Un taux fixe sous les 2% pour un prêt immobilier sur 20 ans : ce n’est désormais plus exceptionnel mais tout simplement la norme, à en croire les données des courtiers en crédit. Sur toutes les durées d’emprunt, les taux fixes touchent de nouveaux planchers en ce début mai.

« La durée phare 20 ans a passé pour la première fois, et très sensiblement, le seuil symbolique des 2% pour les dossiers moyens », affirme Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux, dans le baromètre du coutier diffusé le 3 mai. Le taux fixe moyen sur 20 ans a ainsi perdu 0,20 point en un mois pour tomber à 1,87% selon ce réseau de courtage en crédit.

Même conclusion chez le concurrent Empruntis : le « taux de marché », calculé sur la base des barèmes fournis par les banques, se situe désormais à 1,95% sur 20 ans au mercredi 4 mai, contre 2,10% début avril. Si les estimations divergent légèrement d’un courtier à un autre, la tendance laisse peu de place au doute : « Les banques se livrent une concurrence acharnée pour gagner de nouveaux clients », affirme Empruntis dans sa lettre mensuelle. « Le très faible coût de l’argent au près de la Banque centrale européenne (BCE) incite les établissements financiers à prêter plus », renchérit Cafpi dans sa « météo des taux ». Le réseau y évoque des « taux de crédit déjà presque au plancher », mais que les banques continuent à abaisser pour « attirer les clients ».

Du 2,20% sur 25 ans

L’érosion des taux fixes concerne toutes les durées d’emprunt. Les banques proposent ainsi en moyenne du 2,20% aux clients cherchant à s’endetter sur 25 ans selon Empruntis, contre 2,30% le mois dernier. Le taux de marché sur 15 ans se situe lui à 1,75% en ce début mai. Meilleurtaux livre des « taux moyens » légèrement inférieurs mais dans une fourchette similaire : 1,67% sur 15 ans et 2,16% sur 25 ans.

Faut-il craindre un rebond prochain des taux fixes ? Au cœur du printemps, l’an passé, les courtiers avaient annoncé sur ce fameux « rebond », qui s’était finalement avéré extrêmement léger. Les premières « alertes » sur le sujet avaient été publiées peu après la mi-mai. Cette année, le discours se veut plus mesuré. Ainsi Maël Bernier, de Meilleurtaux, affirme que « la chasse aux emprunteurs n’est pas terminée ». Empruntis se risque toutefois à pronostiquer une « probable remontée en juin » dans quelques banques, ou plus globalement « en juillet », ce qui correspond à la « saisonnalité » habituelle des taux.

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Pas de rebond en vue, ni de délais à rallonge

Sur l’hypothèse d’une remontée, l’observatoire Crédit Logement-CSA, qui a aussi annoncé des taux bas record en avril, rassure les emprunteurs potentiels dans son étude trimestrielle : « En 2016, [les taux de crédits immobiliers] devraient rester très bas, à des niveaux propices à une nouvelle expansion de la demande. » Pas de risque de rebond important, donc.

D’autant que l’afflux de dossiers de crédit dans les banques n’est pas aussi marqué que l’an passé. « Les établissements les plus compétitifs nous indiquent déjà que le volume de nouveaux dossiers progresse vite, et que les délais pour les premiers rendez-vous s’allongent légèrement », affirme ainsi Empruntis, avant de nuancer : « pas de quoi paniquer comme l’année dernière à la même époque ». Sandrine Allonier, directrice des partenariats bancaires de Vousfinancer, se veut tout aussi modérée : « Les délais de traitement commencent à s’allonger dans certaines banques mais, fort heureusement, sans commune mesure avec ce que nous avions pu constater l’année dernière à la même période. » Bref, pour les emprunteurs, tous les signaux restent au vert, et ce durablement.