Les réseaux immobiliers Century21 et Orpi ont livré ce lundi leur bilan de l'année 2021. Un secteur qui ne subit pas la crise sanitaire, bien au contraire, mais qui pénalise les profils les moins aisés. Il n'y a jamais eu autant de transactions qu'en 2021 et celles-ci n'ont jamais été aussi élevées.

2021, l'année des records

En 2021, le prix au mètre carré a continué de grimper (+7,4% pour les maisons, et +5,3% pour les appartements) partout en France, a jugé le réseau d'agences immobilières Century 21 dans un bilan publié ce lundi. La hausse est particulièrement forte en Nouvelle-Aquitaine pour les maisons (+13,2%) et en Bretagne pour les appartements (+21,4%). Mais ce n'est pas tout, en 2021, le marché de l'immobilier a aussi affiché des records sur le nombre de transactions et sur le montant moyen des ventes, soit 267 524 euros pour les maisons et 227 897 euros en moyenne pour les appartements.

Des chiffres très élevés qui s'expliquent notamment par la tension du marché immobilier et des taux d'emprunts bas. Pour financer leurs acquisitions, les ménages exploitent au maximum tous les leviers du crédit. La durée moyenne d'emprunt atteint des plus hauts (21,1 ans contre 21 ans en 2020). Le constat est identique pour la quotité de financement obtenue par emprunt (81,8% contre 80,5% en 2020).

Cette situation peut-elle durer ? En effet, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a décidé de resserrer les règles du crédit immobilier au 1er janvier 2022. Pour simplifier, finis les crédits de plus de 25 ans tout comme les prêts octroyés à des ménages présentant un taux d'endettement dépassant les 35%. Les banques peuvent uniquement déroger à ces règles pour un nombre restreint (20% de dossiers) d'emprunteurs. Ce nouveau cadre risque de profiter aux acheteurs avec un budget conséquent et un niveau de vie élevé.

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2021, les jeunes privés d'achat

Le problème de cette hausse des prix selon Century 21, c'est qu'elle pénalise les ménages aux revenus les plus faibles et les catégories les plus jeunes. Le réseau d'agences observe ainsi un recul de ces catégories dans les achats, en particulier en Île-de-France. Les jeunes ou les ménages aux plus petits revenus « n'ont pas d'autres choix que de diminuer les surfaces ou d'acheter plus loin » des grandes villes, a assuré Laurent Vimont.

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Et ce qui les pénalise en premier lieu, c'est l'apport attendu par les banques. D'après Century 21, il s'élevait au deuxième semestre 2021 à 32 153 euros en moyenne pour un crédit moyen de 247 499 euros.

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2021, la quête d'une maison avec jardin

Dotés d'un budget moyen de 226 824 euros selon Orpi, l'acheteur de 2021 a souhaité augmenter son espace de vie et a ciblé des biens avec un jardin, de plain-pied voir avec une piscine, selon les régions. Un extérieur (terrasse, balcon) a été aussi été un critère majeur dans le cadre de l'acquisition d'un appartement.

« Ce qui est recherché, ce sont des maisons de 120 m2 environ, avec un jardin d'un peu plus de 100 m2. Pas plus », expliquait en fin d'année Eric Allouche, directeur exécutif d'ERA Immobilier, à MoneyVox. Mais la très forte demande pour ce type de biens a souvent contraint les acheteurs à revoir leurs ambitions à la baisse, à acheter sans négocier le prix, ou encore à s'éloigner des centres-villes pour pouvoir s'offrir un bien avec un peu d'espace.

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2021 : Paris baisse mais reste à part

Incroyable : en 2021, le prix au m2 parisien a baissé de plus de 2%, à 10 367 euros en moyenne. Néanmoins, les prix demeurent très élevés : les acheteurs sont contraints de réduire leurs prétentions et la surface moyenne des biens acquis diminue (-3,7m2 en un an) pour passer sous les 50m2. Le montant moyen d'une acquisition s'en fait le reflet : il est en retrait de -6,8% sur un an et s'établit à 511 700 euros tout de même.

« Deux catégories socioprofessionnelles dominent sans surprise le marché parisien : les cadres supérieurs et professions libérales (42,5% du marché, même si leur part recule de -9,2%) ainsi que les cadres moyens (41,4% des acquéreurs), explique Century21. La part de ces derniers continue de progresser (+6,2%), moins vite cependant que les retraités qui voient leur proportion en hausse de +15,3% sur un an pour représenter 8,3% des transactions à Paris. »