Avec près de 35% de parts de marché, le groupe Crédit Agricole est de loin le groupe bancaire dominant du crédit immobilier. Dans ses résultats annuels, le groupe confirme un « fort dynamisme commercial » des réseaux LCL et Crédit Agricole, poussé notamment par les crédits à lhabitat et en particulier par les renégociations. Le flux de rachats et renégociations de prêts immobiliers, particulièrement dynamique dans le réseau LCL, reste toutefois très loin des niveaux record atteints courant 2016.
Acteur majeur du prêt à lhabitat, le groupe Crédit Agricole est logiquement confronté aux injonctions du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), instance de régulation présidée par le ministre de lEconomie et des Finances. Pour résumer, le HCSF demande aux banques plus de rigueur dans l'octroi de crédit immobilier, en limitant les dépassements des 33% de taux dendettement et des 25 ans de durée de prêt.
Intégrer « un peu plus dépargne » dans le financement
Interrogé à ce sujet par Les Echos lors dune conférence de presse, vendredi, le directeur général de Crédit Agricole SA Philippe Brassac livre son analyse : « Quand vous lisez le HCSF, il y a cette idée qu'il ne sagit pas de restreindre la quantité de crédit distribué, mais dessayer autant que faire se peut que les financements intègrent au total un peu plus dépargne. » Bref, il s'agit de gonfler lapport personnel demandé aux emprunteurs lorsque cela est possible plutôt que de freiner laccès au crédit.
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Philippe Brassac développe son propos en visant un produit dépargne en particulier : le Plan dépargne logement (PEL). « Après tout les PEL sont faits » pour participer à un montage immobilier, souligne-t-il dans Les Echos. La cible nest pas neutre : lencours des PEL atteignait 112 milliards deuros fin 2018 dans lensemble du groupe Crédit Agricole selon le quotidien économique, soit environ 40% de lencours national du PEL toutes enseignes confondues ! Or ces PEL, notamment s'ils ont été ouverts il y a longtemps, sont extrêmement coûteux à rémunérer, avec certains taux garantis à 2,50% voire plus.
Le groupe bancaire ne cache ainsi pas sa volonté dinciter ses clients emprunteurs à casser leur PEL pour accéder au crédit. Non pas pour utiliser les droits à prêts accumulés, le taux du prêt PEL étant bien trop élevé, mais bien pour gonfler leur apport. Comment convaincre les clients à renoncer à un produit dépargne affichant un taux garanti défiant toute concurrence ? La stratégie commerciale reste, elle, à établir, précise le quotidien économique.
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