36 ans, 4.430 euros de revenus mensuels net au sein du foyer, 50.465 euros d’apport et un prêt de 159.768 euros sur 20 ans : c’est le portrait-type de l’emprunteur immobilier français en 2012, selon les chiffres compilés par le courtier Empruntis, qui vient de publier son bilan annuel, région par région.

Sans surprise, l’étude confirme l’exception parisienne. Les acheteurs de la capitale disposent de revenus largement supérieurs à la moyenne nationale (7.980 euros mensuels). Leur apport moyen atteint également des sommets : 198.828 euros, soit près de quatre fois la moyenne nationale. « Ces chiffres nous confirment (…) que le marché parisien est désormais réservé presque exclusivement aux secundo-accédants disposant de revenus élevés, l’apport élevé étant la résultante de la plus-value réalisée à la revente » explique Maël Bernier, porte-parole d’Empruntis. Il faut dire qu’en dépit d’une lourde chute des transactions (–20% environ en 2012), les prix à Paris dans l’ancien ont battu de nouveaux records l’été dernier, à 8.440 euros le m2, selon des chiffres communiqués récemment par la chambre des notaires.

Les secundo-accédants surreprésentés

En 2012, l’inflation des apports n’a pas, pour autant, concerné uniquement Paris. Le phénomène touche l’ensemble des régions, « avec des hausses comprises entre 3.000 et plus de 8.000 euros », selon le communiqué d’Empruntis. C’est d’ailleurs le point le plus marquant de ce bilan. « C’est la première fois que l’apport moyen franchit la barre des 50.000 euros », constate Maël Bernier.

Comment s’explique cette hausse ? Par la diminution du nombre de primo-accédants dans les rangs des emprunteurs. « Cette hausse de l’apport moyen dans nos dossiers n’est pas seulement la conséquence d’une exigence supplémentaire des banquiers », poursuit la porte-parole, « mais bien (...) de la représentation inquiétante des secundo-accédants dans nos dossiers au détriment des primo-accédants ne disposant que d’un très faible apport. »

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Le montant moyen emprunté, en revanche, stagne, et reste inférieur au pic de 2010, à plus de 166.000 euros. Dans la plupart des régions, il est plus proche des 150.000 euros, parfois un peu moins : 144.125 euros dans l’Est, 146.288 euros dans l’Ouest… Le chiffre remonte toutefois à 166.477 euros dans la région Méditerranée, et passe la barre des 200.000 euros en Ile-de-France (202.574 euros) et évidemment à Paris (274.579 euros). Paradoxalement, c’est également dans la capitale qu’on trouve la durée moyenne d’emprunt la plus faible : 18,39 années. En moyenne nationale, elle s’établit à 20 ans, en recul de 9 mois par rapport à l’année 2010.

Certains emprunteurs ont bénéficié des taux bas

Enfin, en terme de revenus des emprunteurs, la moyenne nationale, 4.430 euros net mensuels par foyer en 2012, est certes nettement supérieure au salaire médian français (1), mais plutôt en repli par rapport aux années précédentes. Ce qui permet de nuancer l’image, qui concerne surtout Paris et sa région, d’un crédit immobilier réservé à quelques particuliers fortunés. Pour Maël Bernier, cette baisse est même la preuve que « les emprunteurs de 2012 ont quelque peu bénéficié de la baisse des prix dans certains régions conjuguée à la baisse des taux pour se resolvabiliser. En d’autres termes, certains qui n’étaient pas finançables en 2010 le sont devenus en 2012 ».

(1) Le salaire médian, qui marque la limite entre les 50% de salariés les mieux payés et les autres, se situe en France aux alentours de 1.600 euros net mensuels.