Lundi 4 juillet, Olivier Klein a été nommé ministre délégué à la ville et au logement, sous la houlette de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Si le secteur de l'immobilier salue la nomination ces deux interlocuteurs, de nombreux dossiers doivent être rapidement traités.

« Connaissant les compétences de Monsieur Olivier Klein, nous sommes satisfaits de sa nomination. » Du côté de l'association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV), comme du côté de nombreux autres acteurs du secteur, la nomination d'Olivier Klein au poste de ministre délégué à la ville et au logement est saluée. « Pragmatique », « fin connaisseur des dossiers », « maire bâtisseur »... les adjectifs ne manquent pas depuis sa prise de poste, lundi 4 juillet, sous la houlette de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Le monde du logement salue l'arrivée d'un ministre délégué, Olivier Klein

Henry Buzy-Cazaux, président de de l'Institut du management des services immobiliers, dresse le portrait d'un homme qu'il estime taillé pour le poste : « Prendre un maire (Olivier Klein est maire de Clichy-sous-Bois depuis 2020) c'est un bon choix, dans la mesure où ils ont un rôle important à jouer dans la question du logement. Ce sont par exemple eux qui signent les permis de construire. De plus, il connait le sujet de la rénovation environnementale et urbaine. Il était à la tête de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), qui est un outil déterminant de la politique du logement aujourd'hui. Enfin, c'est un homme avec une sensibilité sociale. »

Muni de toutes ces qualités, le nouveau ministre va devoir s'employer à trouver des solutions à bon nombre de dossiers. Autant dire que l'été d'Olivier Klein s'annonce chargé. MoneyVox fait le point sur les sujets que les acteurs du secteur espèrent voir évoluer rapidement.

Dossier n°1 : la lutte contre l'inflation

C'est sans doute le chantier le plus urgent. « Il faut amortir la violence des conséquences de l'inflation », confirme Henry Buzy-Cazaux. Limiter la hausse des loyers ou les geler purement et simplement ? Pour le moment, c'est la première option qui a été retenu, avec un plafonnement à 3,5% maximum. « On considère que tout le monde fait un effort et que l'approche est raisonnable », a commenté Jean-Marc Torrolion, président de la Fnaim. « Le pari est raisonnable », selon lui, « il permettra d'amortir les effets de l'inflation sur cette période pénible exceptionnelle que nous vivons ».

« Nous sommes toujours pour un gel des loyers qui redonnerait un semblant de pouvoir d'achat aux locataires, assure de son côté la CLCV. En ce qui concerne des mesures plus ciblées, nous sommes aussi pour un encadrement des loyers comme c'est déjà le cas à Paris, Lyon ou Bordeaux. » L'association de consommateurs souhaite également « une prolongation du bouclier tarifaire du gaz au moins jusqu'à juin 2023 et une réflexion plus large concernant une prolongation du tarif réglementé des prix du gaz. »

Dossier n°2 : revoir le calendrier de la transition énergétique

Une mise en location interdite pour les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) à compter de 2025, 2028 pour les logements classés F et 2034 pour les logements classés E : le calendrier imposé par la loi Climat et résilience de 2021 inquiète. La Fnaim évalue que d'ici 2034, 4,7 millions de logements sortiront ainsi du parc locatif privé si rien n'est fait d'ici-là. Et alors que le gouvernement table sur 700 000 rénovations par an, beaucoup jugent le projet difficilement tenable. « Pour l'instant, ce que l'on voit, c'est que 700 000 personnes utilisent Ma Prime Rénov' chaque année, mais ça ne veut pas dire que 700 000 logements sont rénovés tous les ans », alerte la Fnaim.

Gel des loyers, interdiction de location : le calendrier des sanctions du nouveau DPE

Pour Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux, il est urgent de revoir le calendrier : « On ne va pas pouvoir imposer aussi vite à des propriétaires des obligations aussi impactantes, sur leurs finances notamment. Il ne faut pas oublier que parmi les propriétaires bailleurs, il y en a beaucoup qui ont des crédits immobilier sur le dos. On ne peut pas considérer que tout bailleur a les moyens de faire ces travaux en un temps record. »

D'autant que la question du manque de matériaux et d'artisans est également présente. « Déjà très sollicitée, la filière risque de l'être davantage demain avec le chantier de la rénovation, pointe la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers (CDI-FNAIM). L'emploi est d'ores et déjà un enjeu majeur et souvent même un frein pour le développement des entreprises du secteur. »

DPE, audit énergétique... Avec ces nouvelles obligations, « la meilleure solution est de vendre mon logement »

De son côté, Henry Buzy-Cazaux estime que « le précédent quinquennat a permis de fixer un cap. Désormais, il faut le mode d'emploi, savoir comment on va mettre en place cette politique ambitieuse. Jusqu'ici on nous a dit voici ce qu'il faut faire, désormais il va falloir nous dire comment on le fait. »

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Dossier n°3 : une hausse du taux d'endettement pour certains biens

A l'occasion d'un point presse consacré aux ménages exclus du crédit immobilier, le courtier Pretto a livré ce mardi une proposition qui pourrait permettre de faire avancer la transition écologique dans le logement : faire passer le taux d'endettement maximal de 35% à 38% « pour le financement de travaux d'efficacité énergétique, ou directement l'achat de biens à forte efficacité énergétique. » Avec un argument choc : cette hausse n'augmentera pas le risque du crédit, « grâce à la réduction de la facture d'énergie et à la conservation de la valeur de l'actif dans le temps. »

Dossier n°4 : améliorer l'équilibre des territoires

Un dossier qui s'inscrit plus largement dans la question de l'accès au logement. Offre de logements insuffisante, cherté des prix, aussi bien pour les loyers qu'à l'achat... Autant de problématiques qui pourraient trouver des réponses dans le rééquilibrage des territoires. « Les Français s'intéressent aux villes moyennes et aux communes rurales, il faut les accompagner, assure Henry Buzy-Cazaux. Une offre plus importante dans ces villes fera baisser les prix et supprimera les tensions de marché. »

Dossier n°5 : le taux d'usure maintenu, jusqu'à quand ?

Le 1er juillet, le taux d'usure, au-dessus duquel les banques n'ont pas le droit de prêter, a été rehaussé, comme chaque trimestre (de 2,40% à 2,57%). Mais le ministère de l'Economie a décidé de ne pas toucher au mode de calcul, ce que réclamait pourtant banques et courtiers. « En janvier, on avait des taux à 1,10% et un taux d'usure à 2,41%, aujourd'hui on a des taux à 2% et un taux d'usure à 2,57%, pose Maël Bernier. Ce n'est pas possible, il n'y a plus rien qui passe. » Car à ce taux nominal s'ajoute les frais de dossiers, l'assurance emprunteur... Bien souvent, le taux global du crédit (TAEG) dépasse donc le taux d'usure.

Si la Banque de France assure n'avoir vu aucun blocage dans l'octroi de crédit, banques et courtiers assurent qu'il a déjà lieu et qu'il sera de plus en plus visible au fil des mois. Au point de forcer le gouvernement à faire machine arrière sur la question du mode de calcul du taux d'usure ?

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