jabsol
Contributeur régulier
Je comprends l'existentialisme, mais le problème est qu'il met en faisant cela la pensée hors du champ matériel et causal (en invocant un choix, une volonté etc... qui nous serait donnée par je ne sais quelle magie).Jaumep a dit:Désolé de te relancer sur ce dernier point ( …il faut invoquer un esprit hors du champs matériel…).
C’est précisément contre ce raisonnement que j’évoquais ( peut-être pas de manière très claire) le point de vue de l’existentialisme ( La difficulté c’est le vocabulaire qui est vite ambiguë).
Selon ce point de vue on peut parfaitement partir d’un « constat matérialiste » sans exclure la possibilité de libre arbitre.
Pour l’existentialisme l’homme est bien un « produit » de l’évolution, une construction issue du hasard et de la nécessité pour paraphraser Jacques Monod.
Ces facultés particulières ( intelligence, conscience et capacité d’abstraction fortes ) il les tient du processus évolutif comme le cheval ses sabots et elles sont bien ( ces facultés) dans le champs de la physique; on parle de données existentielles (disons physiques ou matérielles pour rester dans le vocabulaire que tu emploies).
Cependant, il se trouve ( c’est finalement un hasard) que ces facultés dont l’homme a hérité du processus évolutif, et qui font de lui un « animal pensant », l’autorise par là même, à se penser, à développer un univers mental subjectif, personnel ; du coup, il devient apte à se définir librement en essence ( qui n’est pas l’intelligence ou l’esprit mais la part la plus intime, la plus subjective de chacun, l’âme si on veut un vocabulaire religieux).
C’est cette part de soi-même qu’on peut construire librement avec les « outils » hérités de notre parcours évolutif.
C’est en ça que l’existentialisme pose que « l’existence précédente l’essence » au contraire des points de vue religieux ou métaphysiques qui posent que l’essence ( entité non physique) est consubstantielle à l’homme.
Certains individus vivent spirituellement pour échapper au matérialisme du monde; peu importe qu’eux-mêmes soient des « produits » de l’évolution, des amalgames d’atomes et le siège d’interactions chimiques, ils décident de vivre en spiritualité.
D’autres font des poèmes et y trouvent une échappatoire effective à leur assignation biologique, d’autres font la guerre ou se choisissent une vie de violence, pour les mêmes raisons.
Le point de départ ( le constat existentiel) est matérialiste mais cette réflexion ouvre sur une part de liberté non déterminée.
Pour reprendre une citation célébre : l'homme peut faire ce qu'il veut (là on se rejoint) mais... il ne peut pas vouloir ce qu'il veut (autrement dit ses 'choix' sont des illusions).
Peut-on choisir d'être déprimé ? de bonne humeur ? d'avoir faim ?
non, cela s'impose à nous comme tout le reste et c'est là où l'existentialisme ne tient pas la route.
Si nous avons un choix alors il faut expliquer comment ce choix apparaitrait en dehors des chaines causales, et c'est à ce jour tout simplement incohérent avec les expériences et les connaissances scientifiques sur le cerveau.
On ne construit rien par notre 'volonté', ce que l'on fait s'impose à nous (ce que l'on appelle l'inconscient) et seulement ensuite on se raconte une histoire en disant c'est ma volonté de faire cela.
Autrement dit si certains font de la poesie, la guerre des sciences etc... c'est qu'ils ne pouvaient tout simplement pas en être autrement, ca n'est que le résultat des 80 milliards de neurones configurés par hasard à un instant t de leur naissance et qui se sont ensuite configurés suivant les événements).
On se raconte des histoires (j'a ifait cela, j'ai reflechi ... etc..) pour à postériori expliquer nos actes.
C'est un fait scientifique avéré :
- notre cerveau décide d'actions et seulement ensuite on en prend conscience et on essaie de les expliquer.
La position des philosophes, dont Sartre, et de penser que cela se fait dans l'ordre inverse : on choisit puis on agit.
J'aurai aimé sur le plan intellectuel qu'il en soit ainsi, mais malheureusement c'est faux.
Dernière modification:
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, c'était d'ailleurs un trait d'humour
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. Je suis à tes ordres pour re-balancer quelques pruneaux ! Au choix : CSG ? Echec de l'anticipation des soixante-huitard ? Natalité ? Prix de l'immo ? Transfert des richesses , Salaire trop bas (récemment confirmé d'ailleurs), pyjama devant Netflix ?
) ? Leur faculté à ne pas reconnaitre qu'ils ont tort ?








