On pourrait être séduit par une partie du programme économique du Rassemblement national, qui promet de nombreuses réductions fiscales en faveur des entreprises : baisse des impôts de production, exonération de cotisations sociales sur les augmentations générales de salaires de 10 %, exonération de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans pour les entreprises créées par des jeunes de moins de 30 ans,
Le problème est que ces allègements fiscaux, ajoutés à d’autres mesures particulièrement coûteuses comme le retour de l’âge légal de départ à la retraite entre 60 et 62 ans ou les baisses de TVA aggraveraient fortement la situation déjà fragile des finances publiques françaises.
Selon l’Institut Montaigne, le programme présenté par le RN lors des élections législatives de 2024 aurait creusé le déficit public de la France d’environ 71 milliards d’euros.
Cette estimation s’explique notamment par le caractère incertain des économies annoncées en parallèle : certaines apparaissent très hypothétiques, comme les gains attendus d’une réduction de l’immigration ou d’une baisse de la contribution française à l’Union européenne ; d’autres restent particulièrement vagues, à l’image des coupes envisagées dans les agences publiques, les collectivités territoriales ou de l’intensification de la lutte contre la fraude.