Alors que Bercy a annoncé la mise en place d'un « bouclier loyer » limitant la hausse des prix à 3,5% sur l'année et une augmentation des APL dans les mêmes proportions, les associations de consommateurs militent toujours pour un gel pur et simple des loyers.

Augmenter de 3,5% les aides personnelles au logement (APL) et limiter les bailleurs à une augmentation des loyers de 3,5% maximum au second semestre 2022 et au premier semestre 2023 : voici les deux mesures que veut mettre en place le gouvernement face à l'inflation et aux difficultés de certains ménages.

Selon Bercy, « ce bouclier loyer » devrait permettre à « un ménage type payant un loyer de 800 euros par mois d'économiser à peu près de 200 euros en fin d'année malgré l'inflation ». Les bailleurs pourront cependant répercuter une partie de l'inflation (+5,9% en juin), le gouvernement estimant que les propriétaires sont aussi touchés par le phénomène, avec des charges d'entretien en augmentation, ou encore quand ils veulent effectuer des travaux de rénovation énergétique dans leur logement.

Des mesures insuffisantes pour les associations de consommateurs

Une tentative de compromis bien loin de convaincre les associations de consommateurs. « Pour un loyer de 600 euros par mois, qui est le loyer moyen pratiqué, cela représente une hausse de 21 euros par mois, soit 252 euros à l'année pour le locataire, ça ampute beaucoup de pouvoir d'achat », calcule David Rodrigues, juriste en charge du logement à l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), dans Le Parisien. Il faut dire que la CLCV milite depuis plusieurs semaines pour un gel des loyers, qui aurait selon elle un véritable impact dans la lutte contre l'inflation.

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« Il aurait fallu limiter cette hausse à 1,5% voire 2% et créer un bouclier APL revalorisé de 10% pour rattraper les coupes des dernières années. D'autant que ces aides au logement, qui visent 6 millions de ménages dans le besoin, sont extrêmement bien ciblées », plaide pour sa part Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre.

Du côté des propriétaires, les mesures annoncées par Bercy ce lundi matin sont mieux accueillies. Pierre Hautus, le directeur général de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi), s'est voulu rassurant, expliquant sur RTL que « les bailleurs ont pleinement conscience que les locataires peuvent avoir des difficultés. Leur objectif, ce n'est pas du tout de mettre les locataires dans une situation inconfortable avec des impayés de loyers. Il faut noter que bon nombre de propriétaires n'augmentent pas les loyers à cet indice. C'est un maximum, mais ce n'est pas une obligation. »

Pour Christophe Demerson, président de l'Unpi, « c'est une nouvelle difficile à entendre pour les propriétaires, mais c'est aussi un compromis. L'Unpi a voulu rappeler que pour les propriétaires, la situation était déjà difficile. D'autant qu'on observe que dans de nombreuses villes et communes, les taxes foncières ont explosé. »

Quoi qu'il en soit, la mesure devrait donc trouver sa place dans le futur projet de loi de finances rectificatif (PLFR) en faveur du pouvoir d'achat, qui devrait être présenté dans les prochains jours. D'ici-là, les discussions continuent. La ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, Amélie de Montchalin, avait ainsi rendez-vous ce lundi avec le Conseil national de l'habitat (CNH), invité à donner son avis sur ces propositions.