Faut t'il investir dans Duralex ?

Jeune_padawan a dit:
Le modèle de SCOP n'est viscéralement pas pourri. Les salariés aurait pu mettre 80€ dans une SA classique et la boite peut couler si elle est mal gérée.
Débattons-en, c'est l'intérêt d'un forum. A titre personnel, je pense que si, les SCOP sont foncièrement viciées. Et à minima les exceptions sont rares ;)

Après tout, ce que je décris, c'est bien exactement ce qu'on voit ici, écrit noir sur blanc : effectifs surnuméraires, pauses café de 8 heures par jour. Pourquoi ? Parce que pour des décisions difficiles comme licencier, exemple, 25% des effectifs, comme était probablement nécessaire, des salariés décidant à une voix chacun ne vont pas le faire. C'est littéralement la CGT qui le dit et aurait préféré que la société soit rachetée par un acteur industriel, qui n'aurait pas gardé tout le monde, par opposition à la SCOP elle-même, qui a été choisie pour des promesses démagogiques de garder tout le monde. Une SCOP ça défend les intérêts de ses membres, des salariés. Ca pense court terme. Ca ne pense pas profit ni capacité à savoir gérer demain.

Mais la vie d’une entreprise, c’est rarement linéaire. Viser de tout distribuer, c'est la garantie de ne pas pouvoir affronter un coup de froid, une hausse des prix de l’énergie, un besoin de restructuration, etc. Soit dit en passant, c'est exactement cette même histoire avec Fagor, l'exemple typique de SCOP dont on entend évidemment plus parler maintenant.

Et des sociétés avec actionnaires qui ferment, il y en a pléthore. Comme des SCOP. Mais des SCOP qui réussissent, c'est quand même rare. Et durablement, encore plus. Je n'ai guère que Biocoop en tête je dois dire.

Et dans un univers où il faut des investissements en capital massif, je n'en vois aucune...

Jeune_padawan a dit:
Peux tu mettre en lien l'article stp ? Car j'ai voulu consulter les comptes mais rien de publié sur les sites habituels. Ni les compte-rendu d'AG d'ailleurs.
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"Auprès d’Ici Centre-Val de Loire, l’ancien directeur financier Antoine Marciano défend son bilan, et explique que la trésorerie de Duralex était "plus que positive" lors de son départ de l’entreprise en avril, et évoque un résultat de 2,5 millions d’euros au 31 décembre 2025."

Toujours pas de comptes à ma connaissance (j'ai une alerte Pappers). Mais, de ma compréhension des comptes, les 2.5 millions banque ne suffisent pas à couvrir jusqu’au retour à la rentabilité. Ce que confirment bien sûr les rumeurs de RJ.
 
Dernière modification:
Axiles a dit:
Mais des SCOP qui réussissent, c'est quand même rare
Et ben figure toi que c'est bien moins rare que tu le penses : [lien réservé abonné]

C'est avant tout une question de gestion. Pour revenir à Duralex, 60% des salariés ont repris la marque via une SCOP type SA. Mais il aurait pu monter une bonne vieille SA classique avec actionnaires.

Est ce que sous forme de SA classique les salariés auraient il pris d'autres décisions ? Probablement pas. Est ce que la gestion en aurait été meilleure ? Bien sûr que non.

Donc le modèle SCOP n'est pas pourri c'est la gestion par les repreneurs qui semble médiocre. Peut être que la société aurait du licencier plus, peut être qu'elle aurait du revendre un ou 2 fours. Mais licencier quelqu'un surtout lorsqu'on est salarié ce n'est pas facile.
Les repreneurs auraient pu se séparer de ce qui ne voulaient pas continuer par exemple.

J'ai connu une reprise au tout début de ma carrière qui fut un carnage économique et social. La juge a privilégié la reprise par un acteur qui s'engageait à reprendre 80% (l'autre reprenait 60%) des postes mais dont nous salariés savions que le repreneur était un canard boiteux. Résultat 6 mois plus tard tout était liquidé.

Sans avoir accès aux comptes difficile d'aller plus loin (j'ai aussi l'alerte Pappers). L'ex direction semble être en cause et les actionnaires l'a purgée la semaine dernière d'après les documents.
De ce que j'ai pu lire la mise initiale (20 k€) me parait bien faible pour reprendre une structure industrielle très capitalistique par nature.
 
Jeune_padawan a dit:
Et ben figure toi que c'est bien moins rare que tu le penses : [lien réservé abonné]

C'est avant tout une question de gestion. Pour revenir à Duralex, 60% des salariés ont repris la marque via une SCOP type SA. Mais il aurait pu monter une bonne vieille SA classique avec actionnaires.

Est ce que sous forme de SA classique les salariés auraient il pris d'autres décisions ? Probablement pas. Est ce que la gestion en aurait été meilleure ? Bien sûr que non.

Donc le modèle SCOP n'est pas pourri c'est la gestion par les repreneurs qui semble médiocre. Peut être que la société aurait du licencier plus, peut être qu'elle aurait du revendre un ou 2 fours. Mais licencier quelqu'un surtout lorsqu'on est salarié ce n'est pas facile.
Les repreneurs auraient pu se séparer de ce qui ne voulaient pas continuer par exemple.

J'ai connu une reprise au tout début de ma carrière qui fut un carnage économique et social. La juge a privilégié la reprise par un acteur qui s'engageait à reprendre 80% (l'autre reprenait 60%) des postes mais dont nous salariés savions que le repreneur était un canard boiteux. Résultat 6 mois plus tard tout était liquidé.

Sans avoir accès aux comptes difficile d'aller plus loin (j'ai aussi l'alerte Pappers). L'ex direction semble être en cause et les actionnaires l'a purgée la semaine dernière d'après les documents.
De ce que j'ai pu lire la mise initiale (20 k€) me parait bien faible pour reprendre une structure industrielle très capitalistique par nature.
Je ne vois aucun exemple significatif dans la partie gratuite de l’article. Donc désolé mais j’insiste, quel exemple de SCOP de taille significative qui réussit ?

Parce que a toute petite échelle, pas grand chose ne distingue une SCOP d’une société par actions classique, c’est quand ça grandit le sujet.
 
J'ai demandé à Claude, avec le prompt suivant par transparence ("Y a-t-il des sociétés coopératives en France de taille significative et détenues par leurs salariés (donc hors groupes sociétaires détenus par leurs clients comme BPCE) ?").

Réponse

Oui, il en existe plusieurs, même si le tissu SCOP reste dominé par de petites structures. Voici les exemples les plus significatifs :




Acome — la plus grande SCOP française par le chiffre d'affaires


Acome est spécialisée dans la production de câbles de haute technicité pour l'automobile, les réseaux télécoms, ferroviaires et les bâtiments. C'est la première SCOP de France par le chiffre d'affaires et le nombre d'associés. Fondée en 1932, elle compte 1 500 associés (900 salariés et 600 retraités ayant conservé leurs parts) et affichait 535 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Son plan stratégique vise près d'un milliard d'euros de CA d'ici 2030, notamment par diversification vers les datacenters et par acquisitions à l'international. Wikipedia + 2 [lien réservé abonné]




Upcoop (ex-Groupe Up, ex-Chèque Déjeuner) — la plus connue à l'international


Upcoop est une SCOP française fondée en 1964, spécialisée dans les solutions de paiement (titres-restaurant, chèques cadeaux, action sociale) pour les entreprises et collectivités. Elle est présente dans 25 pays et compte 3 200 collaborateurs en 2024. Elle est détenue à 100 % par ses salariés-membres, sans actionnaires externes ni fonds d'investissement, et chapeaute un groupe de 88 entités. Elle est par ailleurs la première SCOP française à avoir adopté le statut d'entreprise à mission, en 2023. Wikipedia + 2 [lien réservé abonné]




Scopelec et UTB — dans les travaux et télécoms


Scopelec (télécoms/réseaux) et UTB (bâtiment/travaux) figuraient parmi les quatre plus grandes SCOP de France, et avec Acome et Groupe Up, ces quatre coopératives totalisaient à elles seules plus de 10 000 salariés. Scopelec a cependant traversé de graves difficultés financières ces dernières années après la perte de contrats Orange, illustrant la vulnérabilité de certaines grandes SCOP à la concentration de clients. Ess-et-societe [lien réservé abonné]




Duralex — cas emblématique récent, mais fragile


Face à la menace de fermeture, les salariés ont transformé Duralex en SCOP en juillet 2024, avec 228 employés détenant la majorité du capital. Mais fin mai 2026, la trésorerie est de nouveau tendue et des discussions sont engagées avec les parties prenantes, illustrant la difficulté du modèle pour des reprises d'entreprises en difficulté. Courrier Cadres [lien réservé abonné]Franceinfo [lien réservé abonné]




Quelques autres noms connus : ECF (auto-école, un des leaders du secteur), Le Relais (réemploi textile), Ethiquable (commerce équitable), Moulin Roty (jouets), Alternatives Économiques (presse).




En résumé : les 2 723 SCOP françaises représentent 62 685 salariés et 6,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires agrégé, avec une taille moyenne modeste — mais Acome et Upcoop constituent de véritables grandes entreprises pleinement détenues par leurs salariés, à des échelles comparables à des ETI classiques. Coop [lien réservé abonné]

Mon résumé perso :
  • 2723 SCOP et 62 685 salariés, ca fait en moyenne 23 salariés, ce qui n'est pas si peu (plutôt une dizaine pour l'ensemble des sociés). Biais probable du fait que les sociétés à 1 personne, généralement qui détient tout, n'a évidemment aucune logique à être en SCOP. Intuition avec un peu de fond et qui explique de différentiel
  • 63 000 salariés sur 20 millions + de salariés du secteur privé. Ca donne un autre angle de réponse, mais ça représenterait donc 0,3% des salariés. C'est une façon quand même de répondre à la question :). Noter aussi l'extrême concentration, on est pas sur un Pareto mais bien pire, avec +10k salariés pour 4 sociétés sur 3k
  • Des exceptions, qu'il serait intéressant de comprendre bien. Parmi ceux listés ici
    • Acome, intéressant car complètement à rebours de mon intuition (capex lourds il me semble)
    • Beaucoup de sociétés en difficultés financières : Duralex, Scopelec, Upcoop (qui justement ne sait pas se réformer face à une crise)
    • A l'inverse, pas mal d'acteurs sur des marchés stables/à capex limités, ce qui rejoint mon point :
      • chèque déjeuner, même si la société va très mal, pas de capex voire BFR négatifs
      • ECF : capex limités, marché captif, etc.
 
Axiles a dit:
quel exemple de SCOP de taille significative qui réussit ?
Significatif je ne sais pas (significatif c'est au dessus de 100 salariés ?)

Alki (meubles) c'est 47 salariés au Pays basque. Comebo 60 salariés dans les chapeaux. Synergy, 200 salariés dont beaucoup souffrant d'handicap, dans la sous-traitance industrielle.

Acome c'est la plus vieille et la plus grosse avec de gros capex et qui a ses début à profiter de larges commandes publiques (dans les années 30).

Ci dessous SCOP et SICI :
1779712835778.png
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Extrait de l’article de l'Usine nouvelle :
Certaines en rencontrent, voire déposent le bilan, comme Lejaby ou Scopelec. Même vertueux, le modèle a ses limites, en particulier lorsque le secteur paraît en perte de vitesse, comme celui du textile. Ou l’industrie verrière, s’inquiète Philippe Schmitt, le délégué fédéral CFDT de la chimie énergie. Si son syndicat a soutenu la reprise en Scop de Duralex, ce «fleuron de l’industrie française», pour «éviter la casse sociale», il reste prudent sur l’avenir. Selon lui, le développement commercial sera l’une des conditions au financement du remplacement des très coûteux fours, lorsqu’il sera nécessaire de les changer
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Significative je dirais 1000 et plus. Ça fait déjà 7500 sociétés en France au dessus de ce seul.

Comme je le disais, je crois que c’est un modèle qui fonctionne d’autant mieux que la société est petite. Ce qui semble se confirmer.

Et, coucou la droite, il faut probablement une certaine homogénéité culturelle. En tout cas c’est comme ça que je lis l’historique fort à l’ouest qu’on voit bien sûr ta carte. Mais simple supposition
 
@Axiles @Jeune_padawan

Merci pour les infos .. intéressant

Je pense qu'une Scop pour réussir ne doit pas confondre l'Actionnariat et la Direction.. et donc si il n'y a pas les compétences en interne, embaucher en externe. Et on n'est pas obligé d'embaucher au sens classique .. il y a beaucoup de Seniors avec une vraie expérience qui sont dispo pour des missions ..

La collectivité devraient exiger cela avant d'investir de l'argent
 
pchmartin a dit:
il y a beaucoup de Seniors avec une vraie expérience qui sont dispo pour des missions ..
Clairement. Et lorsqu'on a la tête dans le guidon on a tendance à se voiler la face sur certains problèmes.

Un audit des comptes, des actifs et des marchés seraient salvateur pour Duralex.
 
Duralex s’apprête à demander son placement en redressement judiciaire... L’annonce pourrait intervenir dès lundi.
 
Sur le scandale financier, en mode cross topic crowdfunding


Au vu de ces éléments, j’en viendrais presque à espérer que l’avantage fiscal sera repris tant depuis le départ il était clair que c’était en pure perte...
 
Et oui c’est bien écrit dans l’article :
« comme absolument 100% des personnes capables de lire un bilan l'avaient prédit »
Mais j’ai cru comprendre que pour certains sachants c’était un don.
 
Maurice63 a dit:
Et oui c’est bien écrit dans l’article :
« comme absolument 100% des personnes capables de lire un bilan l'avaient prédit »
Mais j’ai cru comprendre que pour certains sachants c’était un don.

Euh, l'économiste est très gentil sur le coup. Pour rappel :

Duralex a connu six dépôts de bilan en 27 ans, et 10 millions d'euros de pertes l'année dernière (2023) à cause de l'envolée des prix de l'énergie

Deviner que une société qui a déjà fait faillite six fois et perd 10m€ (sur 25m€ de CA) n'est pas viable, même Madame Michu peut le faire, sans bilan.

Imho c'est plutôt une opposition entre pragmatiques et rêveurs qui voulait sauver leur verre de cantine ;). Ce fil l'a d'ailleurs bien montré.
 
Axiles a dit:
c'est plutôt une opposition entre pragmatiques et rêveurs qui voulait sauver leur verre de cantine ;). Ce fil l'a d'ailleurs bien montré.
Exactement ça !! Réveur .. peut être sur ma jeunesse enfuie ( Ah les tables de cantine portées à bout de bras pour jouer à quel côté lacherait le premier .. où on ne retrouvait que les verres intacts )

Sachant que 1000€ c'est beaucoup moins que la chute subie sur Capimmo il y a 2 ans ( la première pas la 2ème , merci le Forum)

Et parce qu'il y a aussi du pragmatisme chez moi , je dirai que mes 3 enfants ont perdu chacun 266€ sur leur héritage .. et qu'ils s'en fichent ( ils sont même pas au courant !)

Triste pour les ouvriers quand même
 
Et, comme on est sur un forum de finances, les comptes et documents juridiques ne mentent pas (enfin moins ;) ) : le DG a bien été sorti, et n'est pas parti de lui-même contrairement aux annonces officielles :
1780037813883.png
Et, qui à mon avis explique pas mal de choses sur l'ambiance qui semblait bien délétère, pour 12 places au conseil d'administration, il y a eu environ 3 fois plus de candidats (en 2024). Je ne serais pas surpris (mais j'enfonce une porte ouverte) que l'aspect humain soit le facteur clef d'une réussite ou non de SCOP, en plus de la taille (ce serait intéressant d'avoir l'avis de @Jeune_padawan ). Là, tu peux imaginer que tu avais pas mal de frustration (?).


Sinon, un post bien triste quand même, sur les conséquences quand on refuse de voir la réalité économique, ce sont toujours les petits qui trinquent. Pendant que les guignols font leur cirque médiatique. Et c'est honteux.


Soit dit en passant, ça montrerait que j'ai du faire une erreur quelque part dans mes posts précédents car j'arrivais à 100€ par salarié environ alors que ça semble plutôt dix fois plus. Effet d'une augmentation de capital je suppose.
 
Axiles a dit:
Pour ne pas se cantonner à une vision critique stérile, petit aperçu de ce qui aurait aussi pu arriver, avec un verrier dans un autre pays
Corning est bien diversifié avec une belle filiale dans la fibre optique où il y a de la demande;). Duralex fait dans le verre trempé soit un marché bien mature.
Un exemple proche de Duralex c'est O-I Glass
Axiles a dit:
le DG a bien été sorti, et n'est pas parti de lui-même contrairement aux annonces officielles :
Ah oui ça je l'avais vu lors de nos échanges de lundi. Le DG s'est fait destitué/renversé.
Axiles a dit:
Je ne serais pas surpris (mais j'enfonce une porte ouverte) que l'aspect humain soit le facteur clef d'une réussite ou non de SCOP, en plus de la taille (ce serait intéressant d'avoir l'avis de @Jeune_padawan ).
Oui on est d'accord que l'aspect humain compte, je n'ai jamais dit le contraire;). Il faut des gens compétent aux postes de direction ce qui n'est pas si facile.
Comme dans toutes les boites tu as beaucoup de "Moi je" qui pensent savoir mais qui sont mauvais.

Quand à l'aspect taille un SCOP n'est évidement pas adapté à devenir un LVMH mais il y a quelques exemples de réussite.

Chez Duralex je reste persuadé que même sous SA classique avec des salariés actionnaires la société aurait connu le même sort.
La société est sous-capitalisé avec de lourds investissements à faire, on n'a pas les comptes mais le bilan ne doit pas être terrible.

C'est plus un problème de gestion/restructuration qu'un problème de modèle.
Axiles a dit:
Soit dit en passant, ça montrerait que j'ai du faire une erreur quelque part dans mes posts précédents car j'arrivais à 100€ par salarié environ alors que ça semble plutôt dix fois plus. Effet d'une augmentation de capital je suppose.
C'est bien pire que ça. Sur Pappers tu as le certificat du dépositaire des fonds correspondant aux souscriptions que je t'invite à lire;).

Tu as des salariés qui ont mis 2000€ et d'autres 50€.
 

Mail de LITA​

Duralex Placé en redressement judiciaire ce jour​

Bonjour,



Nous souhaitons vous tenir informé·e des dernières évolutions au sein de Duralex suite à votre investissement en titres participatifs.

Voici le communiqué officiel publié cet après-midi par Duralex :



"Après des jours de retentissements médiatiques alimentés par de très nombreuses hypothèses, les équipes Duralex reviennent vers vous pour vous donner de la visibilité.

À la suite d’un audit financier externe lancé le 3 avril 2026, au lendemain de la prise de fonction de sa nouvelle Directrice Générale Peggy Sadier, et dans un contexte économique tendu, la société a été contrainte de se placer sous la protection du Tribunal de commerce, lequel a prononcé ce jour l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois. A l’issue de la reprise de l’entreprise par ses salariés, et sous l’impulsion d’une nouvelle équipe marketing et commerciale, Duralex a initié il y a plus de 18 mois un plan de transformation commercial impactant et innovant axé sur la «premiumisation», l’innovation via de nouveaux produits, et la valorisation du savoir-faire historique de la marque Made in France.

La mise en œuvre de ce plan, dont les résultats sont pleinement attendus à horizon 2027, a commencé à porter ses fruits, au regard de la croissance de +7% du chiffre d’affaires constatée au 31 décembre 2025 et de la confirmation de la tenue des objectifs de chiffre d’affaires et de marge sur les premiers mois de l’année 2026, dans un contexte de marché des arts de la table particulièrement tendu.

La société est néanmoins confrontée à des tensions de trésorerie liées à une hausse du stock très importante sur janvier et février 2026, couplée sur la même période à des ruptures impactant les ventes sur des produits emblématiques. En parallèle, la situation géopolitique internationale actuelle est un élément structurant sur la hausse croissante du coût des matières premières et de l’énergie en début d’année.

La société, sous l’égide de Peggy Sadier, sa nouvelle directrice générale, entend tout mettre en œuvre, avec le concours d'un administrateur, pour pérenniser le plan de transformation commercial de la marque et pour trouver les solutions optimales de sortie de la procédure, avec un focus particulier sur le financement et l’excellence opérationnelle liée à l’exploitation.

En parallèle, l’activité commerciale de l’enseigne au service de ses clients français et internationaux se poursuit tout à fait normalement. Les commandes des clients, concernant tant les produits historiques que les premières nouveautés 2026, sont et resteront honorées pendant la période de la procédure.

En cette période complexe, une manière simple de nous soutenir est de continuer vos achats via nos magasins partenaires, notre boutique orléanaise et notre site [lien réservé abonné].

Merci de votre soutien historique,

L'équipe Duralex"


 
Ce qui est trop drôle, c’est la phrase de Lita dans le mail que j’ai reçu avec le communiqué, je cite :

Néanmoins, cette reprise est risquée et exige un pilotage et une exécution sans faille, ce pourquoi nous avions limité le ticket d’investissement à 1000€ par investisseur sur Lita.

Je crois que je vais me fendre d’un mail car ils nous prennent pour qui ! Ils avaient limité tout simplement car il y avait une très forte souscription et pour permettre à chacun de participer à cet élan citoyen.
S’ils l’avaient présenté comme un truc ultra risqué et c’est pour ça qu’ils limitaient, je pense que ça en aurait refroidit.

Je vais essayer de retrouver le mail de limitation
 
pchmartin a dit:
La société est néanmoins confrontée à des tensions de trésorerie liées à une hausse du stock très importante sur janvier et février 2026
Quel gestionnaire ne sait pas que sans vente il faut réduire la production afin que les stocks n’augmentent pas ?

Cette explication dans le communiqué est bien la preuve d’une belle incompétence !
 
Mgm31 a dit:
Ce qui est trop drôle, c’est la phrase de Lita dans le mail que j’ai reçu avec le communiqué, je cite :

Néanmoins, cette reprise est risquée et exige un pilotage et une exécution sans faille, ce pourquoi nous avions limité le ticket d’investissement à 1000€ par investisseur sur Lita.

Je crois que je vais me fendre d’un mail car ils nous prennent pour qui ! Ils avaient limité tout simplement car il y avait une très forte souscription et pour permettre à chacun de participer à cet élan citoyen.
S’ils l’avaient présenté comme un truc ultra risqué et c’est pour ça qu’ils limitaient, je pense que ça en aurait refroidit.

Je vais essayer de retrouver le mail de limitation

Oui, comme à peu près toutes les plateformes, Lita a pris son chèque (750.000€ !) et fait genre de découvrir le risque maintenant, et de dire que le risque apparaît là.

Si la société tient ses objectifs de vente et est à court de trésorerie en six mois, c'est que Lita a très mal fait son travail. Si j'avais mis de l'argent dedans, j'attendrais a minima de la plateforme qu'elle renonce à ses frais pour assumer sa part de l'erreur faite en proposant ce genre de dossiers à des petits épargnants.

Elle ne le fera pas, ne rêvez pas.

Et la phrase que je trouve folle, tant elle montre qu'on ne fait pas une société sans penser à son marché :

La société est néanmoins confrontée à des tensions de trésorerie liées à une hausse du stock très importante sur janvier et février 2026, couplée sur la même période à des ruptures impactant les ventes sur des produits emblématiques

Donc ils produisent ce que les gens n'achètent pas. Et ne produisent pas ce que les gens achètent. :ROFLMAO:. De bon augure. Surtout que, ça rendra "heureux" @Jeune_padawan malgré l'absence de comptes complets, la hausse du CA en 2025 a été de 7%. Je comprends des chiffres officiels que le CA 2024 était de 26,4 millions € [lien réservé abonné]. Ca veut dire que 2025 était de 27,7m€. En deux ans, avec 24.6m€ en 2022, croissance du CA de 13%. . Chiffre d'affaires nécessaire pour l'équilibre financier : 35-36m€ d'après leurs chiffres. Au même rythme, il faudrait attendre 2030 pour atteindre l'équilibre. Si je fais confiance aux chiffres de levée (5 Lita + 10 de votre argent et des banques garanties par l'état), ils ont donc cramé plus de 10m€ en moins d'un an. Tout semble plus ou moins cadrer, malheureusement.

Ils doivent avoir environ 2m€ en banque là, alors qu'il faudrait à vue de nez 15m€ de cash burn pour aller à l'équilibre à ce rythme là. Vous la voyez l'ampleur du désastre ? Pire, quand il s'agissait de lever des fonds (coucou Lita) en novembre 2025, alors que 10 mois de CA sur 12 était connus, la société annonçait 33m€ de cible de CA en 2025 [lien réservé abonné], pour finir à 26... Soit c'était malhonnête, soit la gestion est cata. Soit, probable, les deux. Mais pas besoin d'être grand clerc pour savoir qu'il faut être très inquiet...

Pour positiver un peu sur ce dossier, la nouvelle DG a un joli profil. Pas du tout SCOP si vous me passez l'expression. Pas de formation clinquante mais de jolis postes e-commerce chez Carrefour ou Brico Dépôt, des achats, etc. Pas franchement le même profil sur le papier que le DG sorti. Clairement au-dessus semble-t-il.

Pour équilibrer, ceux qui voudront voir le futur de la société en noir verront que son dernier diplôme est... naturopathe :p
 
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