Comparaison entre le dispositif Girardin Agricole et le PER CTO Intégral
Je me pose désormais la question suivante, avec une tranche marginale d’imposition (TMI) à 30 % :
Est-il plus pertinent de verser chaque année de l’argent dans un dispositif Girardin agricole (défiscalisation « one-shot » de 25 % par an) ou dans un PER intégral du Crédit Agricole (simple différé d’imposition) ?
Situation fiscale actuelle
Je paie 18 000 € d’impôt sur le revenu par an, répartis comme suit :
1 959 € dans la tranche à 11 %
16 040 € dans la tranche à 30 %
Option 1 : Girardin agricole
Avec le Girardin agricole, j’investis 14 400 € par an dans un projet agricole situé en outre-mer.
En contrepartie, je bénéficie d’un crédit d’impôt de 18 000 € chaque année.
Cela génère :
un gain net immédiat de 3 600 € par an
une défiscalisation définitive, non remboursable ultérieurement.
Ce gain de 3 600 € peut ensuite être investi librement (PEA, assurance-vie ou compte-titres), sans jamais être remis en cause par l’administration fiscale.
Option 2 : PER intégral du Crédit Agricole
Avec le PER intégral, pour neutraliser totalement la tranche à 30 %, il faudrait idéalement verser 53 466 € par an, ce qui permettrait de différer 16 040 € d’impôt.
Cependant, en tant que salarié, je suis plafonné à 10 % de mes revenus, ce qui limite mon versement annuel à 8 278 €.
Conséquences :
Economie d’impôt immédiate : 30 % de 8 278 €, soit 2 483 € par an.
il ne s’agit pas d’une économie définitive, mais d’une avance d’impôt. Après 42 ans de versements, j’aurai cumulé :
104 302 € d’impôt différé.
Cette somme devra être intégralement remboursée à la retraite, puisque je resterai dans la tranche marginale à 30 %.
Comparaison des scénarios d’investissement.
Scénario 1 : Girardin agricole + assurance-vie
Chaque année, j’investis :
8 278 € + 3 600 € issus du gain fiscal du Girardin ➡ soit 11 878 € par an
Ces sommes sont investies sur un ETF capitalisant via une assurance-vie Louve Infinity, avec un rendement annuel moyen estimé à 8 %.
Sur 42 ans, les versements cumulés atteignent 498 876 €.
À 8 % de rendement annualisé, le capital final s’élève à 3 613 804 €.
Après application de la flat tax de 30 % sur la plus-value (conservateur, abattement de 4600 € déjà utilisé et plafond de 150 000 € déjà utilisé ailleurs) , il reste donc 2 679 325 € disponibles à la retraite
Scénario 2 : PER + assurance-vie
Chaque année, j’investis :
8 278 € sur le PER, sur un ETF avec un rendement estimé à 8,35 % +
2 483 € (économie d’impôt annuelle) sur un ETF capitalisant via l’assurance-vie Louve Infinity, avec un rendement de 8 %
Résultat du PER après 42 ans
Le PER est clôturé au bout de 42 ans et atteint une valeur de 2 778 614 €.
Après la flat tax sur la plus-value
le remboursement de l’avance d’impôt
Je récupère 1 945 030 € nets.
Résultat de l’assurance-vie
L’assurance-vie atteint une valeur nette de 560 091 € après flat tax. (conservateur, abattement de 4600 € déjà utilisé et plafond de 150 000 € déjà utilisé ailleurs)
Total disponible à la retraite
1 945 030 € (PER) + 560 091 € (assurance-vie) ➡ 2 505 121 € au total.
Conclusion
À mes yeux, le Girardin agricole reste nettement plus compétitif que le PER, hors cas spécifiques de déblocage anticipé pour accident de la vie.
Son principal avantage réside dans le fait que la défiscalisation est immédiate,
l’avantage fiscal est définitif, les règles fiscales applicables ne peuvent pas être modifiées rétroactivement.
À l’inverse, le PER ne constitue qu’un report d’imposition, dont la rentabilité dépend fortement de la fiscalité future et du taux marginal à la retraite.