Les ventes sont « bien orientées » en 2015 selon la dernière analyse trimestrielle du Crédit Agricole sur limmobilier résidentiel. Les transactions augmentent aussi bien dans lancien que dans le neuf, même si les volumes restent inférieurs aux « très dynamiques » années 2010 et 2011. Olivier Eluère, économiste au Crédit Agricole, juge toutefois « prématuré » de parler de « reprise durable » car lembellie sexplique avant tout par « deux facteurs conjoncturels » : les mesures publiques de soutien et les taux d'intérêt bas pour les prêts à lhabitat.
Taux de crédit : leffet daubaine pourrait retomber
Les dispositifs publics quévoque Olivier Eluère sont le PTZ, lincitation fiscale à linvestissement locatif (Pinel) ou encore labattement de 30% sur les plus-values de cessions de terrains. Ces mesures sont selon lui clairement à lorigine de la reprise des ventes dans le neuf. Dautres facteurs conjoncturels négatifs (chômage, croissance faible, etc.) affectent toutefois les effets de ces mesures.
Mais si le Crédit Agricole se montre mesuré quant au redécollage du marché immobilier, cest avant tout parce que les taux dintérêt devraient remonter, lentement et progressivement, en 2016. Or, actuellement, « une partie des acheteurs se décide à acheter car les taux de crédit sont très bas », jugés « proches de leur plancher ». Cet « effet daubaine », profitable en 2015, va donc sessouffler en 2016. Une légère remontée des taux pourrait alors entraîner « un certain attentisme et un tassement des ventes dans lancien ».
Des prix qui restent « surévalués »
Lautre élément empêchant une reprise franche et durable, cest le niveau « élevé » des prix, qui restent encore aujourdhui « surévalués » selon lauteur de ce rapport, Olivier Eluère. Cette tendance des vendeurs à proposer des prix trop élevés se régule petit à petit : les prix étaient surévalués « de près de 20% début 2012 », contre « 0% à 5% début 2015 » selon le service études économiques de la banque. La correction des prix affichés devrait donc se poursuivre. La banque verte pronostique ainsi une baisse de 1% sur un an à la fin 2015, et à nouveau une baisse de 1% sur lannée 2016. Pour une « baisse cumulée » de 9% entre 2011 et 2016.
« Plutôt que de reprise [du marché immobilier], il vaut donc mieux parler dun rebond en 2015, suivi en 2016 dune stabilisation voire dun léger repli », conclut ainsi Olivier Eluère. Tablant sur une lente inflexion du taux de chômage en 2016 et 2017, léconomiste estime que la « reprise durable du marché », avec un véritable retour des primo-accédants à revenu modéré, savère « plutôt envisageable à lhorizon 2018-2019 ».
















