Le crédit immobilier a toujours constitué un produit d'appel pour les banques. La signature dun contrat de prêt permet en effet à la banque prêteuse de gagner un ou plusieurs clients, qui s'équipent en comptes bancaires et produits d'épargne, et de sassurer de leur fidélité pendant le temps du remboursement du crédit. Certaines banques vont jusquà inscrire dans le contrat de crédit une clause contraignant les emprunteurs à domicilier leurs revenus.
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Ces clauses seront bientôt encadrées, et limitées à une durée de 10 ans. Le ministre de lEconomie Bruno Le Maire la annoncé ce mercredi en Conseil des ministres. Il a présenté une ordonnance en ce sens, comme le permet la loi Sapin 2 du 9 décembre 2016. « Les établissements de crédit ne pourront pas exiger des emprunteurs quils domicilient leurs salaires ou revenus assimilés au-delà dune période fixée par décret en Conseil dEtat », détaille le compte-rendu du Conseil des ministres. Le même compte-rendu annonce dores et déjà que « le décret dapplication fixera cette période à 10 ans maximum, sans pouvoir excéder la durée du prêt ».
Une contrepartie obligatoire à la domiciliation
A lissue du délai prévu dans le contrat, « les emprunteurs pourront domicilier leurs revenus dans un autre établissement, sils le souhaitent », sans risquer de pénalité. La clause de domiciliation devra en effet détailler clairement « la nature de lobligation », et « lavantage individualisé obligatoirement consenti en contrepartie ». Par exemple, la banque devra préciser dans le contrat le taux préférentiel consenti en léchange de la domiciliation de revenus. Lemprunteur saura ainsi par avance ce quil risque de perdre sil change de banque principale avant ce délai.
Lordonnance nayant pas encore été publiée au Journal officiel, certaines modalités dapplication restent à éclaircir : le calendrier de mise en uvre de cette mesure, les contrats auxquels elle sapplique (crédits en cours ou uniquement les nouveaux), etc. Suite à cette présentation en Conseil des ministres, lordonnance devrait paraître au Journal officiel dans les prochains jours, tout comme le décret dapplication évoqué par le compte-rendu du Conseil des ministres.
Une mesure initiée sous Hollande
Les discussions autour de lencadrement de la domiciliation de salaires ont débuté lors des débats parlementaires préalables à la loi Sapin 2, en 2016. Mais le texte de loi n'a pas tranché la question, se bornant seulement à habiliter le gouvernement à légiférer par ordonnance sur le sujet. Le projet dordonnance était déjà esquissé au début du printemps, mais le gouvernement de Bernard Cazeneuve a fait passer dautres mesures en priorité avant la fin du quinquennat Hollande. Le gouvernement dEdouard Philippe a donc choisi de « repêcher » cette mesure, favorable aux consommateurs.
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