Vouloir agrandir son espace de vie avec une véranda ou une mezzanine, c’est tentant. Si des solutions existent pour gagner un peu d'espace, attention aux autorisations administratives d’urbanisme.

Propriétaire d’une maison chaleureuse dans un environnement plaisant, vous n’envisagez aucunement de la quitter. Seulement voilà, vous avez envie de gagner quelques mètres carrés, surtout si la famille s’agrandit. Mais que pouvez-vous faire ?

Comment gagner de l’espace

Rendre les combles habitables. Quand ils existent, et qu’ils sont aménageables, les combles (le grenier donc) constituent la voie royale pour agrandir une maison sans trop de difficultés. En premier lieu, vous devez vérifier que la hauteur est suffisante pour que l’aménagement présente un réel intérêt : un adulte doit pouvoir tenir debout sur une surface d’au moins huit mères carrés. Si ce n’est pas le cas, l’opération représente une dépense trop lourde pour un intérêt minime.

Véranda lumineuse. La véranda, c’est le petit plus qui ajoute au charme de la maison. On en construit des milliers chaque année, le marché est très dynamique. Une véranda est une pièce supplémentaire vitrée qui peut être bâtie sur une terrasse existante ou sur une dalle de béton coulée au préalable. Selon vos goûts et vos moyens financiers, la structure de la véranda peut être en aluminium, en acier, PVC… Si possible, elle doit être orientée vers le sud-ouest ou le sud-est pour bénéficier d’un meilleur confort thermique. Mal installée, ou mal ventilée, elle peut créer un phénomène de condensation et d’humidité qui peut s’étendre aux autres pièces de la maison.

Créer une mezzanine. Lorsque la hauteur sous-plafond est importante, vous pouvez y créer un étage ou un demi-étage pour obtenir une pièce à part entière ou un petit espace permettant d’y glisser un lit ou un matelas de couchage : prévoyez au moins 1,40 m2 de hauteur pour s’asseoir sur le lit. La mezzanine peut être fixe ou mobile mais dans tous les cas, elle doit être installée en prenant toutes les mesures de sécurité nécessaires afin d’éviter le risque d’effondrement.

Cloisonner et décloisonner. En fonction de la position des fenêtres et du type de cloisons (mur porteur ou non) qui séparent vos pièces, vous pouvez les modifier : abattre une cloison permet de transformer deux pièces en une. A l’inverse, il est possible d’élever une cloison pour aménager une pièce supplémentaire à l’intérieur d’une salle plus vaste. Attention à ne pas toucher à un mur porteur qui pourrait lourdement fragiliser les structures de votre maison.

Consulter notre comparatif des prêts pour réaliser vos travaux

Réfléchissez bien à votre projet

Il est indispensable de veiller à ce que les aménagements ne portent pas atteinte à l’harmonie et à l’esthétique de votre maison, au risque d’entraîner une décote de sa valeur. Lorsque vous la vendrez, l’acquéreur se moquera qu’il y ait une pièce supplémentaire si dans le même temps vous lui présentez une maison défigurée par des ajouts faits en dépit du bon sens.

Avez-vous votre permis ?

En fonction de leur importance, certains projets nécessitent un permis de construire, d’autres en sont exemptés et font l’objet d’une déclaration préalable de travaux, procédure moins lourde. Déposée à la mairie du lieu de situation de la maison, la déclaration préalable est établie sur le formulaire officiel Cerfa 13703, accompagnée de divers documents notamment un plan de situation permettant de localiser la maison et une notice décrivant le terrain et le projet d’aménagement.

Investissez dans l'immobilier dès 1 000 €. Notre palmarès des meilleures SCPI

L’absence de réponse de la mairie au-delà du délai d’un mois est considérée comme un accord tacite, vous pouvez alors commencer les travaux. La déclaration préalable concerne certaines constructions qui échappent à la demande de permis de construire, notamment l'ajout d’une pièce ou d’un espace dont la surface de plancher ou l’emprise au sol est inférieure à 20 m2, une véranda de moins de 20 m2 (article R421-9 du code de l’urbanisme).

La déclaration préalable de travaux s’applique également en cas de création d’une surface de plancher entre 20 m2 et 40 m2 dans les zones urbaines couvertes par un plan local d’urbanisme (PLU) sauf si ces travaux ont pour effet de porter la surface totale de la maison au-delà de 150 m2, auquel cas un permis de construire est obligatoire, ainsi que le recours à un architecte. Nécessitent également un permis de construire les travaux d’agrandissement portant sur une maison dont la surface actuelle excède ce seuil de 150 m2.

Créer une dépendance habitable dans le jardin, est-ce possible ?

La plupart des PLU sont stricts lorsque la pièce à créer n’est pas accolée à la maison : à moins de 20 m2 de surface, la création d’une pièce non attenante à la maison est possible sous le régime de la déclaration préalable de travaux.

Au-dessus de 20 m2 de surface, elle est considérée comme une dépendance et non comme une extension de la maison : tout se passe comme si vous alliez construire une nouvelle maison, un permis de construire est obligatoire. Avant de vous lancer, questionnez le service chargé de l’urbanisme de votre commune : certains PLU interdisent purement et simplement la construction d’une dépendance de plus de 20 m2.

N’oubliez pas l’assurance

Quelle que soit la solution choisie pour augmenter, modifier ou aménager l’espace de votre maison, il est obligatoire d’en informer votre assurance multirisque habitation par lettre recommandée avec avis de réception et obtenir d'elle une réponse indiquant qu’elle a pris bonne note de cette modification du risque avec maintien des garanties au même prix ou moyennant une hausse. A défaut d’être informé de ces travaux, ou si vous ne pouvez pas prouver l’en avoir informé, l’assureur pourrait, en cas de sinistre diminuer l’indemnisation.

Voir aussi notre comparatif des tarifs d'assurance habitation