@papounet34 : un avis sur la situation peut être ?
On m'a appelé !
Faire un point, pourquoi pas, je vais essayer de synthétiser ... euh longuement.
Bien que je sois pas sûr que ce soit le bon moment et que la guerre se termine avec un protocole d'accord sur un memorandum pour des préalables à des négos interminables dont personne ne maîtrise vraiment le contenu et les aboutissants.
D'abord, les notions d'enlisement de bourbier ou de Vietnam relèvent carrément de cerveaux fatigués dopés à l'hystérie anti-américaine. Trump voulait une sortie, il l'a trouvée.
En réponse au 7 octobre, on a jusqu'ici assisté à une guerre suspendue : 12 jours en 2025 pour bombarder les installations iraniennes d'enrichissement d'uranium puis la guerre de 2026 depuis le 28 février et finalement une trêve depuis avril avec quelques escarmouches dosées où chaque belligérant a pu tester/détruire quelques forces adverses. ça fait pas beaucoup en jours de guerre, on est loin du Vietnam.
Quelque dizaines de morts américains (guère plus que dans des manœuvres vu le nombre de sorties réelles effectuées par air);
Pas de soldats US au sol sauf accident, pilotes que l'armées US a récupéré.
Les buts de guerre US (nucléaire et balistique) n'ont été atteints qu'en partie lors des bombardements de février.
Le monde entier (y compris les voisins du Golfe et l'Europe) a été surpris par la puissance de l'armement iranien dont l'effort de guerre remonte bien avant que Trump 1 ne déchire les accords d'Obama.
Depuis le début de cette république islamique signant dans sa constitution la destruction d'Israël avec une accélération à la sortie de la guerre Irak-Iran probablement.
Et comme tout un chacun ignore les capacités réelles de l'Iran début 2026, impossible de savoir si 20% ou 80% de l'armement balistique a été détruit.
La menace reste toutefois réelle même si elle a baissé en intensité. Et pour le programme nucléaire, c'est deux à dix ans de retard selon les sources plus ou moins optimistes.
Le régime décapité ayant muté vers la sauce Gardiens de la révolutionn, Israël a assuré la continuité de la guerre contre les proxys. Hamas et Hezbolla ont pris cher, les Hutis sont restés planqués.
Les planqués par nature, ce sont les Européens qui ont loupé le coche. Leur place était aux côtés de l'Oncle Sam fut-il mal embouché et méprisant, du côté de la démocratie et de l'Occident contre l'Etat terroriste iranien. Je sais que cette opinion n'est guère partagée ici mais les carpettes européennes viennent encore de prouver leur lâcheté aujoud'hui au G7.
La destruction de l'économie mondiale par le blocage du détroit d'Ormuz n'a pas eu lieu comme le promettaient les Cassandre. Un ralentissement et un coup d'inflation guère plus.
Les bourses ont été suspendues aux déclarations de DT et l'ont finalement approuvé, le baril est monté à 120€ dans les pires moments.
Ce blocage, atout géographique des Iraniens, a bien été contré par les blocus des ports iraniens par la flotte US.
C'est bien joué et de bonne guerre des deux côtés, mais ce n'est qu'une conséquence (prévisible) de la guerre, un dérivatif des enjeux centraux.
Les Etats du Golfe, généreusement bombardés par l'Iran, se sont rendus compte que leur modèle économique prospère bâti sous le parapluie américain offre moins de stabilité que celui de la Suisse.
Les intérêts divergents des "petites" monarchies pétrolières par rapport aux Saoudiens pèsent sur le cartel de l'OPEP qui a du plomb dans l'aile.
Ironie de l'Histoire, face à la perte de crédibilité du matériel US, certains regards commencent à se tourner peut être vers des fournisseurs européens mais surtout vers Israël venu à la rescousse des Emirats. Qui l'eût cru il y a quelques mois !
C'est que dans la région se joue un autre enjeu post guerre, celui de la relève du leadership de l'islamisme radical, plus sunnite que chiïte (?). Le rapprochement Turquie Arabie Saoudite Pakistan est intéressant à observer à cet égard. Même Erdogan y va de ses avances saoudiennes s'essuyant les pieds sur les valises Kashogi.
La France et l'Europe, toujours donneuse de leçons et grand défenseur du droit international devant l'Eternel attend son heure en continuant de fournir des cibles aux couleurs de la Finul pour le Hezbollah (mandat en voie d'achèvement).
Prisonnière de sa sa politique pro-arabe et de la reconnaissance de la Palestine elle sert finalement davantage les intérêts électoraux intérieurs de ses dirigeants que la place de la France sur la scène internationale.
On s'en doutait un peu au vu de la politique migratoire en France on en est maintenant certain. Après avoir léché les bottes des mollahs (chiites) pendant un demi-siècle la France va maintenant devoir digérer l'islamisation de plus en plus radicale d'une partie de notre population donnant ainsi du grain à moudre aux tenants de la Nouvelle France. Les fréristes auront du pain sur la planche !
Voilà pour ma vision du déroulé des événements.
Et pour les mettre en analyse je me reférerai aux situationnistes comme Guy Debord ou au sociologue Jean Baudrillard.
On sait que depuis l'avènement de la société de consommation nous ne faisons plus que produire des signes (lire Jean Baudrillard La société de consommation et L'économie politique du signe).
Le simulacre est devenu l’unité de mesure de l’hyper-modernité. L'hyper-puissance n'y échappe pas.
Le simulacre de paix sur la dépouille encore fumante de l'Onu (simulacre d'Ordre) n'est qu'une convenance entre les ubris du monde pour faire perdurer encore un peu une illusion généralisée ou chaque acteur important serait capable de construire sa propre représentation du réél.
Le réél, lui, s'en moque éperdument, il y bien longtemps qu'il a échappé à toutes ces constructions imaginaires incapables seulement de le nommer.
Trump est devenu la quintessence de la société du spectacle. Toujours dans la nuance, il a réussi a fédérer tous les anti-américanismes dans la haine qui lui est vouée. Il s'en moque, il est au centre de tous les commentaires et de toutes les télés. Finalement comme les memes qui ont fini par rendre Chuck Norris sympathique, les TACO généreusement distribués par les internautes participent à célébrer Trump et rendent le personnage loufoque et sympathique. Trump avale tout cru toutes les images et les transcende. Il est le spectacle permanent auquel sont suspendus tous les occidentaux opposants compris. C'est le "boss".
J'espère simplement que le prochain Taco n'aura pas le goût du jambon beurre !
La plus grande faiblesse de l'occident, désormais officiellement divisé, restera le coût de la vie humaine de ses soldats devant les opinions publiques.
Les démocraties auront une sacrée épine dans leur pied. De quoi en crever. A moins d'arriver à robotiser tous les actes de guerre, mais dans ce domaine la Chine ne devrait pas être à la traîne.
Et les dictatures garderont toujours l'avantage du faible prix accordé à la vie humaine.
Il serait grand temps de s'interroger sérieusement sur la guerre civile larvée que nos démocraties faiblardes sont en train de perdre sur leur propre territoire et de se réarmer intellectuellement, en interne comme en externe.
Quant à la défense européenne, on ne peut qu'espérer qu'elle saura analyser lucidement les faiblesses des armées des grandes puissances pour que l'investissement soit créatif par rapport aux armements low cost des guerillas en tout genre.
J'ai volontairement omis de parler du peuple iranien. Une de mes amies, d'origine iranienne, de Tabriz, doit rentrer la semaine prochaine de Turquie où elle a pu retrouver son neveu condamné à mort en février par la justice iranienne et qui est actuellement exilé près de Van. Son témoignage m'en apprendra bien plus que tous les relais propagandistes des media incapables de faire des reportages aux frontières de l'Iran alors que le pays est resté ouvert, pays que nombre d'Iraniens ont fui.