Certains indépendants - consultants, développeurs, etc. - ont des difficultés à accéder au crédit, professionnel et personnel, malgré de bons revenus. Ils sont la cible de Mansa, une jeune pousse lancée en février, qui leur propose notamment une offre de crédit renouvelable, en partenariat avec Franfinance. Les explications d’Ali Rami, co-fondateur et CEO.

Ali Rami, CEO de Mansa

Ali Rami est co-fondateur et CEO de Mansa

Ali Rami, d’où est parti le projet Mansa ?

Ali Rami : « D’un simple constat : il y a de plus en plus d’indépendants. C’est même la catégorie qui enregistre la plus forte augmentation : à l’échelle de l’Union européenne, 15,5% des travailleurs sont aujourd’hui des indépendants. En France, on estime leur nombre à 3,5 millions, parmi lesquels beaucoup de développeurs, de consultants… Des professionnels qui gagnent souvent bien leur vie, mais ont des difficultés à accéder au crédit, faute d’offre adaptée. »

Comme expliquer ce paradoxe ?

Ali Rami : « La plupart de ces indépendants travaillent dans des secteurs porteurs - l’économie numérique notamment - et sont à l’aise financièrement : les clients de Mansa affichent des revenus moyens de 3 500 euros par mois. Mais ils n’ont pas de fiches de paie, donc ils entrent mal dans les modèles utilisés par les banques traditionnelles pour décider d’octroyer, ou non, un crédit. Nous y avons vu une opportunité, celle de lancer une marque destinée spécifiquement à ces freelances, et de leur proposer du vrai crédit en ligne, avec une expérience utilisateur simple et efficace. »

Quels types de crédit proposez-vous ?

Ali Rami : « Nous avons commencé avec une offre de crédit professionnel, de 500 à 10 000 euros remboursables sur douze mois au maximum, destinée à financer des besoins de trésorerie ou d’investissement. Pour la faire connaître, nous avons tissé des partenariats avec des plateformes qui s’adressent également aux freelances, notamment des néobanques comme Shine ou Anytime. Mais nous avons rapidement constaté qu’il y avait aussi une forte demande de prêts personnels chez ces travailleurs : pour financer un véhicule, des travaux, un mariage ou une dépense imprévue. C’est pourquoi nous nous sommes associés à Franfinance pour proposer un crédit renouvelable. »

A consulter : Crédit conso : le comparatif des offres en ligne

Pourquoi un crédit renouvelable plutôt qu’un prêt personnel amortissable ?

Ali Rami : « Nous avons constaté que ces emprunteurs ne savaient pas toujours bien chiffrer leurs besoins. Le crédit renouvelable permet de n’utiliser que ce dont ils ont besoin. C’est un produit hyper flexible : le client peut choisir le rythme des remboursements, ou rembourser de manière anticipée sans aucun frais. »

La plus-value de Mansa se situe notamment dans votre modèle de scoring, de notation du risque du prêt. Qu’a-t-il de différent ?

Ali Rami : « Notre modèle de scoring est basé sur l’open banking : avec son accord, nous nous connectons au compte bancaire du client afin de récupérer ses données transactionnelles, puis nous les analysons en profondeur, en appliquant une centaine de points de vérification. Tout est automatisé, ce qui permet de prendre des décisions très rapides, en moins de 24 heures, et de mettre les fonds à disposition dans la foulée. Cette connexion au compte bancaire est potentiellement un point de friction. C’est pourquoi nous avons choisi d’accueillir individuellement les premiers clients, en visio et au téléphone, pour répondre à leurs interrogations en direct. »

Pourquoi les banques traditionnelles ne savent pas faire ce que vous faites ?

Ali Rami : « Il y a d’abord un problème de compréhension. La plupart des banques ne comprennent pas qu’il n’y a pas que des chauffeurs Uber parmi les indépendants : elles les voient tous comme des précaires. Mais il y a aussi des freins organisationnels - une difficulté à changer leurs manières de faire - et réglementaires : leur agrément d’établissement de crédit les oblige à appliquer certains critères d’octroi. Elles ne disposent pas, enfin, des ressources pour développer ce type d’outils : nombre de jeunes talents préfèrent aujourd’hui aller travailler dans une jeune pousse que dans un grand groupe. »

Comment comptez-vous gagner de l’argent ?

Ali Rami : « Notre modèle d’affaires est simple : nous prenons une marge sur les taux d’intérêt appliqués aux crédits que nous distribuons. Ces taux sont hyper transparents. Pour les prêts professionnels : à partir de 10,50% et parfois jusqu’à 15% de TAEG, sans assurance ou frais cachés. Pour les prêts personnels : 21% de TAEG entre 300 et 3 000 euros ; 10,50% au-delà de 3 000 euros. Tous les crédits demandés jusqu’ici ont dépassé les 3 000 euros. Nous, nous ne vendons pas les données de nos clients à des tiers. À terme, d’ici 3 à 5 ans, nous envisageons de proposer notre technologie à des banques, comme le fait par exemple Younited Credit. »

Fiche d'identité : Mansa
ActivitéCrédit aux freelances et aux indépendants
Site webgetmansa.com
Date de créationSeptembre 2019
Date de lancementFévrier 2020
Clientèle viséeIndépendants, freelances, professions libérales
Marché viséFrance
AgrémentMandataire non exclusif en opérations de banque et en services de paiement (Orias)
PartenairesMeero, Comet, Shine, Anytime, GeorgesTech et 25 autres
Levée de fonds2M €
Volume financé> 1M €
Effectif15