Les syndics peinent à convaincre. Moins d'un copropriétaire sur deux en serait satisfait selon le dernier baromètre de Notre Temps et la CLCV. Pourquoi un tel désamour ? On fait le point.

Le syndic est un organe essentiel en copropriété. Il administre les parties communes, gère le budget de la copropriété, et représente le syndicat des copropriétaires. Pourtant, moins d'un copropriétaire sur deux (49%) se déclare satisfait de son syndic, révèle la 4ème édition du baromètre réalisé par Notre Temps et la CLCV.

Un chiffre qui s'améliore depuis 2014 (39%), mais demeure assez faible. D'autant qu'il cache d'importantes disparités. Les conseillers syndicaux se montrent ainsi moins sévères (59% d'appréciations positives) que les autres copropriétaires (42%). De même, les cabinets indépendants sont davantage plébiscités par les copropriétaires (53%) que les grands groupes (42%).

« Ces différences sont une constante et se retrouvent dans toutes les éditions de notre baromètre depuis 2012. Cela signifie qu'en près de 10 ans, les syndics n'ont pas réellement amélioré leur communication envers les copropriétaires et que les grands groupes poursuivent des pratiques managériales déconnectées de la qualité de services », regrettent la CLCV et Notre Temps.

Interrogés sur les qualités les plus importantes pour un syndic, les copropriétaires sont 35% à privilégier la réactivité, devant la rigueur (25%) et le relationnel (21%). Par contraste, les connaissances techniques (10%), le prix (6%) et la négociation commerciale (3%) arrivent en queue de peloton. Un constat stable depuis 2016, preuve que le prix n'est pas la principale préoccupation des copropriétaires, contrairement aux idées reçues.

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Une digitalisation à reculons

Face à ce constat, le secteur doit se réinventer. Mais si la crise sanitaire a poussé de nombreux secteurs à se digitaliser à marché forcée, l'arrivée des nouvelles technologies ne suscitent pas toujours l'adhésion des copropriétaires. Ils sont à peine 14% à estimer que la visioconférence constitue un mode intéressant de participation aux assemblées générales, tandis que 39% y sont opposés. La raison ? Pour 79% des sondés, la présence physique assure une meilleure qualité des débats.

Pourtant, la visioconférence pourrait faciliter la participation aux assemblées générales, qui demeurent à ce jour peu prisées des copropriétaires. Ils sont à peine 50% à y participer régulièrement. Parmi les motifs invoqués par les abstentionnistes, l'absence de réels débats ou un désaccord avec le conseil syndical arrive en tête (50%), devant l'éloignement géographique (32%). Seuls 6% déclarent ne tout simplement pas être intéressés par les assemblées générales.

Pour finir, l'étude révèle que les syndics en ligne ne font pas recette. Plus économiques, ces acteurs d'un nouveau genre peinent à convaincre les copropriétaires : 66% estiment qu'il s'agit d'une mauvaise idée, tandis qu'un maigre 14% plébiscitent ce type d'offres.

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