A l’occasion de la présentation ce matin de son tableau de bord 2015, l’Association française des sociétés financières (ASF) s’est félicitée de l’amélioration de l’activité du crédit à la consommation. Evoquant la future loi Sapin II, elle a demandé une « pause réglementaire » afin de soutenir cette reprise.

En 2014, la production annuelle de crédits conso était sortie du rouge grâce à une croissance de 1,2%. En 2015, le redressement s’est confirmé : +6,3%, soit 36,7 milliards d’euros prêtés aux consommateurs français. Ce dynamisme retrouvé doit beaucoup au financement d’automobiles neuves, et tout particulièrement à la location avec option d’achat (LOA). L’usage de ce type particulier de crédit a littéralement explosé en 2015 (+48,6%). A elle seule, la LOA a contribué à la croissance d’ensemble du crédit conso à hauteur de 3,8 point.

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Pour autant, cette amélioration de la conjoncture n’a pas suffi pour que le secteur retrouve les niveaux de production d’avant-crise. Par rapport au pic historique enregistré en 2008, l’exercice 2015 est resté en retrait de 18%, « soit une production annuelle amputée de plus de 8 milliards d’euros », a rappelé l’ASF.

Des réformes qui ont « lourdement » affecté le marché

Face à ce qu’elle considère comme une « fragile reprise », l’ASF, représentée notamment par son président Philippe Dumont, également directeur général de Crédit Agricole Consumer Finance, a appelé à une « pause réglementaire ». « La structure du marché du crédit à la consommation a été lourdement affectée par les réformes législatives récentes », a rappelé l’association.

Les lois Lagarde et Hamon ont, selon elle, atteint l’essentiel de leurs objectifs. Le crédit renouvelable, en forte perte de vitesse depuis 2010, a été recentré « sur des usages biens définis (petits achats répétitifs de faible montant ». Le surendettement est également à la baisse en 2015, avec une repli de 8,9% des nouveaux dossiers déposés.

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La loi Sapin II inquiète

L’ASF craint l’arrivée de nouvelles mesures de lutte contre le surendettement, contenues dans le projet de loi sur la transparence de la vie économique, dite loi Sapin II, et qui seront présentées prochainement. Ces mesures « n’ont pas fait l’objet d’une concertation suffisante » et « viendront encore renchérir les coûts pour les établissements alors que leur activité et l’emploi en France ont été obérés par les mesures Lagarde et Hamon (…) », a argumenté l’association.

L’ASF compte dans ses rangs environ 300 sociétés de crédit, parmi lesquelles l’ensemble des filiales spécialisées des groupes de la grande distribution, de l’automobile et de la banque de détail. Ses adhérents représentent environ la moitié du marché du crédit à la consommation en France.