Deux sondages différents, quasiment aux mêmes dates, pour un constat unique : lorsquon les questionne sur lassurance emprunteur, plus de 6 Français sur 10 avouent ne pas connaître la loi Hamon. Publiées un an après son entrée en vigueur, les deux études commanditées par lassureur Metlife et le courtier Le-partenaire.fr confirment donc en premier lieu le déficit de notoriété de cette mesure visant à stimuler la concurrence sur le marché de lassurance emprunteur, en permettant aux acheteurs de changer dassureur jusquà un an après la signature de leur offre de prêt immobilier.
« Plus de la moitié (53%) des personnes interrogées nont pas encore conscience quelles peuvent changer dassurance emprunteur après avoir souscrit un contrat dassurance de prêt auprès de leur établissement bancaire », ajoute-t-on chez Metlife. « En outre, presque trois quarts des répondants avouent ne jamais avoir pensé changer dassurance emprunteur ou ne pas savoir pourquoi ne pas en avoir changé » ! Constat similaire chez Le-Partenaire.fr, dont le sondage indique que seulement 45% des personnes interrogées (1) pensent pouvoir faire des économies avec ce dispositif. Pourtant, cest bien le gain financier qui semble être le principal moteur pour un éventuel changement dassurance (à 54% selon le sondage Metlife), assez nettement devant laccès à de meilleures garanties.
Loi Hamon : « pratiquement pas dincidence »
« Les dispositions Hamon semblent davantage avoir mobilisé les professionnels du secteur banque et assurance que les consommateurs eux-mêmes, » déclare ainsi Joël Farré, DG de Metlife France pour résumer la situation actuelle. « La loi na pratiquement pas eu dincidence sur le nombre de délégations, » affirme même Le-Partenaire.fr, avec « à peine 3 emprunteurs sur 10 [qui] font appel à un assureur autre que celui de létablissement prêteur ». Et encore : cette proportion est calculée sur léchantillon constitué par le courtier pour son sondage (composé dinternautes intéressés par un prêt immobilier et de clients du courtier). La dernière statistique nationale sur le sujet, issue de lassociation française de lassurance, fait état en 2013 dun taux de délégation stagnant à 15% pour lassurance emprunteur.
Conjonction de facteurs favorables
Chez Metlife, on semble toutefois optimiste à court terme : lassureur annonce une hausse de près de 50% de son volume daffaires nouvelles en assurance emprunteur individuelle à juin 2015 par rapport à juin 2014. « Saluons leffort de transparence du marché pour une meilleure lisibilité des niveaux de garanties proposés qui bénéficie pleinement à notre activité, en particulier dans un contexte favorable de faibles taux, » ajoute Joël Farré, évoquant la conjonction de deux facteurs ayant toutes les chances de contribuer au développement de la délégation dans les mois à venir : lentrée en vigueur au 1er octobre prochain dun arrêté définissant le format et le contenu de la nouvelle fiche standardisée dinformation qui doit être remise aux emprunteurs (pour faciliter la comparaison des contrats). Et, en parallèle, des taux dintérêts du crédit immobilier qui, malgré un début de remontée, promettent de rester à des niveaux très compétitifs jusqu'en 2016. Rendant de fait les économies potentielles sur l'assurance emprunteur plus « visibles » pour les emprunteurs soucieux doptimiser le coût global de leur crédit, par rapport à ce qu'ils pourront négocier sur le taux d'intérêt.
En savoir plus : combien la délégation dassurance emprunteur peut vous rapporter
(1) Létude menée par Le-Partenaire.fr a été « réalisée par mail et téléphone auprès de 1.278 personnes du 17 au 28 juillet 2015 », échantillon provenant « dun formulaire envoyé à nos internautes intéressés par un prêt immobilier et une assurance, et de nos clients courtage en financement. » Le sondage Metlife/Toluna a quant à lui été réalisé en ligne le 22 juillet 2015 sur une base de 1.000 personnes.















