Mois après mois, le même constat : les taux immobiliers sont toujours plus bas, battant chaque fois de nouveaux records. En octobre, la plupart des courtiers évoquent toutefois de plus rares évolutions de la part des banques, laissant penser à une stabilisation.

Situation étonnante en ce début octobre. Habituellement, en début de mois, les sociétés de courtage en crédit se battent à pour être la première à dévoiler leur baromètre mensuel. Cette fois, le 5 octobre en milieu de journée, pas ou peu de baromètres. Si les courtiers tardent à communiquer, c’est parce que les banques tardent à leur envoyer leurs nouveaux barèmes de taux fixes.

A l’image de Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux, tous ou presque s’accordent sur le même ressenti : l’entrée dans une période de stabilisation. « Sur les taux mini, ceux proposés aux meilleurs profils, il n’y a pas de changement », témoigne Cécile Roquelaure, directrice des études chez Empruntis, qui n’a pas encore communiqué ses statistiques mensuelles. « C’est la première fois depuis 9 mois ! »

« Il semblerait que le plancher ait été atteint »

« Compte tenu des fortes baisses appliquées en septembre, les taux devraient plutôt entrer dans une phase de stabilisation », juge Sandrine Allonier, directrice des relations banques de VousFinancer, qui se contente d’une analyse générale, faute d’avoir reçu suffisamment de « barèmes » de la part des banques. Même son de cloche chez Immoprêt, qui relève tout de même de nouvelles baisses en octobre dans son baromètre : « Pour résumer, les taux restent à des niveaux particulièrement favorables aux emprunteurs, mais il semblerait que le plancher ait été atteint. » Un discours qui a pourtant été dit et répété à la fin du printemps et au début de l’été.

Lire à ce propos : Les taux immobiliers peuvent-ils encore baisser ?

Pourquoi, cette fois, faudrait-il croire à la fin de la baisse, ou du moins à une atténuation ? « En fin d’année, la période est moins propice à la surenchère pour les banques », explique Cécile Roquelaure. « Et nous sommes déjà à des niveaux jamais connus, or les taux bas pèsent sur la rentabilité des banques, qui ont été à nouveau été rappelées à l’ordre par le Haut conseil de stabilité financière. »

Des taux au plus bas, toutes durées confondues

Où en sont les taux fixes ? Un prêt immobilier sur 15 ans s’est conclu en moyenne à 1,26% en septembre selon l’observatoire Crédit Logement-CSA, contre 1,34% en août 2016. Les crédits sur 20 ans se sont établis à 1,48%, à comparer avec les 1,57% du mois précédent, et les prêts sur 25 ans se sont négociés à 1,76% en septembre contre 1,86% en août. La baisse a donc effectivement été significative au mois de septembre.

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Du côté d’Empruntis, Cécile Roquelaure affirme que les « taux du marché » évoluent à la baisse, mais faiblement, en octobre, le taux sur 15 ans s'établissant selon cette enseigne à 1,40% et celui sur 20 ans à 1,60%. VousFinancer estime pour sa part les moyennes autour de 1,20% sur 15 ans, 1,50% sur 20 ans et 1,80% sur 25 ans en ce début octobre. Seul Cafpi évoque de nouvelles baisses notables avec des banques qui « continuent à se faire une concurrence sur les taux bas ».

« Difficile de lire dans la boule de cristal pour 2017 »

Et si les moyennes, établies sur la base des grilles de taux fournies par les banques, s’érodent en octobre, cette tendance ne profite pas à tout le monde, selon Cécile Roquelaure, d’Empruntis : « Ces évolutions sont dues à quelques enseignes qui revoient leurs barèmes à la baisse sur les profils premium, car elles n’étaient plus suffisamment compétitives sur ce public haut de gamme. »

La dégringolade, à des niveaux record, des taux semble toucher à sa fin ? L’heure n’est toutefois pas à la hausse, du moins pas en 2016. « Pour 2017, cela dépendra du contexte économique et politique, c’est difficile de lire dans la boule de cristal » selon Cécile Roquelaure. Le courtier Cafpi évoque lui « un grand point d’interrogation » concernant 2017 dans sa « météo des taux ». En attendant, les taux restent au beau fixe.

Mise à jour - Ajout des taux communiqués le 6 octobre.