Les prix de l'immobilier ont continué de grimper au premier semestre 2022 mais devraient commencer à ralentir sous l'effet de l'inflation, estiment les réseaux d'agences immobilières dans leurs points d'étapes.

Selon la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), qui prend en compte les données de ses agences franchisées mais aussi celles recueillies sur des portails en ligne, les prix au 1er juin ont augmenté de 7,1% sur un an. De leur côté, Orpi relève une hausse de 7% et Laforêt de 5,8%.

Les prix des maisons continuent d'augmenter plus vite que ceux des appartements, confirmant l'attrait du vert et de l'espace observé depuis le confinement du printemps 2020. Century 21 note ainsi une hausse de 10,7% sur un an pour les maisons, contre 7,4% pour les appartements.

Un ralentissement des prix à venir

Tous les réseaux d'agences s'accordent à prévoir un ralentissement des prix dans les mois à venir sous les effets conjugués de l'inflation, qui rogne le pouvoir d'achat des ménages, et de la hausse rapide des taux d'intérêt.

« Les contraintes financières, entre l'inflation, la montée des taux et le durcissement des conditions d'accès aux crédits, ont un réel impact sur la demande et sur le dynamisme du marché », constate Orpi.

« La question du pouvoir d'achat va devenir cruciale pour la très grande majorité des ménages, et le reste-à-vivre le point d'achoppement quand il s'agira de souscrire un emprunt auprès des établissements bancaires », estime le président de Century 21, Charles Marinakis.

Achat immobilier : les Français sont-ils déprimés par la question du logement ?

« Je pense que cette dynamique de prix est quand même en train de s'inverser, de fléchir, tout naturellement parce que les acquéreurs sont beaucoup plus attentifs qu'ils ne l'étaient il y a un an », a également observé Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.

Professionnels : les offres en ligne les moins chères pour limiter vos frais bancaires

Ainsi, le nombre de compromis de vente signés dans les agences Fnaim a reculé de 6% en mai, ce qui devrait peser sur les ventes à venir. Laforêt observe de son côté que davantage d'acquéreurs négocient les prix, signe d'un marché moins dynamique.

« Sur un marché haussier, les acquéreurs négocient le moindre défaut. Ils ont également davantage d'exigences en ce qui concerne l'implantation géographique, l'orientation, la luminosité, l'isolation ou les équipements présents dans le logement », note Laforêt.

Les prix à l'achat, toujours élevés, sont favorables aux ménages qui ont un apport conséquent pour les financer : les plus âgés, dont la part parmi les acquéreurs augmente selon Century 21, et les « secundo-accédants » qui financent leur achat en vendant leur bien précédent.