En mai 2026, les taux de crédit immobilier évoluent à nouveau à la marge, dans un contexte de marché partagé entre stabilisation et légères tensions. Une situation qui reflète des stratégies bancaires contrastées, mais qui reste globalement favorable aux emprunteurs capables de négocier.

Selon les données des courtiers, les taux moyens se maintiennent à des niveaux proches de ceux observés en avril, avec toutefois de légers ajustements à la hausse selon les profils. En moyenne, les taux tournent autour de 3,20% sur 15 ans, 3,38% à 3,42% sur 20 ans et entre 3,50% et 3,65% sur 25 ans. Dans le détail, Pretto évoque des taux de 3,27% sur 15 ans, 3,42% sur 20 ans et 3,50% sur 25 ans. Des niveaux semblables à ceux relevés par Meilleurtaux.

Les taux moyens dans les banques début mai

  • Sur 15 ans : 3,20% d'après Meilleurtaux; 3,30% chez Empruntis; 3,27% pour Pretto.
  • Sur 20 ans : 3,38% d'après Meilleurtaux; 3,50% chez Empruntis; 3,42% pour Pretto.
  • Sur 25 ans : 3,50% d'après Meilleurtaux; 3,65% chez Empruntis; 3,50% pour Pretto.

Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.

Le mois de mai se distingue par des politiques commerciales très différentes d'un établissement à l'autre. Certaines banques relèvent leurs taux de 10 à 20 points de base, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et une remontée des coûts de refinancement.

À l'inverse, d'autres acteurs font le choix de baisser leurs grilles pour rester compétitifs et capter de nouveaux dossiers. Ce jeu d'ajustements rapides crée un effet de « yoyo » sur les barèmes, avec des écarts significatifs selon les profils et les réseaux.

« Le yoyo qu'on observe sur les barèmes illustre bien le marché actuel : un crédit immobilier piloté de très près par les banques, qui peuvent revenir rapidement dans la course lorsqu'elles veulent capter des dossiers. Pour les emprunteurs, ce n'est pas un signal négatif, au contraire : cela renforce l'intérêt de comparer », analyse Pierre Chapon, cofondateur de Pretto.

Dans ce contexte, la concurrence reste vive et les marges de négociation bien réelles. Pour un même projet, les différences de taux peuvent encore atteindre plusieurs dizaines de points de base, avec à la clé des écarts de coût du crédit pouvant dépasser 10 000 euros.

Une stabilité qui masque des tensions

En toile de fond, l'environnement financier reste incertain. L'OAT à 10 ans, référence pour les taux immobiliers, se stabilise autour de 3,6% à 3,7%, après les tensions observées en avril. Mais cette accalmie ne dissipe pas totalement les inquiétudes. Certains acteurs anticipent un possible durcissement des conditions de financement dans les prochains mois, notamment en raison des risques inflationnistes et d'éventuelles hausses de taux directeurs.

Meilleurtaux alerte également sur un point de vigilance : le taux d'usure. S'il ne bloque pas encore le marché, son évolution pourrait redevenir problématique pour certains profils, notamment les emprunteurs les plus fragiles ou ceux présentant un coût d'assurance élevé.

Taux d'usure : jusqu'à 1 crédit immobilier sur 5 bientôt refusé ?

Malgré ces incertitudes, le marché du crédit immobilier reste accessible pour les emprunteurs bien préparés. Dans ce contexte, les banques continuent de soutenir la production de crédit, notamment via des offres ciblées et des conditions négociées. Plus que jamais, la qualité du dossier (apport, stabilité des revenus, reste à vivre) et la mise en concurrence des établissements restent déterminantes pour obtenir les meilleures conditions.

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