zizou a dit:
Depuis de nombreuses années, la France a fait le choix de délocaliser une partie de son activité de raffinage pétrolier.
En conséquence, cette activité a été en quelque sorte externalisée : une part importante de notre approvisionnement a ainsi dépendu de la Russie jusqu’à 20 % mais aussi de raffineries situées en Amérique du Nord, en Turquie, en Asie et dans les pays du Golfe persique.
Oui et non.
Historiquement les raffineries françaises étaient configurées pour produire de l'essence et non du diesel car le parc automobile tournait à l'essence et au fioul lourd pour l'industrie.
Avec la conneries des années 80-90, les autos se sont diésélisées et donc les raffineurs ont importé du diesel au lieu de reconfigurer les raffineries ce qui était moins cher.
Ensuite dans les années 90, les raffineurs européens se sont retrouvés en surproduction de 10 à 15% ce qui a réduit drastiquement la marge de raffinage rendant les investissements de mise à niveau encore moins rentables.
Donc on se retrouve en Europe (Allemagne et Pays-Bas également impactés) et particulièrement en France avec des raffineries qui produisent de l'essence qui se vend moins, du fioul lourd qui ne vend plus et qui nécessitent de lourds investissements de reconfiguration et environnementaux.
On peut ajouter la crise de la chimie des années 90.
Si je reprends l'historique en France (merci à l'IA), la plupart des raffineries françaises ont fermées dans les années 80 puis une seconde vague début 2010.
Celles qui restent sont vieilles : la plus récentes est celle de Fos construite en 1964 (Grandpuits est de 1966 mais elle est devenue une bioraffinerie) . Alors oui elles sont modernisés mais rien ne vaut du neuf quelques fois.
Donc ce n'est pas depuis de nombreuses années mais de nombreuses dizaines d'années (désolé c'est pas la faute à E.Macron mais plus F.Mitterrand ou J.Chirac).
Enfin il y a la concurrence internationale avec des couts de raffinage moins élevés au Moyen-Orient et en Asie ainsi que des contraintes environnementales moins fortes.
Si on rajoute une demande en hydrocarbure qui baisse d'années en années il n'y aucun intérêt économique à investir dans des nouvelles unités produisant kérosène et diesel.
Pour la petite anecdote marrante : la raffinerie de Grandpuits était alimentée par l'oléoduc d'Île-de-France qui partait du port du Havre en plus de la production locale du Bassin parisien (Aube, Marne, Seine-et-Marne). Et elle alimentait les 2 aéroports parisiens.
Elle était également reliée à l'oléoduc Donges-Melun-Metz indirectement, oléoduc qui faisait partie de système de l'OTAN (CEPS) et désactivé depuis 2023.
En 2019, il y a une fuite sur l’oléoduc Le Havre-Paris qui est très âgé (1968). Total répare et propose de reprendre l'exploitation mais à une plus faible pression au vu de l'état de l'installation. Ce qui réduit les capacités de la raffinerie déjà peu rentable.
Et là 2 associations écologiques crient aux scandales sur l'état de l’oléoduc (il est pourri, rouillé, ...).
La réponse de Total ne s'est pas fait attendre : puisque vous me faites ch*** avec l’oléoduc et puisque la réglementation européenne tend vers le zéro carbone alors je reconvertis Grandpuits.