Si vous hésitez encore entre PER et assurance vie en termes de performance, de gestion ou d'accessibilité, se pose aussi la question de la fiscalité. L'avantage phare du PER reste la déductibilité fiscale des versements volontaires. Et plus vous êtes imposé, c'est-à-dire plus votre taux marginal d'imposition (TMI) est élevé, plus le PER est intéressant pour vous. Les sommes volontairement versées sur un Plan d'épargne retraite sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 37 680 euros pour 2026.
Fonds euros assurance vie ou PER : quel placement offre le meilleur rendement malgré les frais ?
Exemple pour un foyer dans la tranche à 30%
Un contribuable célibataire sans enfant déclarant 40 000 euros de revenu imposable par an figure dans la tranche d'imposition à 30%. Il verse 1 000 euros sur un plan d'épargne retraite et son revenu imposable passe à 39 000 euros grâce à ce versement sur son épargne retraite. Or ces 1 000 euros auraient dû être taxés à 30%, soit 300 euros d'impôt. Résultat : grâce à cette déduction fiscale de 1 000 euros (pour un versement du même montant sur son PER en 2026), ce célibataire économisera 300 euros sur l'impôt à payer en 2026.
L'économie fiscale est plus faible (théoriquement 110 euros) si votre TMI est de 11%, et plus élevée (410 ou 450 euros) s'il grimpe au-delà de 40%.
Pour tirer profit de cet avantage fiscal, il est même conseillé de réinvestir l'économie d'impôts afin d'enclencher un effet de levier. En plaçant ces 300 euros économisés sur ses impôts, c'est comme si le contribuable de l'exemple ci-dessus avait épargné 1 300 euros pour un effort d'épargne de seulement 1 000 euros.
Attention toutefois, les versements déduits du revenu imposable n'échappent pas éternellement à l'impôt sur le revenu. Un rattrapage s'effectue au moment de liquider le PER, donc à la retraite. Mais l'épargnant est normalement gagnant : comme les revenus baissent à la retraite, sa tranche d'imposition est plus basse que durant la vie active.
Reprenons l'exemple de notre célibataire imposé à 30%. Au moment de la retraite, ses revenus baissent et il est alors imposé à 11%. En versant 1 000 euros à 45 ans sur un PER, avec un taux marginal d'imposition de 30%, il économise 300 euros d'impôts à l'entrée. Il retire cette somme à la retraite mais ne paiera « que » 110 euros d'impôt. Entre-temps, son PER lui aura rapporté des intérêts.
« Les versements sur PER ne sont plus déductibles des impôts si vous avez dépassé les 70 ans ? »
Renoncer à la déductibilité, quel intérêt d'avoir un PER ?
L'épargnant a toujours la possibilité de renoncer à la déductibilité des versements. Il s'agit en effet d'une option par défaut, mais il est possible d'y renoncer. Quel est alors l'intérêt ? Pour ceux qui sont peu ou pas imposables, l'avantage se fait à la sortie. En cas de sortie en capital au moment de la retraite, seuls les gains réalisés grâce à l'épargne (et pas le capital) seront soumis à la flat tax (impôt sur le revenu + prélèvements sociaux) de 31,4%. La fiscalité se rapproche alors de celle de l'assurance vie.
De son côté, l'assurance vie est un véritable couteau suisse de l'épargne et s'adresse à tous les types d'épargnants. Et les retraits sont possibles à tout moment dans la vie du contrat. Par ailleurs, la fiscalité est aussi particulièrement avantageuse au bout de 8 ans : en cas de rachat (retrait) d'un contrat d'assurance vie, l'épargnant bénéficie d'un abattement fiscal annuel de 4 600 euros (et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune) sur les intérêts retirés (le capital n'étant pas imposé). Enfin, contrairement au PER, les prélèvements sociaux s'élèvent toujours à 17,2% (contre 18,6% pour le PER) mais sont en revanche prélevés chaque année pour le fonds en euros. Pour les unités de compte, les prélèvements sociaux sont prélevés lors de la revente des parts.
















