Prêt immobilier : le Crédit Agricole veut pousser ses clients à casser leur PEL

Un PEL
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Bercy a demandé fin 2019 aux banques de resserrer le robinet du crédit. Le Crédit Agricole a profité de la présentation de ses résultats 2019 pour esquisser une solution : inciter les clients à puiser dans leur épargne, et en particulier dans leur PEL.

Avec près de 35% de parts de marché, le groupe Crédit Agricole est – de loin – le groupe bancaire dominant du crédit immobilier. Dans ses résultats annuels, le groupe confirme un « fort dynamisme commercial » des réseaux LCL et Crédit Agricole, poussé notamment par les crédits à l’habitat et en particulier par les renégociations. Le flux de rachats et renégociations de prêts immobiliers, particulièrement dynamique dans le réseau LCL, reste toutefois très loin des niveaux record atteints courant 2016.

Acteur majeur du prêt à l’habitat, le groupe Crédit Agricole est logiquement confronté aux injonctions du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), instance de régulation présidée par le ministre de l’Economie et des Finances. Pour résumer, le HCSF demande aux banques plus de rigueur dans l'octroi de crédit immobilier, en limitant les dépassements des 33% de taux d’endettement et des 25 ans de durée de prêt.

Intégrer « un peu plus d’épargne » dans le financement

Interrogé à ce sujet par Les Echos lors d’une conférence de presse, vendredi, le directeur général de Crédit Agricole SA Philippe Brassac livre son analyse : « Quand vous lisez le HCSF, il y a cette idée qu'il ne s’agit pas de restreindre la quantité de crédit distribué, mais d’essayer autant que faire se peut que les financements intègrent au total un peu plus d’épargne. » Bref, il s'agit de gonfler l’apport personnel demandé aux emprunteurs – lorsque cela est possible – plutôt que de freiner l’accès au crédit.

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Philippe Brassac développe son propos en visant un produit d’épargne en particulier : le Plan d’épargne logement (PEL). « Après tout les PEL sont faits » pour participer à un montage immobilier, souligne-t-il dans Les Echos. La cible n’est pas neutre : l’encours des PEL atteignait 112 milliards d’euros fin 2018 dans l’ensemble du groupe Crédit Agricole selon le quotidien économique, soit environ 40% de l’encours national du PEL toutes enseignes confondues ! Or ces PEL, notamment s'ils ont été ouverts il y a longtemps, sont extrêmement coûteux à rémunérer, avec certains taux garantis à 2,50% voire plus.

Le groupe bancaire ne cache ainsi pas sa volonté d’inciter ses clients emprunteurs à casser leur PEL pour accéder au crédit. Non pas pour utiliser les droits à prêts accumulés, le taux du prêt PEL étant bien trop élevé, mais bien pour gonfler leur apport. Comment convaincre les clients à renoncer à un produit d’épargne affichant un taux garanti défiant toute concurrence ? La stratégie commerciale reste, elle, à établir, précise le quotidien économique.

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© MoneyVox / BL / Février 2020

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