Dans une récente interview, la porte-parole du courtier Meilleurtaux déplore une baisse de 20% de la production de prêts immobiliers depuis le début de l’année. Certains profils peinent particulièrement à décrocher un crédit.

« C’est là que le bât blesse. La production de prêts a chuté de 20% depuis janvier ». Pour Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux, interviewée par Le Parisien, c’est la conséquence des tours de vis successifs décidés par le ministère de l’Economie et la Banque de France. Depuis fin 2019, le Haut conseil de stabilité financière, où siègent ces deux instances, interfère dans la politique commerciale des banques et des courtiers pour qu’ils veillent à limiter l’endettement des Français. Ses recommandations – notamment de plafonner à 35% le taux d’endettement – vont, qui plus est, devenir contraignantes à l’été 2021, écrivait fin janvier le HCSF.

« Les investisseurs locatifs [pour qui les mesures de contrôle sont plus strictes que pour les primo-accédants, ndlr] et les ménages modestes avec peu d’apport personnel, c’est-à-dire moins de 8% à 10% du montant de la transaction, sont les premières victimes des rejets par les banques », explique Maël Bernier au quotidien.

Pas de baisse de prix généralisée

Pour autant, parole de courtière, cette baisse des transactions immobilières ne va pas faire diminuer les prix de l’immobilier de ville, ce, même si le télétravail a rebattu les cartes de la géographie immobilière. De quoi faire, à l'inverse, le bonheur des vendeurs de logement. « Dans les grandes villes comme Paris, le marché est tellement tendu que, même si la demande baisse, il ne faut pas s’attendre à un reflux des prix. Si avant la pandémie on recensait 70 personnes intéressées pour un bien, on en compte aujourd’hui au moins encore la moitié, ce qui reste un niveau élevé, explique Maël Bernier. Le secteur est en plein rééquilibrage avec une stabilisation, voire une légère baisse des prix à Paris, mais c’est plutôt sain… C’est même l’un des seuls points positifs de cette pandémie si on devait lui en trouver un », poursuit-elle

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Une étude du site d’annonces immobilières SeLoger, publiée fin mars, souligne également un récent tassement des prix dans la capitale. « Sur les trois derniers mois, la tendance est à la baisse avec des prix parisiens qui accusent un recul de 0,5% », même si sur un an, le prix du mètre carré parisien a progressé de 4,3% dépassant 10 600 euros du m2. « Lorsque la hausse ralentit, comme cela est le cas à Paris, c’est essentiellement en réponse au blocage du marché constaté lors du choc du deuxième confinement », explique Michel Mouillart, économiste porte-parole du baromètre LPI-SeLoger.

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