Le Pinel est mort, vive le Pinel ! Alors que lavenir du plus célèbre des dispositifs dinvestissement locatif défiscalisé était très incertain, Emmanuelle Wargon a créé la surprise ce 31 août. En marge dune rencontre sur le thème « Habiter la France de demain », la ministre chargée du Logement a annoncé étudier la mise en place dun « super Pinel » venant prendre la suite du dispositif actuel, comme le rapportent notamment nos confrères du Moniteur puis du Figaro.
« Pour nous, cest une bonne nouvelle parce quon sattendait à ce que le Pinel ne soit pas remplacé ou, en tout cas, le soit mais plus tard, explique à MoneyVox Marc Gedoux, président de Pierre Etoile et vice-président des Promoteurs du Grand Paris. On sattendait à ce que le gouvernement réagisse en découvrant que la construction dans le neuf en pâtirait beaucoup. Au niveau de ma propre activité de promoteur, le Pinel représente 25 à 30% des ventes », commente Marc Gedoux.
Une baisse dimpôt conditionnée
En effet, la loi de finances pour 2021 avait certes prolongé le Pinel mais dans des conditions moins favorables qui laissaient présager de sa disparition. Concrètement, alors que le taux maximal de la réduction dimpôt est fixé actuellement à 21% pour un engagement de location de 12 ans, celui-ci est, à lheure actuelle, amené à baisser pour atteindre 14% en 2024. Le « décret super Pinel » prévoirait de maintenir le taux plein du Pinel après le 1er janvier 2023, mais à condition que les biens construits respectent les normes environnementales à jour, la RE 2020 dont lentrée en vigueur a été repoussée à 2022, et des critères de qualité de vie.
Sur le papier, ce nouveau Pinel va à lencontre des préconisations de lInspection générale des finances et du Conseil général de lenvironnement et du développement durable. Dans un rapport commun, sorti au printemps, ils recommandaient de compter en priorité sur les investisseurs institutionnels pour financer la construction de logements.
« Nous avons travaillé sur un système où ce serait les institutionnels qui porteraient linvestissement dans le logement intermédiaire et non plus les particuliers en direct. En revanche, si la compagnie dassurance ou la banque considère que ses clients peuvent avoir un intérêt à investir dans des projets de logement intermédiaire, nous prévoyons quils peuvent le leur proposer dans le cadre dun produit dépargne. Les investisseurs particuliers deviendraient propriétaires indirects, sans avantage fiscal supplémentaire », nous détaillait, avant la déclaration dEmmanuelle Wargon, Alexande Jevakhoff, Inspecteur général des finances, co-auteur de ce rapport public. Contacté, le ministère du Logement na pour lheure pas répondu à notre sollicitation.
Retrouvez notre épisode dédié au Pinel des niches fiscales qui posent question


















