Une large majorité de dirigeants d'entreprises industrielles et du bâtiment confrontés à des difficultés d'approvisionnement s'attendent à ce qu'elles persistent au moins dans les trois prochains mois, selon une enquête de la Banque de France.

Constatant que « l'activité a bien résisté globalement » en janvier à la vague Omicron, malgré « des disparités sectorielles », la Banque de France anticipe par ailleurs une croissance d'environ 0,5% du PIB français au premier trimestre 2022.

Au mois de janvier, 55% des entreprises industrielles et 52% des entreprises du bâtiment faisaient état de difficultés d'approvisionnement, selon l'enquête mensuelle de conjoncture de l'institution. Parmi ces entreprises, 61% des dirigeants du bâtiment s'attendent à ce que leurs problèmes d'approvisionnement persistent entre trois mois et un an. 12% d'entre eux anticipent des difficultés pour encore un à deux ans, tandis que 14% croient en une résorption de ces blocages dans les trois mois. Dans l'industrie, le pessimisme est encore plus fort : 63% des entreprises anticipent des difficultés pendant trois mois à un an, 16% pendant un à deux ans.

« Les secteurs (industriels) les plus concernés par ces difficultés demeurent la fabrication d'équipements électriques, la fabrication de machines et équipements, l'automobile et l'industrie du bois, papier et imprimerie », détaille la Banque de France.

Les dirigeants industriels sont relativement plus confiants en matière de recrutement : 40% indiquent des difficultés dans ce domaine, contre 55% dans les services et 61% dans le bâtiment. Olivier Garnier, directeur général des statistiques et études à la Banque de France, note que les difficultés à l'embauche « repartent à la hausse ce mois-ci, après un tassement dans l'industrie et le bâtiment en fin d'année dernière ». Mais depuis septembre 2021, la tendance est à la « stabilisation » des problèmes de recrutement, « à un niveau haut ».

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Pour le reste, les 8 500 chefs d'entreprises interrogés du 27 janvier au 3 février par la Banque de France « anticipent une progression sensible de l'activité dans l'industrie et les services », selon Olivier Garnier.

La prévision de croissance trimestrielle de l'institution est légèrement supérieure à celle de l'Insee, révisée en baisse cette semaine (0,3%). Pour l'ensemble de l'année 2022, la Banque de France anticipe une croissance d'« au moins 3,6% », conforme à ce qu'elle avait annoncé en décembre.