Poam : Le point sur mes portefeuilles boursiers.

Bonsoir @poam5356

Question ouverte mais comment financer ces investissements ?

Car cela représente des dizaines de milliards d'€ pour électrifier l'économie et le rendre plus verte ou du moins moins dépendante des hydrocarbures. Et mise à part de la dette je vois mal les sociétés faire beaucoup d'AK (on a vu comment le marché a réagi sur la dernière AK de National Grid).

De même le prix de l’électricité devant rester faible (question politique et économique pour une adoption plus rapide) le retour sur investissement va être long très long ce qui implique un cout en capital non négligeable sur les opérateurs.
Car si l'Espagne a pu massivement décarboner son électricité c'est qu'elle a un climat propice ... et a été nourrie à la subvention européenne (Banque européenne d’investissement) bien plus que d'autres pays.

Donc mise à part une "planche à billet" signée BCE le plan risque d'être petit joueur vis à vis des chinois.
 
@poam5356 bonsoir

dans les infrastructures pourquoi ne te positionne tu pas par exemple sur Vinci ?

Autre question : ont parlent souvent d'Energie comme secteur d'avenir mais ont fait l'impasse sur un autre secteur toute aussi important voir capital pour le futur c-a-d l'eau et sa gestion associé , avec des valeurs comme Veolia par exemple qui pourrait tiré leurs épingles du jeux très prochainement
 
Jeune_padawan a dit:
Bonsoir @poam5356

Question ouverte mais comment financer ces investissements ?

Car cela représente des dizaines de milliards d'€ pour électrifier l'économie et le rendre plus verte ou du moins moins dépendante des hydrocarbures. Et mise à part de la dette je vois mal les sociétés faire beaucoup d'AK (on a vu comment le marché a réagi sur la dernière AK de National Grid).
L'Europe subventionnera.
Elle le fait déjà. Des entreprises comme Air Liquide ou ArcelorMittal ont touché des aides pour decarboner leurs activités. L'Allemagne va consacrer 500Mds€ sur 12 ans pour moderniser ses infrastructures.
On a peut-être pas beaucoup de croissance, mais l'Europe est riche.
Et puis, probablement que ne rien faire et continuer de dépendre d'une géopolitique qui se durcit nous coûtera bien plus cher que de nous assurer notre indépendance énergétique.

Jeune_padawan a dit:
Donc mise à part une "planche à billet" signée BCE le plan risque d'être petit joueur vis à vis des chinois.
Je ne nous vois pas en compétition avec les Chinois. Tant mieux s'ils décarbonent, c'est la planète qui sera gagnante.
 
yenrad a dit:
Bonsoir poam
Encore une fois je suis bluffé par votre reporting.vous êtes un vrai visionnaire.
Que dire de plus,pour moi, vous êtes un guide (je précise, je m interresse a la bourse que depuis quelques années)ou effectivement parfois on suit son propre instinct ,mais je n ai pas la connaissance et l analyse comme vous.donc encore merci pour ce que vous partager sur ce forum.
Bonsoir @yenrad,
Merci pour ces commentaires qu'il m'est agréable de lire.
"Visionnaire" est un peu fort. Je prends des notes au cours du mois, beaucoup sur la macro, un peu moins sur la micro, et j'essaye ensuite d'en faire une synthèse en identifiant un thème dominant, comme l'électrification de l'Europe ce mois-ci.
C'est parfois long à faire, surtout en ce moment avec tout ce qui se passe en géopolitique.
 
poam5356 a dit:
Je ne nous vois pas en compétition avec les Chinois. Tant mieux s'ils décarbonent, c'est la planète qui sera gagnante.
Pas de compétition économique quoi que ils seraient capable de racheter nos fabricants de câble. Compétition dans la décarbonation plutôt. Par exemple à Shanghai mise à part les scooters tous les véhicules sont électriques véhicule de livraison inclus.
poam5356 a dit:
Des entreprises comme Air Liquide ou ArcelorMittal ont touché des aides pour decarboner leurs activités.
Oui mais c'est peu.
poam5356 a dit:
L'Allemagne va consacrer 500Mds€ sur 12 ans pour moderniser ses infrastructures.
Justement je m'en méfie comme de l'an 40 si j'ose dire : ils nous ont tiré dans le dos sur le nucléaire alors qu'on avait un moyen de décarboner rapidement en modernisant nos réacteurs.

Alors que s'ils étaient plus ... pragmatique on pourrait "réformer" la BCE et là c'est prêt gratos assuré:cool:.
 
Bonjour @poam5356 ,
merci pour le partage de votre réflexion.
L'IA semble poursuivre sa route du profit (coté logiciel et semi-conducteurs) , mais le retour sur investissement reste pour moi une question et un risque, surtout en circuit fermé, dont on a du mal a determiner le quand.

On voit beaucoup de services gratuits a base d'IA . Comment l'argent va t il rentrer ?

Ne sachant pas le quand, on aurait pu penser à se positionner avec prudence. Les marchés ont ils changé d'aviis ? ou considère t-on qu'on encore du temps ?
 
Bonsoir Mr Poam,
Merci beaucoup pour ce bilan qui est, comme d'habitude, très riche en informations.
Vivement juin pour avoir votre prochain bilan ;)
 
darkmilou a dit:
@poam5356 bonsoir
Bonsoir @darkmilou,

darkmilou a dit:
dans les infrastructures pourquoi ne te positionne tu pas par exemple sur Vinci ?
Tu as raison, Vinci est une excellente entreprise, mais je la vois avant tout comme une entreprise de concessions, plutôt qu'une entreprise d'infrastructures.
Ce sont les concessions, autoroutes et aéroports, qui tirent l'activité du groupe.

darkmilou a dit:
Autre question : ont parlent souvent d'Energie comme secteur d'avenir mais ont fait l'impasse sur un autre secteur toute aussi important voir capital pour le futur c-a-d l'eau et sa gestion associé , avec des valeurs comme Veolia par exemple qui pourrait tiré leurs épingles du jeux très prochainement
Oui, encore une utilities, Veolia. On est plus axés énergie en ce moment à cause du pétrole. Donc l'actualité du moment prime. Mais l'eau est un autre sujet d'inquiétude pour l'avenir, et un secteur stratégique dans de nombreux pays.
Peut-être aurais-aurais-je l'occasion de m'y pencher prochainement.
 
lebadeil a dit:
Bonjour @poam5356 ,
Bonsoir @lebadeil,

lebadeil a dit:
L'IA semble poursuivre sa route du profit (coté logiciel et semi-conducteurs) , mais le retour sur investissement reste pour moi une question et un risque, surtout en circuit fermé, dont on a du mal a determiner le quand.
Beaucoup se méfient, surtout depuis que ces grandes boites de la tech doivent solliciter les prêteurs pour continuer à se développer. Microsoft qui y va à marche forcée est en baisse notable en bourse et le restera aussi longtemps que la certitude du retour sur investissement ne sera pas établie.

lebadeil a dit:
On voit beaucoup de services gratuits a base d'IA . Comment l'argent va t il rentrer ?
ça, c'est l'IA basique pour distraire tout un chacun.
McKinsey a réalisé une enquête mondiale sur l'IA et nous dit que celles que l'on peut considérer comme dans leaders dans l'utilisation de l'IA consacrent au moins 20% de leurs bénéfices à l'IA et au développement dans leur entreprise. Ce qui peut représenter beaucoup d'argent.


lebadeil a dit:
Ne sachant pas le quand, on aurait pu penser à se positionner avec prudence. Les marchés ont ils changé d'aviis ? ou considère t-on qu'on encore du temps ?
Non, les marchés n'ont pas changé d'avis. Il y a beaucoup d'argent en quête de placements et l'écosystème IA draine une bonne partie de cet argent vers lui. On a eu NVidia, mais qui plafonne maintenant et a laissé les projecteurs se tourner vers les valeurs qui produisent les mémoires parce que l'IA absorbe l'essentiel de la production, et en demande même plus qu'il ne s'en produit.
Des valeurs liées à l'infra, comme l'allemand Hochtief qui a une activité importante dans les centres de données a doublé de valeur en 6 mois.
A l'inverse, Microsoft ou Meta sont à la traine en bourse alors qu'ils se présentent comme des leaders de l'IA. La cause étant les sommes considérables qu'ils y investissent.
L'émergence d'Alphabet et d'Anthropic sur la scène de l'IA est une bonne chose en évitant une trop forte concentration des investisseurs sur un petit nombre d'entreprises.
Mais il y aura probablement des perdants, comme la bulle internet a fait beaucoup de perdants, puis a fait apparaitre ensuite des leaders de l'internet.
C'est un peu se qui se passe quand un secteur est libéralisé. De nombreuses entreprises s'y engouffrent. Mais seulement quelques unes, les plus solides, en sortent vivantes.
On aura, à mon avis, la même chose avec l'IA.
Mais pour l'instant, l'orchestre joue, et tant qu'il joue, la musique est belle.
 
poam5356 a dit:
Mais pour l'instant, l'orchestre joue, et tant qu'il joue, la musique est belle.
Oui et quand la musique s’arrête tout le mode veut sortir en même temps... par l'unique porte de la salle de concert !
 
Merci Poam pour ces revues trés instructives et qui permettent de donner une vision élargie et plus structurée/cohérente d'un tas d'infos parcellaires.

J'ai regardé les niveaux de valorisation concernant les entreprises citées et certaines d'entres elles ont des PER > 40 et avec la palme pour Lumentum (> 100) ==> signe d'un engouement actuel dejà trop fort ?

Encore merci pour toutes ces infos
 
Merci @poam5356 pour ce point mensuel toujours aussi enrichissant !
 
Youp a dit:
Merci Poam pour ces revues trés instructives et qui permettent de donner une vision élargie et plus structurée/cohérente d'un tas d'infos parcellaires.

J'ai regardé les niveaux de valorisation concernant les entreprises citées et certaines d'entres elles ont des PER > 40 et avec la palme pour Lumentum (> 100) ==> signe d'un engouement actuel dejà trop fort ?

Encore merci pour toutes ces infos
Bonjour et merci @Youp pour ces commentaires.
Oui, Lumentum à 180x selon zonebourse, mais "seulement" 56x estimé en 2027 et 32x en 2028.
On a mieux, et c'est en France, Soitec à 987x en 2027, mais reviendrait déjà à 108x en 2028.
La bourse est anticipation puisque l'on accepte de payer un prix pour une action en se disant que la croissance de l'entreprise fera que le cours d'aujourd'hui sera inférieur à celui de l'année prochaine.
Pour l'IA, les investisseurs baissent la garde et s'en remettent à cette belle histoire que l'IA va tout révolutionner et aura un développement tel que les entreprises impliquées aujourd'hui dans ce développement vont enregistrer une croissance exponentielle ces prochaines années.
Si l'histoire se vérifie, alors un PER du jour à 100x n'est pas gênant puisque le boite va doubler son activité dans l'année qui vient.
Si elle ne se vérifie pas, il y aura des morts sur les autoroutes de la technologie, comme en 2000.
 
MAJ juin 2026 (1/2) - En sortira-t-on un jour ?

Le_deal_arrive_bientot.gif


En sortira-t-on : De quoi ?
Évidemment, de ce conflit avec l'Iran.
Les marchés vivent au rythme des décisions de Trump sur l'Iran et de ses changements d'avis régulier variant de "bonnes négociations" à "menaces de destruction du pays".
On doit en être à presque 40 changements d'avis de Trump en 2 mois.
D'ailleurs, les marchés, lassés, n'écoutaient même plus Trump.
Même le pétrole ne réagissait plus aux annonces bonnes ou mauvaises.

Pourtant, le dernier avis, pas très vieux puisque daté du 15 juin 2026, a fait souffler un vent d’optimisme sur les marchés.
À l’origine de ce rebond, l’annonce de Donald Trump affirmant qu’un accord avec l’Iran a été finalisé.

Pour les investisseurs, le signal est fort. Pour la première fois depuis plus de 3 mois, une sortie de crise crédible semble enfin se dessiner.
La réaction des marchés est immédiate. Le pétrole chute de près de 6% et revient vers les 80$ le baril, effaçant une grande partie de la prime de risque accumulée depuis le début de la guerre. Les secteurs les plus pénalisés par la flambée des prix de l’énergie reprennent des couleurs, à commencer par les compagnies aériennes et les valeurs cycliques. À l’inverse, les groupes pétroliers souffrent logiquement de cette détente, à l’image de Total qui recule nettement.
À Wall Street, l’enthousiasme est tout aussi visible, avec un Nasdaq en hausse de plus de 3% et un S&P 500 qui gagne 2%.

L'accord a été validé par les Iraniens et par Trump lors du repas organisé par la France à Versailles le mercredi 17 juin 2026.
Enfin une sortie de crise se profile pour de bon… C'est sûr ? Ben non, c'est raté.
Cet accord ne règle rien et favorise tellement les Iraniens que Trump est critiqué par tous, même de son propre parti des Républicains.
En effet, rien sur le nucléaire, déblocage des avoirs iraniens gelés (on parle de 100Mds$, peut-être plus), les religieux se voient confortés dans leur posture tyrannique et si Ormuz rouvre sans conditions, c'est pour seulement 2 mois. Libre ensuite à l'Iran de faire comme bon lui semble.
Une aventure militaire sans objectif clair et non préparée se solde pour les États-Unis par un camouflet international et par un accord qui, il faut le préciser, est temporaire.
Trump avait oublié de le dire, qu'il s'agissait d'un accord temporaire.
Le texte provisoire signé sous les ors de la République, et fortement médiatisé, ne constitue pas un véritable accord de paix, ce qui entretient les inquiétudes pour les pays du Golfe voisins de l’Iran et pour l'économie mondiale.
Nous venons d'en avoir la preuve avec une nouvelle fermeture d'Ormuz par l'Iran suite aux bombardements d'Israël sur le Liban faisant suite aux tirs du Hezbollah sur Israël.

Trump_elections.gif

On est dans une partie de poker menteur avec un professionnel d'un côté, l'Iran, et un novice de l'autre qui ne pense que business et élections.
Il apparait certain que l'Iran veut conserver intact son outil industriel nucléaire, tout autant que ses milices armées (proxys) dont le Hezbollah qui est la plus puissante milice pro iranienne.
Trump qui veut "passer à autre chose de moins compliqué" fait pression sur Israël pour cesser de bombarder le Liban.
Manifestement, l'Iran ne fait rien pour arrêter le Hezbollah qui semble, au contraire, déterminé à poursuivre les frappes sur Israël.

Dans ces conditions, on ne voit pas comment en sortir, et je commence à me demander si un conflit permanent, plus ou moins actif, ne serait pas en train de s'ancrer au Moyen-Orient.
Un accord définitif, ils ont 2 mois pour le négocier à Genève, ne signifierait pas un retour à la normale de l'économie mondiale du jour au lendemain.
La normalisation du trafic maritime à Ormuz, la remise en service des installations pétrolières du Golfe et la reconstitution des stocks stratégiques signifient que le choc de prix continuera de se diffuser dans les chaînes d’approvisionnements mondiales pendant des mois.

Restons-en là, il y a bien trop d'incertitudes pour envisager le S2 2026 qui se profile.

Pendant ce temps, l’Europe est la victime collatérale de la guerre technologique, de la guerre énergétique et de la guerre commerciale.
Guerre commerciale avec la Chine, mais aussi avec les États-Unis quand le dossier iranien s'estompe quelque-peu dans l'esprit de Trump.

Quant à la guerre technologique, nous venons d'en avoir un nouvel exemple avec Anthropic qui a été obligé par l'administration Trump de retirer de la circulation mondiale Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, deux des modèles les plus avancés du marché.
Officiellement, la raison est un possible problème de sécurité.
En pratique, d'autres raisons alimentent la rumeur : les inquiétudes sur la cyberoffensive, la volonté de réserver les meilleures capacités à un périmètre américain, les tensions autour des usages militaires, et le climat plus général d’un exécutif qui assume de traiter l’IA comme un attribut de puissance.

Et là, l'Europe redécouvre qu'elle reste massivement dépendante des infrastructures américaines, qu’il s’agisse du cloud, des puces ou du militaire.
Même Mistral, présenté comme le principal champion européen, évolue dans un écosystème où le calcul, les composants et une partie des partenariats restent largement arrimés aux États-Unis.

Il est possible que l’interdiction soit partiellement levée dans les prochaines semaines. Les discussions se poursuivent entre Anthropic et l’administration américaine.
Les entreprises européennes ont appris qu’un modèle américain de pointe peut être interrompu pour des utilisateurs étrangers sans procédure publique claire, sur la base d’une appréciation nationale de la menace, y compris lorsque ces utilisateurs sont des alliés, des partenaires économiques ou des acteurs de cybersécurité.

Au début du mois de juin, avant même le cas Anthropic, la Commission européenne proposait le Cloud and AI Development Act et un Chips Act 2.0 pour soutenir des alternatives européennes dans le cloud, l’IA et les semi-conducteurs.
Ursula von der Leyen expliquait alors que l’Europe ne pouvait pas se permettre de dépendre d’autrui pour les technologies qui font tourner ses hôpitaux, ses réseaux énergétiques et ses services critiques.
De bonnes intention mais l'Europe c'est d'abord 27 pays qui ont chacun leurs besoins et préférences. L'exemple du militaire illustre parfaitement cette désunion de l'Union Européenne qui continue de profiter largement aux Américains, avec les risques que cela comporte sur la souveraineté des États européens.
 
MAJ juin 2026 (2/2) - En sortira-t-on un jour ?

Venons-en aux entreprises et à mes portefeuilles d'actions.

Les investisseurs sont rapidement passés de l’idée que "l’IA va porter l’ensemble du Secteur technologique" à celle que "l’IA va créer des gagnants et des perdants clairement identifiés".
Les entreprises de logiciels proposant des processus tels que les outils bureautiques et d’entreprise, les services RH ou encore la livraison de repas ont été identifiées comme des domaines qui subiront une disruption majeure de la part de l’IA.
Microsoft est un bon exemple de cette désaffection du logiciel.
Même en investissant massivement dans l'IA, Microsft est en baisse de 21% YTD.
Accenture a dévissé de 17% jeudi et perd plus de 50% YTD. Ce qui ramène son PER à moins de 10x.
Plus connu des épargnants français, Dassault Systèmes perd 27% YTD et le néerlandais Wolters Kluwer affiche -33% YTD.
Il ne fait pas bon avoir des actions de sociétés du secteur des logiciels en portefeuille actuellement.

A l'inverse, le secteur des semi-conducteurs est le grand gagnant de l'IA.
Depuis la fin de l’année dernière, les investisseurs ont pris conscience que, même si des incertitudes subsistent quant à la rentabilité des dépenses d’investissement des hyperscalers en IA, il ne fait aucun doute que ces dépenses massives stimuleront la demande en semi-conducteurs et en composants IA associés.
En conséquence, les entreprises de puces mémoire aux États-Unis et en Corée du Sud ont mené cette hausse.
SK Hynix, Samsung, SanDisk, Micron et Western Digital ont tous enregistré une forte hausse.
"Tant que la demande en puissance de calcul pour l’IA continuera de dépasser l’offre, nous pensons que ces titres resteront solides", expliquait très récemment Goldman Sachs.
Les hausses YTD sont spectaculaires, jugez-en :
- SK Hynix +324%
- Samsung +195%
- SanDisk +820%
- Micron +297%
- Western Digital +333%

Les champions de l'IA réécrivent le classement des places boursières
Taiwan vient ainsi de devenir la cinquième plus grande place boursière du monde, derrière les Etats-Unis, Hong Kong, le Japon, et la Chine. La Corée du Sud suit de près, à la huitième place. Portée par SK Hynix et Samsung Electronics, elle a récemment dépassé le Royaume-Uni et l’Inde.
Ce basculement est d’autant plus frappant que ces marchés bousculent des économies occidentales dont le poids économique est bien supérieur. Le PIB de la Corée du Sud reste inférieur à celui de l’Espagne, tandis que celui de Taiwan se situe sous celui de la Pologne.

Cette ascension repose aussi sur une forte concentration. TSMC représente plus de 40% de la capitalisation du marché taïwanais. En Corée du Sud, SK Hynix et Samsung Electronics pèsent à eux deux un poids comparable.

En Corée du Sud, SK Hynix et Samsung bénéficient d’un goulet d’étranglement dans la mémoire. Jusqu’ici, leurs clients ont peu résisté aux hausses de prix, avec un effet spectaculaire sur les marges et le levier opérationnel. Le bénéfice net de SK Hynix a bondi de 398% au premier trimestre, celui de Samsung de 475%.
TSMC, SK Hynix et Samsung montent parce qu’elles possèdent des actifs matériels rares, difficiles à reproduire et impossibles à construire rapidement.
Les mémoires représentent désormais plus de 40% du marché mondial des semi-conducteurs
La mémoire Nand s’est particulièrement distinguée avec près de 48 Md$ de revenus au premier trimestre, soit une progression de 96% par rapport au trimestre précédent. Cette évolution a été portée par une hausse de 95% du prix de vente moyen, alimentée par la demande soutenue des infrastructures d’IA et des centres de données.

Le segment des semi-conducteurs, en particulier, est considéré comme extrêmement cyclique. Combien de temps l’actuelle conjoncture exceptionnelle peut-elle encore perdurer?
Le PDG de TSMC déclarait récemment que la demande était tellement forte que les usines fonctionneraient à pleine capacité pendant des années, même en cas d’extensions agressives des capacités.
Affaire à suivre, tant que l'orchestre joue, la musique est belle.

J'ai quelques belles lignes semi-conducteurs en portefeuille avec Samsung, Micron et Sandisk.
Sans oublier ASML et ASM International.
A un degré moindre, j'ai en portefeuille Western Digital et AMD et pour l'Europe, Riber (+308% sur 6 mois), Aixtron (+250% en 6 mois) et Suss Microtec (+192% en 6 mois)

J'ai ajouté l'ETP Leverage Shares 3X SOUTH KOREA dans le CTO Degiro.
Cet ETP est directement investi dans l'ETF iShares MSCI South Korea et utilise l'effet de levier des swaps pour tripler la performance de l'ETF.

Restons dans le domaine de l'IA, j'ai constitué une ligne dans le PEA sur Nebius, entreprise opérant dans l'IA.
Goldman Sachs a relevé ses projections pour les exercices 2027-2030 de 2 à 9%, citant "une demande solide, une expansion robuste des capacités et une dynamique de prix favorable".


11/06/2026, la BCE a relevé ses taux pour la première fois depuis 2023.
Une nouvelle favorable au secteur bancaire européen. Surtout que, seconde bonne nouvelle, un assouplissement de la réglementation des banques est actuellement à l'étude par l'Europe et la BCE.
Des mesures qui visent à répondre aux plaintes des banques européennes concernant la réglementation excessive et à favoriser un environnement plus compétitif et rémunérateur pour les actionnaires.

Banques européennes: un socle solide pour 2026.
La visibilité sur les bénéfices reste élevée et elles continuent d’afficher des valorisations attractives. Elles se négocient autour de 9,4 fois les bénéfices attendus pour 2027, soit une décote d’environ 40% par rapport au STOXX 600.
Dans ce contexte, les banques apparaissent comme un choix central dans l’allocation actions 2026.

Dans cette optique, j'ai renforcé ma ligne Banco Santander.

Je me suis séparé de quelques petites lignes pour renforcer les secteurs de la banque et des semi-conducteurs.
J'ai soldé mes lignes Semco, Cenergy Holdings, Vallourec, Lottomatica, Kalray, Grenergy Renovables, Sandvik et j'ai légèrement réduit Explosifs Produits Chimiques pour dégager les liquidités pour réaliser les arbitrages voulus.

Modestement, j'ai commencé à reconstituer une ligne Vusiongroup, et j'ai participé à l'IPO SpaceX avec 4 titres obtenus pour 10 demandés.

Les principales variations sur le mois précédent :
- Hermès +7,26%
- Samsung +19,11%
- Micron +51%
- ICOP +12,04%
- Banco Santander +13,14%
- Sandisk +47,75%
- ASML +17,66%

Les semi-conducteurs mènent le bal, une bancaire (voir plus haut les commentaires à ce sujet) et 2 valeurs qui ont profité de l'apaisement au Moyen-Orient.

En baisse, une seule baisse notable mais qui concerne la seconde ligne du portefeuille :
- Orange
-6,10%
Valeur défensive, elle est victime de la rotation sectorielle en faveur de valeurs de croissance suite à l'apaisement au Moyen-Orient.




Progression du portefeuille depuis le mois dernier.
Le portefeuille au 21/06/2026 : valorisation 335 890€, soit +14,30% YTD (contre +9,08% le mois dernier)



2026_06_portefeuille_POAM.gif


Notez que :
Ce Reporting est réalisé 100% free of IA
 
Super reporting @poam5356 . Merci beaucoup !
 
poam5356 a dit:
MAJ juin 2026 (1/2) - En sortira-t-on un jour ?

Afficher la pièce jointe 55842


En sortira-t-on : De quoi ?
Évidemment, de ce conflit avec l'Iran.
Les marchés vivent au rythme des décisions de Trump sur l'Iran et de ses changements d'avis régulier variant de "bonnes négociations" à "menaces de destruction du pays".
On doit en être à presque 40 changements d'avis de Trump en 2 mois.
D'ailleurs, les marchés, lassés, n'écoutaient même plus Trump.
Même le pétrole ne réagissait plus aux annonces bonnes ou mauvaises.

Pourtant, le dernier avis, pas très vieux puisque daté du 15 juin 2026, a fait souffler un vent d’optimisme sur les marchés.
À l’origine de ce rebond, l’annonce de Donald Trump affirmant qu’un accord avec l’Iran a été finalisé.

Pour les investisseurs, le signal est fort. Pour la première fois depuis plus de 3 mois, une sortie de crise crédible semble enfin se dessiner.
La réaction des marchés est immédiate. Le pétrole chute de près de 6% et revient vers les 80$ le baril, effaçant une grande partie de la prime de risque accumulée depuis le début de la guerre. Les secteurs les plus pénalisés par la flambée des prix de l’énergie reprennent des couleurs, à commencer par les compagnies aériennes et les valeurs cycliques. À l’inverse, les groupes pétroliers souffrent logiquement de cette détente, à l’image de Total qui recule nettement.
À Wall Street, l’enthousiasme est tout aussi visible, avec un Nasdaq en hausse de plus de 3% et un S&P 500 qui gagne 2%.

L'accord a été validé par les Iraniens et par Trump lors du repas organisé par la France à Versailles le mercredi 17 juin 2026.
Enfin une sortie de crise se profile pour de bon… C'est sûr ? Ben non, c'est raté.
Cet accord ne règle rien et favorise tellement les Iraniens que Trump est critiqué par tous, même de son propre parti des Républicains.
En effet, rien sur le nucléaire, déblocage des avoirs iraniens gelés (on parle de 100Mds$, peut-être plus), les religieux se voient confortés dans leur posture tyrannique et si Ormuz rouvre sans conditions, c'est pour seulement 2 mois. Libre ensuite à l'Iran de faire comme bon lui semble.
Une aventure militaire sans objectif clair et non préparée se solde pour les États-Unis par un camouflet international et par un accord qui, il faut le préciser, est temporaire.
Trump avait oublié de le dire, qu'il s'agissait d'un accord temporaire.
Le texte provisoire signé sous les ors de la République, et fortement médiatisé, ne constitue pas un véritable accord de paix, ce qui entretient les inquiétudes pour les pays du Golfe voisins de l’Iran et pour l'économie mondiale.
Nous venons d'en avoir la preuve avec une nouvelle fermeture d'Ormuz par l'Iran suite aux bombardements d'Israël sur le Liban faisant suite aux tirs du Hezbollah sur Israël.

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On est dans une partie de poker menteur avec un professionnel d'un côté, l'Iran, et un novice de l'autre qui ne pense que business et élections.
Il apparait certain que l'Iran veut conserver intact son outil industriel nucléaire, tout autant que ses milices armées (proxys) dont le Hezbollah qui est la plus puissante milice pro iranienne.
Trump qui veut "passer à autre chose de moins compliqué" fait pression sur Israël pour cesser de bombarder le Liban.
Manifestement, l'Iran ne fait rien pour arrêter le Hezbollah qui semble, au contraire, déterminé à poursuivre les frappes sur Israël.

Dans ces conditions, on ne voit pas comment en sortir, et je commence à me demander si un conflit permanent, plus ou moins actif, ne serait pas en train de s'ancrer au Moyen-Orient.
Un accord définitif, ils ont 2 mois pour le négocier à Genève, ne signifierait pas un retour à la normale de l'économie mondiale du jour au lendemain.
La normalisation du trafic maritime à Ormuz, la remise en service des installations pétrolières du Golfe et la reconstitution des stocks stratégiques signifient que le choc de prix continuera de se diffuser dans les chaînes d’approvisionnements mondiales pendant des mois.

Restons-en là, il y a bien trop d'incertitudes pour envisager le S2 2026 qui se profile.

Pendant ce temps, l’Europe est la victime collatérale de la guerre technologique, de la guerre énergétique et de la guerre commerciale.
Guerre commerciale avec la Chine, mais aussi avec les États-Unis quand le dossier iranien s'estompe quelque-peu dans l'esprit de Trump.

Quant à la guerre technologique, nous venons d'en avoir un nouvel exemple avec Anthropic qui a été obligé par l'administration Trump de retirer de la circulation mondiale Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, deux des modèles les plus avancés du marché.
Officiellement, la raison est un possible problème de sécurité.
En pratique, d'autres raisons alimentent la rumeur : les inquiétudes sur la cyberoffensive, la volonté de réserver les meilleures capacités à un périmètre américain, les tensions autour des usages militaires, et le climat plus général d’un exécutif qui assume de traiter l’IA comme un attribut de puissance.

Et là, l'Europe redécouvre qu'elle reste massivement dépendante des infrastructures américaines, qu’il s’agisse du cloud, des puces ou du militaire.
Même Mistral, présenté comme le principal champion européen, évolue dans un écosystème où le calcul, les composants et une partie des partenariats restent largement arrimés aux États-Unis.

Il est possible que l’interdiction soit partiellement levée dans les prochaines semaines. Les discussions se poursuivent entre Anthropic et l’administration américaine.
Les entreprises européennes ont appris qu’un modèle américain de pointe peut être interrompu pour des utilisateurs étrangers sans procédure publique claire, sur la base d’une appréciation nationale de la menace, y compris lorsque ces utilisateurs sont des alliés, des partenaires économiques ou des acteurs de cybersécurité.

Au début du mois de juin, avant même le cas Anthropic, la Commission européenne proposait le Cloud and AI Development Act et un Chips Act 2.0 pour soutenir des alternatives européennes dans le cloud, l’IA et les semi-conducteurs.
Ursula von der Leyen expliquait alors que l’Europe ne pouvait pas se permettre de dépendre d’autrui pour les technologies qui font tourner ses hôpitaux, ses réseaux énergétiques et ses services critiques.
De bonnes intention mais l'Europe c'est d'abord 27 pays qui ont chacun leurs besoins et préférences. L'exemple du militaire illustre parfaitement cette désunion de l'Union Européenne qui continue de profiter largement aux Américains, avec les risques que cela comporte sur la souveraineté des États européens.
Merci pour l'éditorial.
Le passage sur la dépendance technologique européenne est solide et factuel. Le retrait temporaire des modèles Claude Fable 5 / Mythos 5 par Anthropic sous pression américaine est bien rapporté par plusieurs sources, et l’idée que cela révèle une vulnérabilité européenne est crédible.

Le passage où Trump est décrit comme un novice et l’Iran comme un professionnel est peut-être politiquement défendable, mais ce n’est pas une analyse froide. C’est une lecture éditoriale.
Les marchés réagissent aussi aux taux, au dollar, aux couvertures pétrole, aux positions spéculatives, etc. Il ne faut pas tout ramener à Trump/Iran.

Cela reste donc un bon texte, utile pour réfléchir.

Merci pour ce partage. On sent qu'il y a beaucoup de travail derrière ces reportings.
 
Merci @Pendragon , et content de vous lire. Vous nous manquiez. (y)
 
Pendragon a dit:
Cela reste donc un bon texte, utile pour réfléchir.
Merci pour votre bénédiction :biggrin: doit se dire silencieusement @poam5356

Pendragon a dit:
On sent qu'il y a beaucoup de travail derrière ces reportings.
Entièrement d'accord avec vous cher adepte du 18 trous.

poam5356 a dit:
Vous nous manquiez. (y)
Je confirme... malgré mes taquineries et nos opinions souvent divergentes, j'aime bien vous lire également.

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Marcel Arland a donné ce titre à un de ses bouquins "il faut de tout pour faire un monde"...
Assez terre à terre mais beaucoup s'y accorde.

Paul Eluard donnait son avis en rétorquant : "Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur, et rien d'autre".
Plutôt joli tout le monde en conviendra.
 
Bonsoir poam5356,
poam5356 a dit:
Restons dans le domaine de l'IA, j'ai constitué une ligne dans le PEA sur Nebius, entreprise opérant dans l'IA.
Goldman Sachs a relevé ses projections pour les exercices 2027-2030 de 2 à 9%, citant "une demande solide, une expansion robuste des capacités et une dynamique de prix favorable".
Sauf erreur de ma part, vous semblez "déroger" quelque peu à vos critères de choix pour cette valeur. Elle présente en effet un "leverage" élevé ainsi qu'un PEG "cahotique" (Source ZB). Est-ce son orientation IA qui vous a "poussé" en ce sens ?.

Bien cordialement.
 
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