d’assurance vie réside dans le nombre de fonds proposés et leur variété. En effet, si le souscripteur préfère un contrat simple à gérer, il se dirigera plutôt vers une assurance vie avec peu de supports, ou au contraire avec des centaines s'il désire un choix important.

Ainsi, on trouve quasiment toujours un fonds en euros, ainsi que des unités de compte (UC), c'est-à-dire des OPCVM (Sicav, FCP ou autres formes juridiques) investis en actions ou en obligations, regroupés par zone géographique ou par secteur d’activité. De plus en plus de contrats proposent également un 2e fonds en euros garanti à dominante immobilière ou avec une composante dynamique (mais dont l’accès est le plus souvent limité). Pour les fonds en unités de compte, les supports immobiliers (SCPI, OPCI, SCI) deviennent de plus en plus courants et quelques contrats proposent également d’autres types de fonds : des trackers (ETF), des certificats et même des actions en direct.

Voir également : le top 5 des contrats 100% sans risque (décembre 2019).

A noter que, le plus souvent, les assureurs mettent à disposition un outil de sélection entre les différents supports disponibles sur le contrat. D’autre part, les contrats proposent des options d’arbitrage permettant d'automatiser, dans une certaine mesure, le pilotage de ses investissements.

Exemple de contrats avec peu de supports

 Contrats d'assurance-vieNombre de supports
Logo YomoniYomoni Essentiel21

Exemple de contrats avec plus de 300 supports

 Contrats d'assurance-vieNombre de supports
Logo AltaprofitsAltaprofits Vie515
Logo Mes PlacementsMes-placements Liberté 2596
Logo Assurancevie.comPuissance Avenir718

Les arbitrages et leurs frais

L'arbitrage en assurance vie est le fait de désinvestir d’un fonds tout ou une partie du capital pour réinvestir dans un autre. Selon les contrats, cette opération peut supporter des frais. On en distingue généralement 2 types : les frais d’arbitrage à la demande, lorsque l’épargnant a choisi de réaliser lui-même une opération précise et ponctuelle, et les frais d’arbitrage automatique.

Les tarifs sont très variables. Pour la plupart des contrats « internet », les arbitrages sont gratuits. Sur les autres, les frais sont de l'ordre de quelques pourcents : typiquement 0,5% ou 1% des sommes arbitrées, avec un éventuel minimum ou maximum. Ils peuvent aussi être facturés de manière forfaitaire (par exemple : 15 euros).

Les options d’arbitrage automatique

Les options d’arbitrage automatique, parfois appelées « option de gestion » ou « arbitrages programmés », sont des dispositifs qui déclenchent des arbitrages dans le futur, sans intervention de l'épargnant, quand une condition de temps ou de variation d’une valeur est remplie. La mise en place d’une option d’arbitrage est gratuite, seuls les arbitrages générés peuvent éventuellement être facturés.

Les contrats stipulent souvent des conditions pour avoir recours à ces options. Ainsi, il faut parfois investir une somme minimum sur le support d'investissement objet de l'arbitrage automatique. De même, ces options peuvent n'être qu'accessibles qu'après un montant minimal épargné sur le contrat. Elles sont aussi conditionnées à la réalisation d’un arbitrage d’au moins une certaine valeur (typiquement 50 ou 100 euros).

Par ailleurs et toujours selon les contrats, certaines options d’arbitrage automatique peuvent être incompatibles entre elles. On en dénombre généralement 5.

Limitation des pertes

Cette option, aussi appelée « stop-loss » (littéralement « arrêt des pertes » en français), « limitation de la moins-value » ou « arbitrage à seuil », est utile pour se prémunir d’une baisse de rendement sur une UC, dépassant un seuil fixé à l’avance (le plus souvent d’au moins 5%). Quand cette baisse est constatée, un arbitrage de la totalité du support est alors réalisé vers un fonds de sécurisation préalablement défini (la plupart des contrats imposant un fonds en euros spécifique).

Cette option existe en 2 variantes : le stop-loss relatif et le stop-loss absolu. Dans la version relative, la baisse est constatée par rapport à la plus haute valorisation atteinte sur le support (depuis la mise en place de l’option). En version absolue, la comparaison est effectuée avec la valeur constatée lors de la mise en place ou de la modification de l’option.

Voir des contrats proposant l’option stop-loss

Investissement progressif

Cette option existe dans de nombreux contrats multisupports, même si elle peut être présentée sous diverses dénominations : « dynamisation progressive de l’investissement », « plan d’arbitrage programmé », « transferts programmés », voire « investissements fractionnés ». Elle permet de transférer régulièrement, à un rythme mensuel, trimestriel ou annuel, une part du capital placé sur un fonds en euros vers un ou plusieurs supports en unités de compte. L’investissement progressif permet ainsi de se garantir de ne pas acheter au plus haut une valeur et d’obtenir un coût d’acquisition lissé dans le temps.

A noter que le même effet peut être obtenu en effectuant des versements programmés sur le contrat. Cependant, avec cette option, le capital de départ placé sur le fonds en euros bénéficie de la rémunération de celui-ci.

Voir des contrats proposant l’investissement progressif

Sécurisation des plus-values

Parfois aussi appelée « écrêtage », « stop win » ou encore « sécurisation des performances », cette option est très courante dans les contrats d’assurance vie gérables par Internet. Son objectif est de transférer automatiquement les gains réalisés (la plus-value) sur un support en unités de compte vers un fonds prudent (fonds en euros ou assimilé) et ainsi de « sécuriser » ou « d’engranger » la somme correspondante.

L’arbitrage automatique sera déclenché lorsque l’augmentation dépasse le seuil fixé (le plus souvent d’au moins 5%), sous réserve que le montant des plus-values dépasse le montant d’arbitrage minimal que prévoient certains contrats.

Voir des contrats permettant la sécurisation des plus-values

Dynamisation des plus-values

L’option de dynamisation des plus-values vise à transférer automatiquement la rémunération annuelle reçue sur un fonds en euros vers des supports plus dynamiques que sont les unités de compte. Ainsi, le montant placé en fonds euros est maintenu à son niveau, le surplus annuel étant investi sur des UC. Cette option est le pendant de la « sécurisation des plus-values » qui effectue l’opération inverse : arbitrer les gains depuis les unités de compte vers un fonds euros. Ces deux options sont donc logiquement incompatibles entre elles.

Voir des contrats disposant de la dynamisation des plus-values

Rééquilibrage automatique

Le rééquilibrage, ou réallocation ou réorganisation, automatique permet de maintenir une proportion préalablement définie entre différents fonds d’investissement.

En effet, avec les fluctuations des marchés, un investissement en unités de compte peut évoluer à la hausse ou à la baisse et ne plus représenter la même part que celle souhaitée dans un portefeuille. Le rééquilibrage automatique, généralement réalisé chaque trimestre, permettra d’effectuer les arbitrages nécessaires pour revenir à la répartition cible : les plus-values seront dégagées et les valeurs en moins-values seront renforcées.

Voir des contrats proposant le rééquilibrage automatique

© MoneyVox 2015-2020 / FV / Page mise à jour le / Droits réservés