L'Agence nationale pour l'information sur le logement (Anil) a traité en 2021 plus de 50 000 dossiers liés à des impayés de loyers. Les particuliers qui font appel à cet organisme sont souvent en situation de précarité. Y compris parmi les propriétaires.

Les loyers impayés restent un problème majeur en France. En 2021, 50 144 personnes ont consulté une section départementale de l'Anil, l'Agence nationale pour l'information sur le logement, pour le non-versement de loyers, selon un rapport publié jeudi 23 juin et relayé par Les Echos. C'est certes moins qu'en 2020, année au cours de laquelle 53 000 consultations avaient été recensées. Mais cela représente une augmentation de 6% par rapport à 2019.

Autre constat de ce rapport : les particuliers qui contactent les Adil (sections départementales) pour des impayés sont plus précaires qu'auparavant. En 2021, 26% d'entre eux touchaient les minima sociaux. Cette part était de 22% en 2020, et de 24% en 2019. Et cette tendance ne touche pas seulement les locataires. « Les bailleurs consultant les Adil sont [...] concernés par cette précarisation, au même titre que les locataires », indique l'organisme.

Économisez jusqu'à 70% sur votre assurance emprunteur

Beaucoup de retraités confrontés aux impayés

17 % des bailleurs particuliers perçoivent ainsi des minima sociaux comme le minimum vieillesse. Pour nombre de retraités consultant l'Anil, la perception d'un loyer permet d'apporter un complément à une faible pension de retraite. Plus d'un tiers des propriétaires qui contactent l'Anil pour un retard ou un impayé de loyer ont ainsi plus de 60 ans.

« Ça ampute beaucoup de pouvoir d'achat »... La hausse des APL et le blocage des loyers font polémique

Particularité de ces bailleurs privés touchés par des problèmes d'impayés : ils fonctionnent davantage à « la confiance » qu'aux « dispositifs de garanties », pointent les conseillers en économie sociale familiale (CESF) audités par l'Anil. Pourtant, il existe la garantie Visale. Gratuite et appliquée aux locataires de 18 à 30 ans ou toute personne rémunérée jusqu'à 1 500 euros, elle permet de couvrir jusqu'à 1 300 euros de loyers (1 500 euros en région Île-de-France) dans la limite de 36 mensualités impayées dans le parc privé. Le bailleur privé peut aussi souscrire une assurance, mais à ses frais, ou demander une caution à son locataire.