Poam : Le point sur mes portefeuilles boursiers.

yenrad a dit:
Bonjour @yenrad

yenrad a dit:
Vous vouliez dire 312 392 euros plutôt, je pense que c est une faute de frappe.
Ah oui, effectivement, un chiffre de plus, j'aurais bien aimé... Hélas non, faute de frappe... Merci de l'avoir relevé, j'ai corrigé.

yenrad a dit:
Merci pour votre reporting et votre éclairage toujours aussi excellent
bon week-end de pâques
Bonnes Pâques aussi à vous.
 
Melody43 a dit:
De la clarté face au flou. Bravo.
Merci pour vos lumières, Maître Poam. Bon week-end pascal !
Bonjour Pascal, alias @Melody43
Merci pour l'appréciation.
Bonnes fêtes de Pâques.
 
D’habitude c’est moi qui vous appelle Maître Poam 😇😇😇
 
Pascal 75 a dit:
EXCELLENTE analyse.
Merci 👍

La situation est TRES préocupante et, oui, même si ils arrêtent demain, les dégats sont déjà considérables.
Bonjour @Pascal 75
Merci pour vos commentaires.
On ne l'imagine peut-être pas, mais la situation du moment avec Ormuz bloqué est pire que les chocs pétroliers des années 70, ou que la guerre en Irak.
Il y a le coût immédiat du plein à la pompe. Viendra ensuite l'alimentaire frais qui va prendre une claque avec des engrais en hausse sensible. Par exemple+20% en 1 mois sur les engrais azotés.
Et il y a tout ce que l'on ne voit pas mais qui aura des répercussions à un horizon plus éloigné, comme la hausse des taux obligataires qui montent à cause d'une inflation à venir et qui pénaliseront les candidats à l'accession à la propriété, et donc le secteur immo.
 
Tous sur le monétaire avec le retour de l’inflation d’ici peu🤣. Beaucoup vont laisser les fonds Euro en AV et se remettre au LA et LDDS😁
 
poam5356 a dit:
On ne l'imagine peut-être pas, mais la situation du moment avec Ormuz bloqué est pire que les chocs pétroliers des années 70, ou que la guerre en Irak.
Pourtant on est moins dépendant : énergie nucléaire, transport qui consomment beaucoup moins, pas de rupture d’approvisionnement. Et la hausse du brut par rapport à 1973 en terme de monnaie constante est moins violente.

Alors oui l'inflation est là mais est ce comparable aux années 70 (où la guerre du Vietnam avait dégradé les finances US et rajoutai de l'inflation) ?
 
Ça va venir😉
 
ça va lancer la transition énergétique avec l'électrique?
La France se "veut" autonome avec son nucléaire....
Beaucoup de biens viennent d'ailleurs
Le gazole flambe mais pas forcément l'essence, on reste sous les 2€
 
polo88 a dit:
Le gazole flambe mais pas forcément l'essence, on reste sous les 2€
Ça il y a une explication. Les raffineries européennes, datant pour la plupart des années 50 voir avant, sont configurées pour produire de l'essence à l'époque majoritaire. Donc les pétroliers importent du gazole/diesel notamment du Moyen-Orient.
 
Jeune_padawan a dit:
Pourtant on est moins dépendant : énergie nucléaire, transport qui consomment beaucoup moins, pas de rupture d’approvisionnement. Et la hausse du brut par rapport à 1973 en terme de monnaie constante est moins violente.
C'est le directeur de l'AIE qui dit que la crise actuelle est pire en ce sens que ce sont 20 millions de barils potentiellement empêchés avec le blocage d'Ormuz, plutôt 12 millions en réalité, alors que l'embargo des années 70 portait sur 5 millions de barils.
S'il est vrai que nous dépendons moins du pétrole, 35% contre 70% à l'époque, il reste une constante que la majorité de nos voitures utilisent le pétrole pour fonctionner. Et là, ça fait mal au porte-monnaie parce que le pétrole a un cours international et qu'on le paye aussi cher quelque soit notre dépendance à celui-ci. Les Américains en savent quelque-chose, eux qui ont vu le prix à la pompe exploser alors qu'ils sont exportateurs de pétrole.
 
Bonjour Poam,
Merci encore pour ces comptes rendus, dont je déguste chacun deux fois, en le lisant une fois à l’endroit puis une fois à l’envers.
poam5356 a dit:
des A/R sur Rocket Lab Corp que j'essaye d'acheter sur 65$ pour revendre 10% plus haut.
C’est la folie dans ce secteur depuis quelques jours. Est-ce que tu t’es intéressé à d’autres titres, comme Intuitive Machines et Planet Lab ?
 
mvhrb888 a dit:
Bonjour Poam,
Bonjour @mvhrb888
mvhrb888 a dit:
Merci encore pour ces comptes rendus, dont je déguste chacun deux fois, en le lisant une fois à l’endroit puis une fois à l’envers.
Merci à toi pour ce
commentaire.
mvhrb888 a dit:
C’est la folie dans ce secteur depuis quelques jours. Est-ce que tu t’es intéressé à d’autres titres, comme Intuitive Machines et Planet Lab ?
Non, uniquement Rocket Lab.
 
Merci @poam5356
Alors, je continue mes questions : je ne sais plus si tu as encore la ligne Axon. Le cours a beaucoup chuté depuis que nous en avons parlé en novembre.
 
mvhrb888 a dit:
Merci @poam5356
Alors, je continue mes questions : je ne sais plus si tu as encore la ligne Axon. Le cours a beaucoup chuté depuis que nous en avons parlé en novembre.
Oui, on peut même parler de dégringolade (divisé par 2 en 6 mois). Il me reste une ligne mais écrêtée pour me permettre de déduire les MV des PV enregistrées dans l'année 2025.
 
polo88 a dit:
ça va lancer la transition énergétique avec l'électrique?
La France se "veut" autonome avec son nucléaire....
Beaucoup de biens viennent d'ailleurs
Le gazole flambe mais pas forcément l'essence, on reste sous les 2€
On oublie souvent d’où vient l’uranium
C’est de la pseudo autonomie nucléaire selon moi.
 
flob a dit:
On oublie souvent d’où vient l’uranium
C’est de la pseudo autonomie nucléaire selon moi.
Canada, Namibie, Kazakhstan ou Australie, pays qui ne sont pas en conflit avec l'Europe en général. Orano a certes perdu ses mines au Niger mais elles étaient en déclin.
 
MAJ Mai 2026 (1/3) - Les investisseurs sont de vrais sacs à puces, ou l'IA plus forte que le pétrole.


Fomo_vs_petrole.jpg

Avril a été le meilleur mois pour les indices américains depuis 2020.... Pas pour les marchés européens pris au piège du pétrole et du conflit iranien.
Avant la fin février, début du conflit iranien, les investisseurs avaient commencé à arbitrer les actions américaines, devenues chères, vers les actions européennes moins valorisées et ayant des perspectives positives avec le méga plan de relance allemand et une possible baisse des taux.
En un mois (mars) de guerre, le S&P500 a perdu 8,6%. En un autre mois (avril et quelques jours de mai), le S&P500 a gagné 15%.
En Europe, le CAC40 perdra plus de 12% en mars, et ne reprendra que 9% depuis.
L'Euro Stoxx 50 perdra 10% en mars et reprendra également 9% ensuite.
La rotation a fait long feu, choc pétrolier oblige, et tout aussi puissant, le cycle industriel tiré par l’IA.

Sur cette période d'un peu plus de 2 mois, le Japon et la Corée du Sud font partie des marchés les plus volatils du moment.
Volatilité alimentée par une très grande dépendance au pétrole. Mais 2 marchés largement imprégnés de valeurs tech et semi-conducteurs.
Le Nikkei a regagné tout ce qu'il avait perdu en mars.
La palme revient à l'indice Coréen (le Kospi), qui a perdu près de 20% en mars, pour gagner 43% depuis.

Après bientôt 10 semaines de guerre en Iran, les marchés actions ont tenu bon portés par les semi-conducteurs et les promesses de l'IA.
L'Europe qui ne dispose pas d'une économie de l'IA a été pénalisée.

Si l’apaisement observé récemment au Moyen Orient se confirme, les marchés européens pourraient rapidement se recentrer sur leurs fondamentaux.
Malgré le conflit iranien, les fondamentaux qui sous-tendent le scénario européen ne sont pas remis en cause :
Une activité qui se redresse progressivement, une inflation revenue à des niveaux plus compatibles avec un assouplissement monétaire, et des marchés actions dont les valorisations restent mesurées.

En Europe, la correction a été particulièrement marquée sur les segments les plus exposés au cycle économique et au coût de l’énergie, tels que l’automobile, les biens de consommation, le trafic aérien et les voyagistes ou encore l’immobilier. À l’inverse, les secteurs liés à l’énergie, ainsi que dans une moindre mesure les télécommunications et les services aux collectivités, ont mieux résisté.

Cette correction a toutefois eu pour effet de réduire la valorisation du marché européen. En effet, le P/E des actions européennes est revenu à 13,9x les bénéfices attendus, contre 20,5x pour le marché américain. L’écart de valorisation entre les deux zones demeure donc très important. Alors que les actions américaines continuent de porter une prime élevée, notamment en raison de la concentration autour des grandes valeurs technologiques et du thème de l’intelligence artificielle.

Un cessez-le-feu en Iran change sensiblement la donne.
Toute annonce de désescalade du conflit en Iran entraine baisse du prix du pétrole et rebond immédiat des indices européens, illustre la rapidité avec laquelle les marchés réduisent la prime de risque énergétique dès lors qu’un scénario d’escalade extrême s’éloigne.
Si cette détente venait à se confirmer, le principal facteur ayant justifié la correction du trimestre disparaitrait.
Dans ce scénario, l’Europe retrouverait plus clairement les facteurs qui soutiennent sa trajectoire: une inflation mieux maîtrisée qu’outre-Atlantique, une politique monétaire potentiellement plus favorable au crédit, une activité manufacturière en voie de redressement et un soutien budgétaire structurel lié aux nouveaux plans d’investissement.
Si l’apaisement observé récemment au Moyen Orient se confirme, les marchés européens pourraient rapidement se recentrer sur leurs fondamentaux: un point de départ de valorisation plus attractif, une dynamique bénéficiaire préservée et une amélioration progressive de l’environnement macroéconomique.

Oui mais voilà…. Les tensions et les détentes se succèdent au Moyen-Orient. La courbe pétrolière épouse le bruit.
Les Etats-Unis et l'Iran pourraient se rapprocher d'un accord pour mettre un terme à leur guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz.
Le CAC 40 gagne 3% ce 6 mai 2026, porté par un regain massif d’optimisme autour du dossier iranien. La Maison-Blanche estime se rapprocher d’un accord avec Téhéran destiné à mettre fin au conflit et à poser les bases de futures négociations sur le nucléaire.
Pour la première fois depuis plusieurs semaines, une véritable perspective diplomatique semble émerger. Résultat, les actifs risqués repartent fortement à la hausse et le pétrole se détend fortement.
les secteurs les plus sensibles à la conjoncture économique reprennent la main : banques, minières, automobile, aérien ou encore hôtellerie signent parmi les meilleures performances du jour.

Le rebond est puissant mais fragile puisque, dès le 8 mai, la recrudescence des tensions dans le détroit d'Ormuz fait craindre une reprise du conflit et plonge les investisseurs dans l'incertitude quant aux perspectives d'un accord de paix durable au Moyen-Orient.
Contrairement aux marchés américains, les bourses européennes restent extrêmement sensibles à l'actualité géopolitique, la région étant très dépendante des importations énergétiques, ce qui suscite ⁠des inquiétudes quant à l'évolution des prix et de la croissance économique.

Trump veut-il faire la paix à tout prix ? On pourrait l'espérer alors qu'une débâcle électorale pour les républicains prend doucement forme aux Etats-Unis.
Mais comme ses ouvertures sont souvent suivies de volte-face, on évitera de trop se réjouir.


Aux Etats-Unis, les marchés sont portés par des bonnes nouvelles sur le front de l'emploi. L'économie américaine a créé plus d'emplois que prévu en avril et le taux de chômage est resté stable à 4,3%.
Les marchés américains sont également portés par une saison des résultats exceptionnelle.
Les bénéfices par action des entreprises du S&P 500 devraient progresser de 27,1% au premier trimestre, soit la meilleure saison depuis le T4 2021.
Des résultats boostés par l’IA. A titre d’exemple, les bénéfices des trois acteurs des puces mémoires explosent. L’IA a fait exploser la demande et cause des pénuries, conférant un pricing power inédit à ces entreprises. La marge d’EBITDA de Micron devrait ainsi être de 82% en 2026, selon les données S&P.

Les hyperscalers, Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, eux aussi profitent à plein du boom de l’IA. Ainsi, les 7 Magnifiques affichent une croissance de 61% sur le premier trimestre, presque 4 fois supérieure à celle des 493 autres valeurs du S&P 500.
Mais ce n’est pas seulement la tech qui dope les résultats. Au total, 84% des entreprises publient au-dessus des attentes et les résultats sont en moyenne 20.7% au-dessus du consensus. Il faut remonter là encore à 2021 pour retrouver trace de tels chiffres.
Une dynamique bénéficiaire impressionnante qui a permis à Wall Street de reprendre la main face à l’Europe. Selon Bloomberg, les bénéfices par action du MSCI Europe n’ont progressé que de 5.7% au 1er trimestre. Et ce après trois années sans croissance des bénéfices.

Enfin, dernière bonne nouvelle : Les Américains résistent mieux que prévu.
Si les prix à la pompe sont élevés aux Etats-Unis, rapportés aux salaires, le coût de l’essence reste proche de sa moyenne historique, et bien en dessous des pics atteints dans les années 1980 ou au moment des fortes tensions des années 2000.
Tant que l’essence ne pèse pas trop lourd dans le budget des ménages, la consommation américaine peut continuer à tenir malgré les tensions sur l’énergie.
A noter que le taux d'épargne des ménages aux États-Unis diminue, à 3,60 % en mars, contre 3,90 % en février 2026. Ceci explique sans doute en partie la bonne tenue de la consommation US.

La tech américaine se fracture entre logiciels sous pression et semi-conducteurs en grâce.
IBM et ServiceNow ont publié des résultats du premier trimestre globalement supérieurs aux attentes mais ont été sanctionnés par le marché (-10% pour IBM et -15% pour ServiceNow).
Microsoft, Adobe, CrowdStrike ou Intuit suivent, dans une moindre mesure, la baisse du secteur des logiciels.
L'IA continue de faire peser un risque sur ces valeurs.
Dernière en date, Wolters Kluwer a perdu jusqu'à 12% en séance, ce mercredi 6 mai, face aux craintes liées à l'IA.
Cette réaction extrêmement négative aux résultats s'explique par le pessimisme grandissant sur les éditeurs de logiciels depuis la sortie des outils de codage et d'automatisation agentique l'hiver dernier. Anthropic présente Claude Code comme un système de codage agentique capable de lire du code, de modifier des fichiers, de lancer des tests et de livrer du code. OpenAI pousse aussi Codex comme un outil capable de gérer plusieurs agents en parallèle sur des tâches longues.

TCI réduit fortement sa participation dans Microsoft
La pression sur le titre Microsoft a aussi suivi l'information selon laquelle le hedge fund TCI avait fortement réduit sa position dans le géant du logiciel, invoquant des inquiétudes selon lesquelles l'intelligence artificielle pourrait menacer une partie des activités centrales de l'entreprise.
"Nous avons réduit notre investissement dans Microsoft parce que les progrès rapides de l'IA introduisent une incertitude quant à la position concurrentielle de Microsoft à l'avenir", a écrit TCI dans la lettre aux investisseurs.

Il a ajouté que TCI était particulièrement préoccupé par l'activité logicielle de productivité Office de Microsoft, où l'IA pourrait remodeler les flux de travail traditionnels et créer de nouvelles plateformes de productivité concurrentes.


Jean-qui-pleure et Jean-qui-rit.
Dans le même temps, le développement de l'IA profite directement à l'industrie des semi-conducteurs dont la demande est toujours plus importante.
ASML a relevé sa prévision de chiffre d'affaires 2026 à 36-40 Mds€ et a expliqué que la demande de puces restait supérieure à l'offre, portée par les investissements dans l'infrastructure IA.
Texas Instruments a publié des chiffres excellents et propulsé le secteur à la hausse, ON Semiconductor, Microchip, NXP, Analog Devices ou STMicroelectronics qui a gagné 10% en séance.
Depuis trois ans et demi et la sortie du premier ChatGPT public, l'IA a porté sur le devant de la scène plusieurs secteurs du domaine technologique.
- A commencer par les grosses plateformes, les hyperscalers dont la position dominante permet d'exploiter massivement les outils et services liés à l'IA, notamment Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta.
Mais les résultats peinent à venir alors que les dépenses dans l'IA sont considérables et les investisseurs ne veulent plus acheter les yeux fermés ces actions.
Meta perd 22% sur ses plus hauts et -25% pour Microsoft. Amazon et Alphabet s'en sortent mieux et sont sur leur plus haut historique.
- Sont ensuite venus les fournisseurs de pelles et de pioches, à savoir Nvidia, Broadcom puis ASML, TSMC, Applied Materials.
- Puis les exploitants de data centers (CoreWeave), les équipementiers électriques (Schneider, Vertiv, Eaton…), les énergéticiens (NextEra, Constellation Energy).
- Et est venu le temps des goulets d'étranglement, que ce soit au niveau des connexions (Lumentum…) ou des puces-mémoire (SK Hynix, Micron…).
On en est là. Les fabricants de mémoires flambent en bourse : Micron gagne 76% en 1 mois, Sandisk près de 100%.

En Europe, les valeurs liées à l'IA se comptent sur les doigts de la main (ASML, Infineon, STMicroelectronics, ou Siemens Energy et Schneider dans l'infrastructure).
En France, quelques nains tentent d'avoir une activité IA, historique ou par recentrage d'activité, et atteignent des niveaux de valorisation n'ayant rien à voir avec leurs fondamentaux actuels mais qui offrent des espoirs de lendemains qui chantent.
Elles ont pour nom, avec des performances sur les 6 derniers mois : 2CRSi (+221%), Kalray (+900%), Semco (+110%), Riber (+335%) et Soitec (+300%).
Pour spectaculaires, ces performances sont à relativiser. Par exemple, Kalray était au bord du dépôt de bilan, et gagne 900% sur 6 mois à 8,40€ ce 6 mai… Mais cotait 46€ début 2021.
Tant que l'orchestre joue, la musique est belle et tout ira bien.


Notez que :

Ce Reporting est réalisé 100% free of IA
 
MAJ Mai 2026 (2/3) - Les investisseurs sont de vrais sacs à puces, ou l'IA plus forte que le pétrole.


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Les routes alternatives au détroit d'Ormuz

Sur cette période d'un peu plus de 2 mois, le Japon et la Corée du Sud font partie des marchés les plus volatils du moment.
Volatilité alimentée par une très grande dépendance au pétrole. Mais 2 marchés largement imprégnés de valeurs tech et semi-conducteurs.
Le Nikkei a regagné tout ce qu'il avait perdu en mars.
La palme revient à l'indice Coréen (le Kospi), qui a perdu près de 20% en mars, pour gagner 43% depuis.

Si le "choc d’Ormuz" a mis à nu les vulnérabilités économiques, il a également mis en lumière les différences marquées dans la manière dont les pays absorbent les turbulences.
Il y a les pays dont les systèmes énergétiques les laissent exposés et ceux qui ont commencé à renforcer leur résilience énergétique bien avant l’arrivée de la crise.
La révolution des énergies renouvelables en Espagne offre l’illustration la plus frappante de ce qui est possible. La croissance rapide de l’éolien et du solaire a permis de limiter le prix de gros de l’électricité à la moitié de celui payé par l'Allemagne ou l'Italie.
La vaste infrastructure de biocarburants du Brésil a fourni un amortisseur efficace pour les usagers brésiliens à la hausse des prix du pétrole.
Les prix de l’essence au Brésil n’ont augmenté que de 5% en mars, contre environ 30% aux États-Unis. Ce qui suscite l'intérêt du président mexicain pour les technologies brésiliennes en matière d’éthanol, notamment la production à base d’agave.

La Chine s’est elle aussi montrée plus résistante que beaucoup ne l’auraient imaginé. Après une décennie d’investissements, les énergies renouvelables représentent près de 40% de sa production d’électricité, contre 26% il y a dix ans, et le pays a constitué des réserves stratégiques de pétrole de plus de 1,2 milliard de barils. En conséquence, Goldman Sachs n’a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB chinois que de moitié par rapport à celles des États-Unis, identifiant la prédominance des énergies renouvelables comme l’un des "boucliers" protégeant son économie.

Décarboner les parcs industriels, mettre en place des plateformes d’investissement vertes ciblant les énergies renouvelables, le stockage et la mobilité électrique vont permettre de passer de la dépendance à l'autonomie. Les pays qui agissent maintenant s'en féliciteront lorsque la prochaine crise surviendra.

Les infrastructures énergétiques, et l'énergie de manière générale seront au cœur des tendances financières des prochaines décennies.
C'est un signal fort pour l'électrification de l'économie mondiale.
Les réseaux électriques existants ont été construits au cours des dernières décennies, lorsque la demande d'électricité était beaucoup plus faible.
Après 25 ans de croissance modérée, la demande en électricité accélère à un rythme de croissance attendu quatre fois supérieur. Cette accélération est portée par la multiplication des centres de données au service de l’IA, l’électrification massive de l’économie avec l’adoption croissante des véhicules électriques, la relocalisation des industries stratégiques en occident et, plus prosaïquement, la climatisation et le remplacement des chaudières gaz ou fioul par des systèmes électriques comme les pompes à chaleur.
Près de 40% des 11,3 millions de km de lignes électriques européennes ont en effet plus de 40 ans. Ce réseau doit donc être rénové et étendu afin d’absorber l’électrification massive à venir.
La Cour des Comptes européenne prévoit dans son rapport d’analyse une hausse de la consommation de 60% aux heures de pointe d’ici 2050. Elle prévient que des "investissements considérables" doivent être réalisés dans les 27 pays de l’Union européenne, évalués à 1 871 Mds€ d’ici 2050.


Dans les années à venir, la construction de nouvelles centrales devra quadrupler et aujourd’hui 90 % des nouvelles centrales sont renouvelables y compris en Chine et en Inde.
Reste la question de la production intermittente. Une centrale classique produit 100 % du temps, une centrale solaire 25 % en moyenne. La majorité des nouvelles centrales solaires et éoliennes sont couplées à des batteries de stockage de l’énergie. Le trop plein du jour est stocké puis restitué la nuit. Le rendement est nettement meilleur et malgré l’adjonction des batteries, le coût de production reste inférieur à celui des centrales traditionnelles.
Le renouvelable a un autre avantage : Une centrale solaire est active en 12 mois, contre 5 ans pour le gaz et 10 ans pour le nucléaire.

Sortir des énergies fossiles n’est plus seulement un impératif climatique : c’est désormais également un instrument central de souveraineté et de sécurité pour l’Union européenne (plan RepowerEU). Cette réalité s’était imposée avec force lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en 2022, qui avait provoqué une crise énergétique brutale. Elle s’est encore accentuée ces derniers mois avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz.

A noter que les chocs pétroliers ont souvent des conséquences qui vont au-delà de la simple hausse des prix à la pompe. Ils modifient les comportements si ces chocs durent assez longtemps pour que les ménages, les constructeurs automobiles et les régulateurs voient le pétrole comme un produit à risque, et cherchent des substituts.
Un choc prolongé aujourd’hui favoriserait probablement les véhicules électriques, les pompes à chaleur et d’autres formes d’électrification.
Le coût du carburant est un accélérateur de transition énergétique.
En mars, 1er mois du conflit iranien, les nouvelles immatriculations de véhicules 100 % électriques ont augmenté de 48,9 % dans l’ensemble de l’UE par rapport à la même période de l’an dernier, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).
Sur le marché pétrolier, les pics de prix retiennent l'attention. Mais l'effet le plus durable est une demande qui s'efface, et qui ne revient pas complètement ensuite.

Goldman Sachs estime que la nouvelle poussée de tension sur l'énergie, liée à la guerre en Iran et aux perturbations des flux de pétrole et de gaz transitant par le détroit d'Ormuz, pourrait accélérer le basculement de l'Europe vers l'électricité.

Selon la banque américaine, la demande européenne d'électricité devrait progresser de 1,5% à 2% par an en 2026 et 2027, avant d'accélérer vers 2% à 4% par an en fin de décennie. Dans un scénario d' "hyper-électrification", alimenté notamment par les besoins des centres de données liés à l'intelligence artificielle, la croissance pourrait atteindre 5% par an à partir de 2030.

Pour Goldman Sachs, le renforcement de la sécurité énergétique, la décarbonation et la montée des besoins industriels devraient soutenir un "super-cycle" bénéficiaire pour les utilities, à condition que les investissements dans les réseaux, les interconnexions et les capacités de production suivent la demande.
ENTSO-E (l'association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d'électricité) estime par ailleurs que l'Europe devra construire plus de 100 000 kilomètres de nouvelles lignes terrestres et offshore et évoque plus de 800 Mds€ d'investissements nécessaires d'ici 2050 pour les réseaux transfrontaliers, hybrides et offshore.

Alors que la demande d’électricité continue de croître et que l’Europe maintient son engagement envers l’expansion des énergies renouvelables, ces entreprises représentent des opportunités d’investissement fondamentales dans ce qu’UBS décrit comme un "méga-thème pour cette décennie et peut-être la suivante".

Câbles, réseaux, utilities : les potentiels gagnants de l'électrification.
Faites votre choix :
Les entreprises industrielles les premières concernées sont celles qui interviennent sur les équipements physiques nécessaires à l'électrification, c'est à dire les câbliers européens.
Le français Nexans, l'italien Prysmian (câbles haute performance essentiels pour les infrastructures de transmission et de distribution d’électricité), ou le danois NKT (plus orienté haute tension, interconnexions et projets offshore)

Schneider Electric est souvent mentionné par les gestionnaires de fonds. L'électrification des bâtiments commerciaux et résidentiels représente 40% de l'activité de Schneider, offrant de fortes marges (18% d'EBIT) grâce à la différenciation historique du groupe par la qualité et la durabilité reconnues de ses produits. Les perspectives de croissance de Schneider sont estimées à 6-8%/an à moyen terme.

ABB, Legrand et Siemens Energy profitent aussi de l'électrification, notamment via les centres de données et les équipements électriques.

Le vaste portefeuille de services de SPIE soutenant l’infrastructure du réseau et l’intégration des énergies renouvelables le positionne parfaitement pour capitaliser sur la poussée d’électrification de l’Europe.

L'italien Enel et l'espagnol Iberdrola pour les énergéticiens traditionnels, ainsi que National Grid, l'opérateur britannique de réseaux, ont signé des records en Bourse en novembre. D'autres, dont Engie ou les allemands E.ON et RWE, bien qu'encore loin des plus hauts de 2008, ont retrouvé leurs cours de 2011-2012.

Précisons enfin que le secteur des services aux collectivités présente les caractéristiques rassurantes d’un investissement générant un revenu fiable.
D’autre part, il peut apporter de la stabilité en cas de ralentissement économique et de volatilité des marchés actions, puisqu’il résiste globalement mieux que les autres secteurs
Ce secteur est généralement perçu comme défensif, offrant des revenus relativement stables et des dividendes attrayants, ce qui en fait un choix populaire pour les investisseurs en quête de sécurité et de rendement.

Les solutions de stockage d’électricité sont également indispensables
- L’Allemand E.ON, l’un des principaux opérateurs de réseaux en Europe. L’énergéticien a annoncé un plan d’investissement de 42 milliards d’euros destiné à moderniser les infrastructures énergétiques européennes d’ici 2028.
- Elia, opérateur de réseaux en Belgique, qui travaille sur des interconnexions transfrontalières pour faciliter l’échange d’électricité entre les pays.
- Autre exemple avec National Grid, au Royaume-Uni, qui développe des infrastructures et des solutions pour intégrer davantage d’énergies renouvelables et améliorer la résilience du réseau avec l’Europe continentale.

Morgan Stanley a identifié trois actions de services publics remarquables positionnées pour surperformer le marché :
Morgan Stanley met en avant National Grid comme une valeur défensive de base ancrée dans le transport et la distribution d’électricité réglementés.
ENGIE se distingue par son profil hybride : une colonne vertébrale de réseaux réglementés complétée par une production flexible et des énergies renouvelables.
RWE est positionnée comme la valeur privilégiée de reprise dans les énergies renouvelables et la production marchande au sein du secteur. Le service public allemand combine l’un des plus grands portefeuilles de développement d’énergies renouvelables en Europe avec une exposition à la production infra-marginale qui bénéficie de prix élevés de l’électricité.

L'énergie nucléaire revient sur le devant de la scène: les pays occidentaux se sont engagés à tripler la production d'électricité d'origine nucléaire d'ici 2050.
Alors que les années 2010 ont été marquées par la volonté politique de faire monter en puissance les énergies intermittentes telles que l'éolien et le solaire, les événements récents ont démontré que si ces technologies sont utiles, l'économie a besoin d'énergies pilotables produites en masse. Dans ce contexte, l'énergie nucléaire revient sur le devant de la scène: les pays occidentaux se sont engagés à tripler la production d'électricité d'origine nucléaire d'ici 2050. Parmi les acteurs de l'énergie nucléaire, Constellation Energy fait partie des valeurs de qualité. Constellation est le plus grand producteur américain d'électricité nucléaire, avec 13 centrales nucléaires qui produisent 20 % de l'électricité nucléaire totale des États-Unis.

Notez que :
Ce Reporting est réalisé 100% free of IA
 
MAJ Mai 2026 (3/3) - Les investisseurs sont de vrais sacs à puces, ou l'IA plus forte que le pétrole.

Bon, et mes portefeuilles alors ?

Les espoirs d'accalmie sur le front iranien, et de libre circulation dans le détroit d'Ormuz, ont favorisé les marchés actions et la prise de risque.
Même si la volatilité reste élevée et liée aux déclarations, souvent contradictoires, de Donald Trump, le fait est que les marchés progressent.
Les valeurs défensives cèdent la place aux valeurs de croissance dans les bilans mensuels.
C'est le cas pour mes portefeuilles, avec des titres défensifs qui marquent le pas sur le mois écoulé :
- Orange -0,67%
- Air Liquide -7,12%
- Engie -7,35%
C'est aussi le cas pour les valeurs du Luxe, très réactives aux événements du Moyen-Orient :
- Hermès -5,49%
- Ferrari -4,03%

A l'inverse, de belles hausses sont enregistrées, sur Lotus Bakeries qui progresse de 5,72%, et sur les valeurs de la technologie, semi-conducteurs en tête :
- Samsung +39,53%
- Micron +77,56%
- Alphabet +26,31%

Les secteurs liés aux infrastructures font également bonne figure en avril :
- Explosifs Produits Chimiques +12,45%
- Hochtief +21,41%
- Caterpillar +13,51%

Suite à ce que j'ai écrit dans les 2 premiers post, je maintiens mes investissements sur les valeurs exposées à l'IA au sens large.
Je suis sorti de Microsoft, valeur IA par excellence, mais valeur exposée à la disruption dans les logiciels et valeur qui investit très, peut-être trop, dans l'IA. Ce qui inquiète les investisseurs, son cours peine à remonter la pente après avoir baissé de 36% sur ses plus hauts.
Je suis investi sur :
Samsung, Micron, Alphabet, Sandisk, TSMC, ARM, AMD, Lumentum, Coherent, Applied Digital et ASML
, la seule grande cap Tech européenne du portefeuille.
Dans les petites valeurs, je suis (modestement) investi sur Kalray, 2CRSI, Semco et Riber.

Je n'ai pas l'intention de renforcer plus ce secteur
dont certains titres affichent des hausses stratosphériques.
Je me laisse porter par la tendance.
N'oublions pas que tant que l'orchestre joue, la musique est belle. Sinon....

Autre secteur sur lequel je porte beaucoup d'intérêt : les infrastructures.

Je suis investi sur ICOP, Maire Tecnimont et dans une moindre mesure Buzzi Unicem (valeurs italiennes), Hochtief et Heidelberg Materials (Allemagne).
Également investi, infrastructures IA, sur Eaton et Quanta Services (Etats-Unis).
Enfin, plutôt orientés mines, je suis investi sur Caterpillar, Sandvik et Explosifs Produits Chimiques.

Ce secteur des infrastructures regorgent de belles valeurs
qui, pour les européennes, devraient largement profiter d'une fin de conflit en Iran.
Je surveille le secteur, prêt à prendre de nouvelles positions, ou renforcer l'une ou l'autre parmi celles détenues.

Une mention pour Engie, utilities qui devrait profiter de l'électrification en Europe.
Achetée au départ pour la valeur défensive qu'elle est, je compte, au vu du changement de paradigme énergétique européen à venir, en faire une valeur de fond de portefeuille, comme Orange ou Air Liquide, et la passer au nominatif administré afin de profiter du gros dividende qui sera amélioré de 10% après 2 ans de détention.


Progression du portefeuille depuis le mois dernier.

Le portefeuille au 10/05/2026 : valorisation 320 784€, soit +9,08% YTD (contre +6,18% le mois dernier)


2026_05_portefeuille_POAM.gif


Notez que :
Ce Reporting est réalisé 100% free of IA
 
Bonsoir poam
Encore une fois je suis bluffé par votre reporting.vous êtes un vrai visionnaire.
Que dire de plus,pour moi, vous êtes un guide (je précise, je m interresse a la bourse que depuis quelques années)ou effectivement parfois on suit son propre instinct ,mais je n ai pas la connaissance et l analyse comme vous.donc encore merci pour ce que vous partager sur ce forum.
 
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