Le délai applicable : 2 ans ou 5 ans ?
Bien que la répétition de l'indu relève par principe de la prescription de droit commun de 5 ans, l’article L. 114-1 du Code des assurances [lien réservé abonné] dispose que « toutes actions dérivant d'un contrat d'assurance sont prescrites par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance ». [1 [lien réservé abonné]]
La Cour de cassation (notamment par un arrêt de la 2e Chambre civile du 4 juillet 2013) a tranché : l'action en répétition de l'indu intentée par un assureur contre son assuré pour récupérer un trop-versé dérive du contrat d'assurance. L'assureur est donc soumis à la prescription biennale (2 ans). [1 [lien réservé abonné]]
Toutefois, le point de départ du délai est fixé au jour où l'assureur a eu connaissance (ou aurait dû avoir connaissance) de son erreur, conformément à l'article 2224 du Code civil [lien réservé abonné].
Comment fonctionne la prescription dans ce cas ?
L’action en répétition de l'indu fonctionne année par année (successivement) et non de manière globale.
Le principe de l'erreur initiale : L'omission de déduire le rachat de l'encours est l'erreur d'origine. Chaque année, cette erreur a mécaniquement généré et déclenché le versement d'une nouvelle somme indue (les intérêts excédentaires).
La computation successive : Les intérêts étant inscrits ou versés chaque année (généralement au 31 décembre), l’assureur dispose de 2 ans à compter de la date de chaque versement d'intérêts erronés pour en demander la restitution.
La conséquence sur 6 ans : L'assureur s'apercevant de son erreur après 6 ans, l'action pour les intérêts versés lors des premières années est éteinte (prescrite). L'assureur ne peut en aucun cas réclamer la totalité des 6 ans d'intérêts de manière rétroactive globale. Il ne peut remonter, au mieux, que sur les intérêts dont le point de départ de prescription n'est pas encore expiré.
L'impact de la mauvaise foi de l'épargnant
Le fait que l'épargnant se soit aperçu de l'erreur et ait gardé le silence caractérise sa mauvaise foi au sens civil du terme. Si cela ne permet pas à l'assureur de ressusciter les délais prescrits, cela modifie lourdement les obligations de restitution pour la période non prescrite (les 2 dernières années) :
Selon l'article 1352-7 du Code civil [lien réservé abonné], celui qui a reçu indûment une somme et qui est de mauvaise foi doit non seulement restituer le capital perçu à tort, mais il doit également les intérêts au taux légal courus sur ces sommes depuis le jour du paiement indu (et non pas seulement à compter de la mise en demeure).