Les élans de solidarité sont à la fois nécessaires et réconfortants et il faut toujours les saluer.
Il faut espérer quand même qu’on ne s’en tienne pas là et que, passée l’émotion, on travaille sur le fond.
J’ai moi même été directement concerné cet été, ayant une petite maison de village dans les Pyrénées Orientales, dans le village le plus touché par le feu dit de Tarrerach ( une vingtaine de maisons détruites au bas du village et tout les alentours crames sur 5000 h).
Je vois bien la fugacité du traitement émotionnel: l’incendie des PO a été médiatiquement “ éteint” (si on peut dire) par celui de Fontainebleau, lui même en partie “ étouffé” par celui de Gironde.
Après, ce dernier est d’ampleur exceptionnelle par ses destructions et également le nombre de personnes évacués et il ne s’agit pas de rentrer dans une compétition absurde.
Je veux juste souligner le côté anesthésiant du flot continu d’info tout azimut et de la mise en avant émotionnelle quand les débats sur le fond et les solutions de moyens/ long termes, ne mobilisent que peu de gens.
Toujours dans le même village, c’est donc le troisième incendie que je vis depuis 1996; un tous les 20 ans ( 2005, 2016 et donc 2026; 2000 h, 1009 h et 5000 h).
Le traitement médiatique suit toujours la même trame scénaristique:
1. La dramatisation avec le cadrage en contre plongée des plus grosses flammes et des plus gros dégâts.
2. Le romantisme avec l’héroïsme des soldats du feu (qui est réel).
3. La recherche du coupable idéal: le fameux pyromane dont on aurait vu la silhouette furtive et entendu le rire satanique.
4. La mise en accusation de l’état, du gouvernement, des 35 heures, de Mai 68 ou que sais-je.
5. Le grand déballage des solutions immédiates et bien tangibles: des Canadairs, il nous faut des centaines de Canadairs ! (ça et la guillotine pour les pyromanes et on aura réglé le pb).
Il faut espérer que, cette fois ci, on oubli pas tout des la rentrée.