Acheter un logement éloigné d'une grande agglomération, tout en y revenant, une à plusieurs fois par semaine, pour se rendre au bureau, c'est l'un des avantages du télétravail. Sauf que pour financer son nouveau toit, il faut montrer patte blanche au banquier. Explications.

6 633 euros le m2 à Biarritz, 6111 euros à Capbreton, 4 612 euros à la Baule, 3 694 euros à Saint-Malo, 2 951 euros à Saint-Valéry-sur-Somme... En 3 ans, les prix dans ces villes du littoral ont flambé respectivement de entre 35% et 47%, révèle SeLoger dans une récente consacrée à l'exode urbain des Parisiens depuis l'arrivée de la crise du coronavirus. Ce ne sont pas seulement les villes côtières qui sont prisées. Dans le même temps à Fougères ou encore à Laval en Mayenne, la valeur des maisons a grimpé de 20% avec un m2 à 1 712 euros et 2 031 euros.

« L'appel du large et la démocratisation du travail à distance influencent les préférences immobilières des Français. Et voient se développer le concept de résidence semi-principale le long du littoral. Direction la Bretagne, la Normandie et la Côte d'Opale où les biens s'arrachent désormais à prix d'or », confirme une récente enquête de Meilleurs agents. Selon une étude menée en juillet par le ministère du Travail, 22% des salariés travaillent dans une entreprise qui impose au moins un jour de télétravail par semaine et 3% des salariés sont à 100% en télétravail.

« Le télétravail a bouleversé le marché immobilier »

Résultat, « le télétravail a bouleversé le marché immobilier, souligne la responsable d'une agence immobilière de Pornic (Loire-Atlantique), citée par MeilleursAgents. Les clients recherchent désormais plus qu'une résidence secondaire. Ils veulent une maison dans laquelle ils viendront passer trois ou quatre jours chaque semaine. » Les nouveaux acheteurs à Pornic, souvent des cadres nantais, angevins et parisiens, « veulent tous des maisons avec trois chambres et un petit jardin pour pouvoir manger dehors. » Problème, pour ce type de bien, il faut prévoir une enveloppe de 500 000 euros contre 350 000 euros il y a encore 18 mois.

Vivre tout ou partie de la semaine au grand air et venir télétravailler deux ou trois jours par semaine au bureau dans une grande ville, un nouveau rythme de vie qui a de quoi séduire. Mais qui n'est pas à la portée de tous les budgets pour ceux qui souhaitent acquérir une résidence semi-principale. En effet, avant d'accorder un prêt immobilier, la banque va calculer le reste à vivre de l'emprunteur, c'est-à-dire, la somme qu'il reste une fois la mensualité de crédit remboursée. Elle est nécessaire pour faire face aux dépenses du quotidien : nourriture, loisirs, habillement, transports...

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Des emprunteurs refoulés pour frais trop élevés

« Si vous devez venir à Paris deux jours par semaine au bureau depuis votre nouvelle résidence, cela entraîne des frais de transport, et éventuellement de logement, supplémentaires. Il ne sera pas possible de rogner sur ces dépenses. La banque peut estimer qu'elles sont trop élevées et refuser l'octroi d'un crédit », prévient Cécile Roquelaure. Selon la directrice des études chez Empruntis plusieurs dossiers ont été ainsi été recalés au cours des derniers mois car les clients n'avaient pas anticipé les frais générés par ce nouveau de mode de vie.

Dans sa dernière étude sur l'évolution du crédit immobilier en 2022, Empruntis souligne que les établissements bancaires vont continuer à être particulièrement regardantes sur la stabilité professionnelle et personnelle de chaque candidat et les conséquences sur leurs charges (enfants, frais de télétravail...). Si les banques font toujours très attention aux dépenses excessives de jeu, achats compulsifs ou autres dépenses d'alcool, de manière générale, « elle regarde toute votre gestion budgétaire », rappelle Cécile Roquelaure.

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