Les grands groupes technologiques, qui investissent des milliards de dollars dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des centres de données qu’elle requiert, se présentent volontiers comme des champions du climat. Selon eux, l’électricité colossale qu’ils consomment serait majoritairement « verte » : bas carbone, issue de sources renouvelables ou nucléaires.
La réalité est plus nuancée. Les centres de données doivent fonctionner en continu, 24 heures sur 24, 365 jours par an. Or, les énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire, ne garantissent pas à elles seules une alimentation stable, sauf à investir massivement dans des capacités de stockage par batteries. Mais ces solutions restent limitées, tant sur le plan économique que physique. En cas d’épisode météorologique défavorable prolongé — plusieurs jours sans vent ni soleil — les capacités de stockage actuelles ne suffisent pas.
En pratique, les nouvelles infrastructures dédiées à l’IA seront certes alimentées par des parcs éoliens et surtout solaires, plus rapides et plus simples à déployer, mais aussi par des centrales à gaz, capables d’assurer une production pilotable et continue.
Au Texas seulement, près de 58 gigawatts de capacités de production à partir de gaz naturel seraient ainsi en projet ou en construction, selon les dernières estimations de Global Energy Monitor.