Les permis de construire des logements ont poursuivi leur recul en France entre juin et août, de même que les mises en chantier, malgré une amélioration dans les deux cas en fin de période, selon des chiffres officiels publiés ce 27 septembre.

Entre juin et août, 113 500 nouveaux logements ont été autorisés, soit un déclin de 2,5% par rapport à la même période en 2018, selon les chiffres mensuels du ministère de la Cohésion des Territoires, dont dépend le logement. Pour les mises en chantier, la baisse est de 3,8% à 86 800. Ces évolutions confirment la tendance générale à la baisse observée depuis environ deux ans, que ce soit en matière de mises en chantier, soit la construction effective de logements, ou les permis, qui en donnent une idée avancée.

Toutefois, le mois d'août a été marqué par une petite amélioration – sur la période mai-juillet, les chiffres du ministère faisaient état de reculs respectifs plus marqués pour les permis comme les mises en chantier. Sur juin-août, selon les derniers chiffres en date, la situation s'est notamment améliorée pour les maisons, dont le nombre de permis augmente par rapport à un an plus tôt : +3,4% pour celles qui n'appartiennent pas à un programme plus large - c'est l'essentiel du marché - et +2,8% pour les autres.

Des conditions d'emprunt à la rescousse du bâtiment

Le secteur du bâtiment a récemment évoqué cette amélioration, estimant qu'elle était avant tout due à des conditions bancaires très favorables : le niveau des taux d'intérêt est à son plus bas niveau historique et devrait le rester plus longtemps qu'attendu.

Des économistes évoquent un autre facteur : une aide importante à la propriété, le prêt à taux zéro, va voir son périmètre réduit en 2020 - une mesure confirmée dans le budget annoncé vendredi - et les acheteurs de maisons, particulièrement concernés par ce dispositifs, se dépêchent d'en profiter.

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De leur côté, les immeubles voient leur permis continuer à décliner (-4,3%) entre juin et août. Les promoteurs immobiliers en accusent à la fois la timidité des élus à l'approche des municipales de 2020 et une hausse des coûts de construction, qui pousse à retarder voire renoncer à des opérations.

« Les chiffres de la construction de ce mois de septembre 2019 restent décevants en tendance », a jugé dans un communiqué Alexandra François-Cuxac, présidence de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). « Au final, les grands perdants sont les ménages et les salariés du secteur (du bâtiment). »