Au deuxième trimestre, les prix sur le marché immobilier ancien ont reculé de 0,8% par rapport à la même période de l'année précédente, selon l'indice Notaires-Insee de référence publié mardi. Lors des trois premiers mois de 2026, les prix étaient restés stables sur un an, après avoir progressé de 1,1% au cours de l'année 2025.

Côté volumes, 958 000 transactions de logements anciens ont été enregistrées de juillet 2025 à juin 2026, un niveau équivalent à celui observé d'avril 2025 à mars 2026. « Le volume annuel de transactions s'est redressé entre octobre 2024 et décembre 2025, après une baisse continue depuis la fin avril 2022 », début de la crise du secteur en raison de la hausse des taux d'intérêt, et « se stabilise depuis le début de l'année » 2026, précise l'Insee.

Taux d'intérêt à presque 4%

« Si on considérait au trimestre précédent que ces chiffres étaient malmenés plutôt par le contexte international, et surtout par un contexte géopolitique anxiogène (...), c'est plutôt le contexte national et surtout politique qui est aujourd'hui à l'œuvre », estime Elodie Frémont, présidente de la commission statistiques immobilières des notaires du Grand Paris. « Les acteurs de l'immobilier sont suspendus à la campagne électorale présidentielle avec des effets d'annonce des candidats », qui suscitent des questions adressées aux notaires, a-t-elle complété.

« La guerre au Moyen-Orient a été un effet détonateur » et fragilise le pouvoir d'achat des ménages, souligne de son côté Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), qui décèle aussi des incertitudes créées par « la campagne présidentielle à venir » en France. La guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures depuis fin février, avec à la clé un regain d'inflation qui contribue à pousser les taux d'intérêt vers le haut.

Le taux moyen accordé aux nouveaux crédits immobiliers en France a augmenté au mois de juin pour atteindre 3,27%, hors assurance, selon les dernières données disponibles de la Banque de France. Il faut remonter à février 2025 pour retrouver un taux comparable. Tous frais compris, le taux d'intérêt s'élevait à 3,97% au deuxième trimestre pour les prêts de 20 ans et plus.

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Mi-2022, c'est la remontée des taux d'intérêt qui avait été l'élément déclencheur de la grave crise du marché immobilier, qui a touché aussi bien les logements anciens que la construction neuve.

Baisse des prix des maisons

Dans le détail des prix, ceux des appartements sont quasi stables (-0,1%) au deuxième trimestre mais la valeur des maisons s'est repliée de 1,3% sur un an. « Les maisons sont directement impactées par la nécessité d'entreprendre des travaux de rénovation énergétique » et une mauvaise note au diagnostic de performance énergétique « a un impact sur les prix », explique Loïc Cantin.

En Île-de-France, les prix ont baissé de 0,3%, tirés vers le bas par les maisons (-1,5%) tandis que les appartements ont gagné de la valeur (+0,3%). Le prix moyen des appartements franciliens s'établit à 6 130 euros par m², et atteint 9 560 euros par m² à Paris, selon la chambre des notaires du Grand Paris.

Le marché francilien est « fragile » avec « une très lente progression de l'activité », relève Élodie Frémont. « L'activité reprend prudemment, puisque dépendante d'un environnement économique incertain et d'une confiance dégradée des ménages. Il nous est vraiment difficile de présager avec certitude une consolidation pérenne du marché, tant le contexte politique présidentiel pèse sur cette confiance », prévient-elle.

Dans les autres régions, les prix baissent aussi, de 1% sur un an, avec une baisse plus marquée pour les maisons que pour les appartements. L'indice a par ailleurs révisé à la baisse la variation des prix au premier trimestre 2026 par rapport aux trois mois précédents, qui passe de +0,2% à -0,2%.

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