Bonne nouvelle : les taux sont toujours bas. Mais ils évoluent d'une façon différente selon les banques et les profils des emprunteurs.

Vous souhaitez acheter un bien immobilier ? Oui mais à quel taux immo pourrez-vous emprunter ? En ce mois d’avril, la situation est paradoxale. « On note que chaque banque mène sa propre stratégie en fonction de ses objectifs de production de crédit, avec certains établissements qui remontent légèrement leurs taux pour reconstituer leurs marges quand d’autres au contraire les baissent pour capter davantage de clients et élargir leur cible, même si elles restent toutes très vigilantes sur les profils d’emprunteurs qu’elles financent » constate Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

Les hausses de barème vont ainsi jusqu'à + 0,1% et à l'inverse d’autre diminuent de 0,05 à 0,20% et même jusqu’à -0,35%, souligne le courtier. Une situation que constate aussi Empruntis. « Aujourd'hui, les banques doivent procéder à un véritable numéro d'équilibriste pour se positionner », confirme Cécile Roquelaure, la porte-parole.

Les taux d’emprunt moyens dans les banques en avril

  • Sur 15 ans : 0,88% d’après Meilleurtaux ; 1,05% selon Vousfinancer ; 0,95% d'après Empruntis
  • Sur 20 ans : 1,07% d’après Meilleurtaux ; 1,25% selon Vousfinancer ; 1,10% d'après Empruntis
  • Sur 25 ans : 1,3% d’après Meilleurtaux ; 1,45% selon Vousfinancer ; 1,35% d'après Empruntis

Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l’assurance emprunteur.

Au global, les taux moyens restent stables, à un niveau toujours très bas, mais la situation varie beaucoup selon le profil de l’emprunteur surtout avec la mise en place du troisième confinement. De potentiels emprunteurs sont de nouveau mis au chômage partiel avec la fermeture de certains commerces. Le retour de l'activité partielle peut aussi concerner les salariés devant se consacrer à la garde de leurs jeunes enfants. Dans ce contexte, obtenir un crédit immobilier peut se révéler plus compliqué.

« Il est possible de financer des emprunteurs au chômage partiel, au cas par cas, à condition qu’ils aient de l’ancienneté professionnelle et de l’épargne de précaution… Mais cela dépend aussi du secteur d’activité dans lequel ils travaillent : s’il s’agit d’un secteur très touché par la crise, la banque refusera. En outre, elle tentera de déceler s'il s'agit d'un chômage partiel temporaire ou si cela traduit de réelles difficultés financières de l'entreprise » explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Autre phénomène à considérer : la récente baisse des taux d'usure, ce taux au-delà duquel la banque ne peut pas prêter. « Les emprunteurs modestes peuvent être impactés en raison des écarts de taux pratiqués par les banques selon les revenus et l’apport », précise Sandrine Allonier. Mais ce ne sont pas les seuls. Les emprunteurs les plus risqués en termes de santé (senior, risques aggravés), ou les emprunteurs fragiles à qui on conseille de souscrire une assurance perte d’emploi par exemple peuvent être concernés.

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A l’inverse, les meilleurs profils, ceux avec au moins 15% d’apport et une activité professionnelle stable sont en position de force pour négocier des taux bien inférieurs à la moyenne du marché : 0,80% sur 20 ans contre 1,10% en moyenne, d’après Empruntis.

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