Faut-il encore patienter avant d'acheter ? C'est la question que peuvent se poser les ménages qui espéraient profiter d'une nouvelle baisse des prix. Le dernier baromètre SeLoger-Meilleurs Agents laisse penser que cette stratégie pourrait devenir moins pertinente. Au premier semestre 2026, les prix de l'immobilier n'ont progressé que de 0,1% au niveau national. Une quasi-stabilité qui marque surtout la fin de la phase de correction engagée en 2022.

Le constat reste toutefois très contrasté selon les territoires. Certaines villes continuent de corriger, comme Bordeaux (-2,5%), Nice (-0,9%) ou Lille (-0,6%). Ailleurs, la tendance s'est inversée. Nantes (+3,5%), Marseille (+2,7%), Rennes (+2,6%) ou encore Paris (+0,5%) enregistrent de nouvelles hausses depuis le début de l'année. Autrement dit, les opportunités de voir les prix continuer à reculer se font de plus en plus rares dans plusieurs grands marchés.

Un financement bientôt plus cher ?

Cette stabilisation ne signifie pas pour autant que les prix repartent à la hausse partout en France. Mais elle pourrait modifier la stratégie des acheteurs. Ceux qui attendaient une nouvelle correction devront désormais arbitrer entre un éventuel gain limité sur le prix d'achat et le risque d'un crédit plus coûteux.

Crédit immobilier : voici les taux sur 15, 20 et 25 ans au mois de juillet

Car c'est l'autre enseignement du baromètre. Après la hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne en juin, SeLoger estime que les taux de crédit immobilier pourraient atteindre 4% d'ici à la fin de l'année. Le groupe rappelle toutefois que le contexte n'a plus rien à voir avec celui de 2022-2023 : les prix ont déjà baissé dans de nombreux secteurs et les banques continuent de se montrer offensives pour attirer de nouveaux emprunteurs.

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* Prix moyen au m2 dans les 41 plus grandes villes de France.
Données : SeLoger et MeilleursAgents.com

Selon les calculs de SeLoger, un passage d'un taux de 3,5% à 4% représente environ 25 euros de mensualité supplémentaire par tranche de 100 000 euros empruntés sur 20 ans, soit 12 000 euros pour un prêt de 200 000 euros. Un surcoût qui peut rapidement effacer le bénéfice d'une légère baisse des prix si celle-ci devait encore se produire.

Pour autant, rien ne presse pour tous les acquéreurs. Les vendeurs restent généralement plus ouverts à la négociation qu'avant la crise immobilière et le marché offre davantage de choix qu'en 2021 ou en 2022. En revanche, pour les ménages disposant déjà d'un financement solide et d'un projet mûr, attendre une hypothétique nouvelle baisse des prix pourrait désormais présenter moins d'intérêt qu'il y a encore quelques mois.