116.745 PTZ ont été accordés en 2016, dont 90.249 prêts soutenant le financement dun projet immobilier neuf. Des statistiques en très forte progression par rapport à 2015 (59.899 PTZ dont 56.641 dans le neuf) suite à lélargissement du dispositif début 2016, le PTZ ayant ensuite été reconduit quasi à lidentique en 2017.
En décembre dernier, le Prêt à taux zéro sest toutefois vu sévèrement critiqué par la Cour des comptes. Parmi les principaux griefs : leffet pervers sur les prix immobiliers, la Cour appuyant son argumentation sur la résistance des prix du foncier en 2009-2010 suite au doublement du PTZ.
Lire à ce propos : A quelle sauce va être mangé le PTZ en 2017 ?
Cette critique, celle de limpact inflationniste du PTZ sur les prix immobiliers, nest pas nouvelle. Plusieurs études lont pointé ces dernières années. Trois statisticiens et dirigeants du SGFGAS (1), organisme notamment chargé de recueillir les statistiques sur le PTZ, viennent de publier une nouvelle étude sur le sujet (2), en cherchant justement à jauger leffet inflationniste, ou non, du Prêt à taux zéro.
Pas deffet direct sur le niveau des prix
Résultat : les auteurs reconnaissent que le PTZ a pu soutenir une hausse des prix en 2009, dans des circonstances bien particulières, mais démontrent qu'il ninflue pas en temps normal sur lévolution des prix. Pour le prouver, les statisticiens du SGFGAS se sont plus particulièrement penché sur les communes touchées par les évolutions du zonage au 1er octobre 2014, en comparant le prix des opérations (foncier + viabilisation + construction) avant et après ce changement.
Un cas de figure a retenu lattention des auteurs, parce quil concerne un échantillon dense : les communes passées de la zone C à la zone B2, avec pour conséquence des plafonds nettement plus élevés et donc une aide en forte augmentation. Dans ces communes, le prix dune opération de construction ou dachat dimmobilier neuf a légèrement augmenté sur la période 2014-2015, certes, mais exactement dans les mêmes proportions que dans des communes voisines restées elles en zone C.
Pas de vaste effet daubaine lié au PTZ
Larrivée dun PTZ élargi dans ces communes a-t-il créé un effet daubaine, avec de plus nombreux ménages cherchant à en profiter ? Non, la part de ménage ayant concrétisé un projet daccès à la propriété dans ces communes est resté globalement stable.
« Il ny a donc pas de relation directe entre le reclassement ou déclassement dune commune et les prix dans cette commune », affirment plus globalement les auteurs, tout en soulignant bien évidemment que de multiples critères (revenu, taux du crédit principal, durée du prêt, marché immobilier local, etc.) peuvent en revanche influencer les prix et ses évolutions.
Le calcul du PTZ trop complexe pour jouer sur les prix
« Le PTZ est protégé de produire de tels effets inflationnistes de par la relative complexité des calculs nécessaires à lévaluation précise de laide publique qui lui est associée », ajoutent les auteurs. A contrario, en 2009, le doublement du PTZ avait fait lobjet d'une large communication : cest le fait de « communiquer sur le montant effectif de laide » qui avait provoqué un engorgement de projets dans certaines zones et un effet inflationniste selon les statisticiens du SGFGAS.
Les auteurs de cette étude, qui défendent un produit au centre de leur activité, ne nient donc pas que le Prêt à taux zéro ait pu fausser les prix en 2009-2010, mais soutiennent quil ne sagissait que dun effet ponctuel. Selon eux, le PTZ nest donc pas un produit inflationniste. Un argument pour que ce dispositif soit préservé en 2018, une fois le nouveau gouvernement en fonction.
Plus d'infos sur le calcul du Prêt à taux zéro
(1) Société de gestion des financements et de la garantie de laccession sociale à la propriété. La SGFGAS est une société anonyme détenue par plusieurs grands groupes bancaires, lEtat conservant toutefois un rôle dans sa gouvernance.
(2) « Le prêt à taux zéro dans le neuf a-t-il un effet inflationniste ? », étude publiée sur le site danalyse et de débat Politique du logement, en précisant quelle engage ses auteurs (Sélim Ihmaïne, Sonia Snoussi et Pierre Souche) mais pas le SGFGAS.




















