Stabilisation ? Les taux immobiliers évoluent de façon infime, chaque mois, depuis lété dernier. Mais ils sont bel et bien sur la pente descendante comme la confirmé lobservatoire Crédit Logement-CSA la semaine dernière en dévoilant son enquête mensuelle : « Depuis la fin de lété 2017, les taux diminuent doucement, de lordre de 1 point de base chaque mois. Ils ont en avril 2018 retrouvé leur niveau de lhiver 2017. » Un constat partagé par la Banque de France, qui évoque à nouveau une « légère baisse » au 1er trimestre 2018.
Si ces organismes confirment la baisse, lente mais réelle, des derniers mois, les courtiers en crédit offrent eux une vue sur lévolution des taux actuellement proposés aux emprunteurs. En mai, les taux fixes sont ainsi à nouveau en légère diminution. Pour les prêts immobiliers sur 20 ans, la plupart des courtiers saccordent sur un taux moyen de 1,65% (Empruntis et Emprunt Direct), ou légèrement moins, autour de 1,60% (Meilleurtaux, VousFinancer et Le-Partenaire).
1,45% pour un crédit sur 15 ans, 1,85% sur 25 ans
A quelques points de base près, les courtiers livrent des moyennes similaires sur les durées demprunt les plus courantes. Ainsi, un prêt sur 15 ans se négocie actuellement autour de 1,40%-1,45%, et un crédit sur 25 ans à 1,85%. Si les banques accordent de plus en plus de prêts à durée longue, les taux des crédits sur 30 ans restent peu avantageux : 2,65% en moyenne selon Empruntis, 2,60% selon Emprunt-Direct.
De nouvelles baisses qui sexpliquent notamment par une concurrence accrue : les banques « sont loin datteindre leurs objectifs », affirme Cécile Roquelaure, directrice des études dEmpruntis, la production de crédits sétant effritée depuis la fin de lété. « Quand on sait que le printemps est la période prospère de limmobilier, on comprend que les banques soient prêtes à tout pour conquérir les clients quelles espéraient conquérir il y a déjà quelques semaines. D'ailleurs, les barèmes sont bas mais les banques présentent des décotes de plus en plus spectaculaires. » Des « décotes », c'est-à-dire des taux réduits, comme toujours réservés aux meilleurs dossiers demprunteurs.
La concurrence des banques en ligne
Dans son communiqué diffusé en ce début de mois, le courtier Meilleurtaux évoque aussi larrivée des banques en ligne, Fortuneo et BforBank ayant rejoint lan passé ING Direct et Boursorama sur le marché du crédit immobilier en ligne. Ces nouveaux acteurs « très offensifs » maintiennent « une pression à la baisse sur les établissements traditionnels ». Les différents taux de marché (taux des banques centrales et des emprunts dEtat) restant faibles, « les planètes sont toujours alignées pour que les taux restent très bas », souligne Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.
Fin 2017 et début 2018, nombre dobservateurs annonçaient pourtant la poursuite dune lente remontée des taux en 2018. Une perspective qui reste la tendance à un horizon plus lointain : « Les banques proposent actuellement des taux quelles maintiennent volontairement à un niveau bas pour relancer la dynamique du marché », argumente Sandrine Allonier, porte-parole de VousFinancer, « mais si les taux de refinancement et taux demprunt dEtat remontent, elles devront inévitablement répercuter ces hausses - au moins partiellement -, sur leurs taux de crédit afin de conserver leurs marges »
Laccalmie avant la remontée progressive ?
Dans son dernier rapport trimestriel, lobservatoire Crédit Logement-CSA annonce toujours une lente et progressive remontée des taux « jusquen 2020 », et ce malgré lassouplissement récent des conditions de financement. Ce même observatoire pronostique une hausse très modérée sur lannée 2018, de lordre de 0,20 point par rapport aux taux pratiqués lors de ce début dannée.
Voir aussi le baromètre des taux immobiliers de cBanque



















