Action Logement, géant français du logement social, a présenté mercredi des comptes florissants pour 2019, en pleine polémique avec l'Etat qui compte prélever un milliard d'euros à cet organisme géré par le patronat et les syndicats.

L'an dernier, le bilan d'Action Logement s'est établi à 88,4 milliards d'euros et son bénéfice net à 1,4 milliard, selon un communiqué de l'organisme. Ces chiffres donnent non seulement la mesure du rôle gigantesque joué par Action Logement dans le logement français - il revendique de loger 4 millions de personnes dans plus d'un million de logements -, mais marquent aussi une nette progression du bilan et du bénéfice par rapport à 2018.

1 milliard d'euros en moins pour l'an prochain

L'organisme paritaire, financé par une taxe prélevée auprès des entreprises, met notamment en avant sa capacité à construire des logements, au moment où le gouvernement compte lui prélever un milliard d'euros pour alimenter le budget de l'an prochain. Le gouvernement a justifié ce prélèvement en promettant de l'affecter uniquement aux aides au logement et en soulignant qu'Action Logement avait à sa disposition d'importantes réserves financières. De fait, le groupe a fait état mercredi d'une trésorerie de neuf milliards d'euros.

Ces comptes « reflètent une capacité financière solide mais en adéquation pour poursuivre les actions déjà engagées », s'est justifié le groupe, évoquant notamment un vaste programme d'aide au logement des salariés, lancé l'an dernier et prévoyant au total neuf milliards d'euros de dépenses. Les activités de l'organisme « s'appuient sur un modèle unique et original qui exige une robustesse financière pérenne », a-t-il insisté. « Le projet de ponction de l'Etat (...) impactera ce niveau ambitieux d'engagements. »

Économisez jusqu'à 50% sur votre assurance emprunteur

La polémique entre Action Logement et le gouvernement, qui a aussi renoncé à lui verser une aide de 300 millions d'euros, va par ailleurs au-delà des aspects financiers. La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a fait part de l'intention du gouvernement de réformer la « gouvernance » de l'organisme, géré de concert par patronat et syndicats, un souhait qui fait naître des craintes de reprise en main par l'Etat au sein du groupe et d'autres acteurs du logement social.