Cette mesure date de la loi El Khomri de 2016, mais la parution de larrêté nécessaire à son application nest intervenue que le 18 juillet 2019. Jusquà présent, concernant lamiante, seul un diagnostic à la vente dun bien était obligatoire. Cet arrêté vous contraint à « rechercher la présence damiante » dans le logement ou bâtiment concerné « préalablement à toute opération comportant des risques dexposition des travailleurs à lamiante ». Autrement dit, une très large palette de travaux : dès quil faut casser une cloison, poncer une paroi, changer la plomberie, remplacer lisolation, etc. Bref, une démarche à réaliser y compris pour certains « petits » travaux que vous commandez à un artisan.
Plus précisément, la réglementation vous impose de demander ce « repérage amiante avant travaux » (RAAT) à un diagnostiqueur disposant de la « certification amiante avec mention ». Lentreprise de diagnostic fait des prélèvements, puis les fait analyser. En cas de présence damiante, il faut faire appel à une entreprise spécialisée dans la désamiantage avant de lancer les travaux.
Le tarif du RAAT va de 200 à 2 000 euros selon létendue de la zone de travaux, d'après les estimations du réseau spécialisé EX'IM reprises par Le Figaro. Parfois moins, avec un RAAT envisgeable à partir de 90 euros, dixit les chiffres livrés par PAP. Pour rappel, lamiante a été interdite en 1997. Cette nouvelle obligation ne concerne donc que les bâtiments construits avant cette date. Le non-respect du RAAT vous expose à 18 000 euros damende (9 000 euros damende administrative, 9 000 euros damende au pénal).
Un doute sur la mise en application de cette mesure ?
Lobligation de réaliser un RAAT est en vigueur. Mais la notion de certification « avec mention » des diagnostiqueurs disqualifie de nombreuses entreprises. Qui ont décidé dattaquer le texte en Conseil dEtat selon le média spécialisé Dimag. Et le Conseil dEtat a dores et déjà annulé, dans une décision du 24 juillet 2019, larrêté du 25 juillet 2016 définissant les critères de certification des diagnostiqueurs. Une décision pouvant « enterrer » cette mesure, comme le craint Batiactu ?












