La réforme de l'assurance emprunteur, qui entre en vigueur à partir du 1er juin, devrait supprimer le questionnaire de santé pour de nombreux emprunteurs. Problème, cette disparition pourrait entraîner une hausse généralisée des tarifs. Voici comment faire pour ne pas être impacté.

La Loi Lemoine, qui réforme l'assurance emprunteur, doit permettre à partir du 1er juin de supprimer le questionnaire de santé pour la majorité des demandes de crédit immobilier. Dans les faits, cette suppression s'appliquera pour tous les dossiers d'un montant de moins de 200 000 euros par tête (400 000 euros pour un couple) si la fin du crédit est remboursé avant le 60e anniversaire de l'emprunteur. Ce qui concerne, d'après le site vie-publique.fr « plus de la moitié des crédits immobiliers. » En effet, selon des chiffres de la Banque de France de 2020, le montant moyen du crédit immobilier en France est de 180 000 euros sur 20 ans.

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Aux dires des assureurs, la fin du questionnaire de santé va les oblige à assurer des contrats « à l'aveugle » sans pouvoir gérer le risque d'un éventuel problème de santé de l'emprunteur qui pourrait ne plus pouvoir rembourser son prêt. Ces derniers pourraient donc décider de le répercuter sur tous les dossiers, avec une hausse annoncée des tarifs pour l'instant comprise entre 15 et 20%. Si tout cela reste encore très hypothétique tant que la mise en place n'est pas effective, voici quelques astuces qui pourraient permettre de ne pas être impacté par cette hausse des tarifs.

Demander un questionnaire médical

Face au risque de payer plus cher, peut-on empêcher un emprunteur en bonne santé de demander à remplir un questionnaire de santé pour rassurer son assureur ? Selon un interlocuteur interrogé par Moneyvox, la loi indique que « l'assureur ne peut pas solliciter de données médicales. On ne peut même pas inciter à le faire, c'est vraiment à l'emprunteur de le demander. Ensuite, si un assuré déclare expressément qu'il veut faire un questionnaire de santé pour bénéficier d'un meilleur tarif ou de meilleures garanties, rien ne l'en empêche à ce jour. »

S'assurer à plus de 50-50

Autre possibilité envisagée, modifier les quotités assurées. Pour une personne seule, la banque exige déjà une couverture à 100% afin de récupérer les échéances en totalité en cas de décès ou d'accident grave. Mais pour un couple, la banque réclame une quotité globale de 100% (50%+50% par exemple) au minimum. Un couple pourrait donc jouer sur ces quotités, en demandant par exemple d'être couvert chacun à 100% pour passer au-delà de la quotité assurée de 200 000 euros et donc devoir passer un questionnaire médical.

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Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, à en croire Émilie Ruben, porte-parole de Sécurimut : « Il ne faut pas se mettre obligatoirement à 50% pour échapper au questionnaire de santé, ce serait une mauvaise stratégie. Les quotités, c'est une sécurité pour vous et votre famille. » Non seulement vous serez mieux protégés, mais vous aurez également peut-être un meilleur tarif, malgré la plus grande quotité assurée.

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Demander à emprunter plus

Dernière possibilité, jouer sur « l'effet de seuil ». À savoir, plutôt que d'emprunter 198 000 euros, les futurs acquéreurs pourraient chercher à emprunter 201 000 euros, en jouant par exemple sur leur apport ou en ajoutant une enveloppe travaux dans le prêt pour dépasser le seuil.

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« Avec la mise en œuvre de la réforme de l'assurance de prêt, nous pouvons anticiper de gros écarts de tarifs entre les assurances à l'aveugle en deçà de 200 000 euros et celles au-delà. On devrait avoir beaucoup de souscriptions à 201 000 euros », déclare ainsi Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet de conseil Facts & Figures, dans un article de Capital.

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