MAJ juin 2026 (1/2) - En sortira-t-on un jour ?
En sortira-t-on : De quoi ?
Évidemment, de ce conflit avec l'Iran.
Les marchés vivent au rythme des décisions de Trump sur l'Iran et de ses changements d'avis régulier variant de "
bonnes négociations" à "
menaces de destruction du pays".
On doit en être à presque 40 changements d'avis de Trump en 2 mois.
D'ailleurs, les marchés, lassés, n'écoutaient même plus Trump.
Même le pétrole ne réagissait plus aux annonces bonnes ou mauvaises.
Pourtant, le dernier avis, pas très vieux puisque daté du 15 juin 2026,
a fait souffler un vent d’optimisme sur les marchés.
À l’origine de ce rebond, l’annonce de Donald Trump affirmant qu’un accord avec l’Iran a été finalisé.
Pour les investisseurs, le signal est fort. Pour la première fois depuis plus de 3 mois, une sortie de crise crédible semble enfin se dessiner.
La réaction des marchés est immédiate. Le pétrole chute de près de 6% et revient vers les 80$ le baril, effaçant une grande partie de la prime de risque accumulée depuis le début de la guerre. Les secteurs les plus pénalisés par la flambée des prix de l’énergie reprennent des couleurs, à commencer par les compagnies aériennes et les valeurs cycliques. À l’inverse, les groupes pétroliers souffrent logiquement de cette détente, à l’image de Total qui recule nettement.
À Wall Street, l’enthousiasme est tout aussi visible, avec un Nasdaq en hausse de plus de 3% et un S&P 500 qui gagne 2%.
L'accord a été validé par les Iraniens et par Trump lors du repas organisé par la France à Versailles le mercredi 17 juin 2026.
Enfin une sortie de crise se profile pour de bon… C'est sûr ? Ben non, c'est raté.
Cet accord ne règle rien et favorise tellement les Iraniens que Trump est critiqué par tous, même de son propre parti des Républicains.
En effet, rien sur le nucléaire, déblocage des avoirs iraniens gelés (on parle de 100Mds$, peut-être plus), les religieux se voient confortés dans leur posture tyrannique et si Ormuz rouvre sans conditions, c'est pour seulement 2 mois. Libre ensuite à l'Iran de faire comme bon lui semble.
Une aventure militaire sans objectif clair et non préparée se solde pour les États-Unis par un camouflet international et par un accord qui, il faut le préciser, est temporaire.
Trump avait oublié de le dire, qu'il s'agissait d'un accord temporaire.
Le texte provisoire signé sous les ors de la République, et fortement médiatisé, ne constitue pas un véritable accord de paix, ce qui entretient les inquiétudes pour les pays du Golfe voisins de l’Iran et pour l'économie mondiale.
Nous venons d'en avoir la preuve avec une nouvelle fermeture d'Ormuz par l'Iran suite aux bombardements d'Israël sur le Liban faisant suite aux tirs du Hezbollah sur Israël.
On est dans une partie de poker menteur avec un professionnel d'un côté, l'Iran, et un novice de l'autre qui ne pense que business et élections.
Il apparait certain que l'Iran veut conserver intact son outil industriel nucléaire, tout autant que ses milices armées (proxys) dont le Hezbollah qui est la plus puissante milice pro iranienne.
Trump qui veut "passer à autre chose de moins compliqué" fait pression sur Israël pour cesser de bombarder le Liban.
Manifestement, l'Iran ne fait rien pour arrêter le Hezbollah qui semble, au contraire, déterminé à poursuivre les frappes sur Israël.
Dans ces conditions, on ne voit pas comment en sortir, et je commence à me demander si un conflit permanent, plus ou moins actif, ne serait pas en train de s'ancrer au Moyen-Orient.
Un accord définitif, ils ont 2 mois pour le négocier à Genève, ne signifierait pas un retour à la normale de l'économie mondiale du jour au lendemain.
La normalisation du trafic maritime à Ormuz, la remise en service des installations pétrolières du Golfe et la reconstitution des stocks stratégiques signifient que le choc de prix continuera de se diffuser dans les chaînes d’approvisionnements mondiales pendant des mois.
Restons-en là, il y a bien trop d'incertitudes pour envisager le S2 2026 qui se profile.
Pendant ce temps, l’Europe est la victime collatérale de la guerre technologique, de la guerre énergétique et de la guerre commerciale.
Guerre commerciale avec la Chine, mais aussi avec les États-Unis quand le dossier iranien s'estompe quelque-peu dans l'esprit de Trump.
Quant à la guerre technologique, nous venons d'en avoir un nouvel exemple avec Anthropic qui a été obligé par l'administration Trump de retirer de la circulation mondiale Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, deux des modèles les plus avancés du marché.
Officiellement, la raison est un possible problème de sécurité.
En pratique, d'autres raisons alimentent la rumeur : les inquiétudes sur la cyberoffensive, la volonté de réserver les meilleures capacités à un périmètre américain, les tensions autour des usages militaires, et le climat plus général d’un exécutif qui assume de traiter l’IA comme un attribut de puissance.
Et là, l'Europe redécouvre qu'elle reste massivement dépendante des infrastructures américaines, qu’il s’agisse du cloud, des puces ou du militaire.
Même Mistral, présenté comme le principal champion européen, évolue dans un écosystème où le calcul, les composants et une partie des partenariats restent largement arrimés aux États-Unis.
Il est possible que l’interdiction soit partiellement levée dans les prochaines semaines. Les discussions se poursuivent entre Anthropic et l’administration américaine.
Les entreprises européennes ont appris qu’un modèle américain de pointe peut être interrompu pour des utilisateurs étrangers sans procédure publique claire, sur la base d’une appréciation nationale de la menace, y compris lorsque ces utilisateurs sont des alliés, des partenaires économiques ou des acteurs de cybersécurité.
Au début du mois de juin, avant même le cas Anthropic, la Commission européenne proposait le Cloud and AI Development Act et un Chips Act 2.0 pour soutenir des alternatives européennes dans le cloud, l’IA et les semi-conducteurs.
Ursula von der Leyen expliquait alors que l’Europe ne pouvait pas se permettre de dépendre d’autrui pour les technologies qui font tourner ses hôpitaux, ses réseaux énergétiques et ses services critiques.
De bonnes intention mais l'Europe c'est d'abord 27 pays qui ont chacun leurs besoins et préférences. L'exemple du militaire illustre parfaitement cette désunion de l'Union Européenne qui continue de profiter largement aux Américains, avec les risques que cela comporte sur la souveraineté des États européens.