Adopté en première lecture le 12 juin dernier par lAssemblée nationale, le projet de loi pour lévolution du logement, de laménagement et du numérique, dit Elan, fait lobjet de critiques et pas seulement dans lhémicycle. Entre la réorganisation du logement social et labsence de mesures fortes pour faciliter laccession à la propriété, le projet ne fait pas lunanimité chez les professionnels de limmobilier. Pour la Fédération nationale de limmobilier (Fnaim), cest notamment labsence de discussion autour de lencadrement des loyers qui inquiète.
L'encadrement des loyers au centre des critiques
Fortement opposé à leur limitation, que lorganisation estime « néfaste économiquement » car elle « dissuade les investisseurs », son président Marc Torrollion déplore que la majorité nait pas mis « à profit le projet de loi Elan pour renoncer définitivement à lencadrement », a-t-il expliqué à loccasion de la conférence organisée pour présenter le bilan immobilier semestriel de la Fnaim. En effet, malgré les différentes décisions de justice rendues contre leur limitation, la loi Elan « permet d'appliquer l'encadrement des loyers à la seule échelle de la commune », soulignait récemment Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris.
En revanche, la Fnaim sestime satisfaite du bail mobilité présent, lui, dans le projet loi. Et pour cause, les députés ont retenu trois propositions suggérées par lorganisation : la possibilité de reconduire le bail dans une limite de dix mois, lassouplissement des dispositions de fin de bail, et la possibilité de changer sans autorisation lusage des locaux.
Plus de reconnaissance pour les bailleurs privés
Plus généralement, la fédération nationale émet des doutes sur lefficacité des mécanismes financiers censés faciliter laccès à la propriété. « En 32 ans, les aides au logement ont été multipliées par 2,5. Elles ont atteint la somme considérable de 42 milliards deuros, toutes formes confondues : taux préférentiels, exonérations fiscales, subventions dinvestissement et dexploitation, aides personnelles. Il nempêche, sur la même période, la proportion des accédants a reculé de 4 points (de 24,2% à 20,1%) ».
Le constat de la Fnaim est également des plus sévères concernant les mécanismes dincitation à la location. « La part du parc locatif privé, malgré les soutiens financiers, a aussi reculé, passant de 26 à 23%. Quant à la vacance des logements, elle na cessé de progresser dans le même temps, passant de 7,7 à 8,3% », déplore-t-elle. Pour la Fnaim, la solution peut venir essentiellement des propriétaires. En ce sens, elle milite de longue date pour la mise en place de nouveaux avantages fiscaux à destination des bailleurs privés.

















