MaPrimeRénov' pourrait encore changer de visage en 2027. Après plusieurs coups de rabot successifs, le gouvernement entend poursuivre le recentrage du dispositif l'année prochaine. C'est ce qui ressort du projet annuel de performances de la mission « Cohésion des territoires », annexé au projet de loi de finances (PLF) pour 2027, déposé le 1er octobre à l'Assemblée nationale.
Depuis le 1er janvier 2026, l'isolation des murs ou encore les chaudières fonctionnant au bois ou à la biomasse ne sont déjà plus financées par MaPrimeRénov' dans le cadre du parcours par geste. D'autres aides ont disparu au 1er septembre, notamment pour l'isolation de la toiture, certains équipements solaires, les systèmes de ventilation ou certains appareils de chauffage au bois. Le parcours par geste finance désormais principalement les pompes à chaleur.
Les pompes à chaleur basculeraient vers les CEE
Mais les pompes à chaleur pourraient à leur tour sortir de MaPrimeRénov'. Dans les documents budgétaires pour 2027, le gouvernement prévoit en effet que les « gestes prioritaires de décarbonation, notamment les pompes à chaleur » soient désormais « uniquement financés par les certificats d'économie d'énergie » (CEE). Une volonté qui interroge, à l'heure où certaines personnalités politiques s'élèvent aujourd'hui contre le dispositif, sous prétexte de faire baisser le prix des carburants.
Concrètement, l'installation d'une pompe à chaleur seule ne serait donc plus subventionnée par MaPrimeRénov'. Les ménages devraient se tourner vers les primes CEE, financées par les fournisseurs d'énergie et de carburants. Le gouvernement ne prévoit donc pas de supprimer tout soutien aux pompes à chaleur, mais d'en transférer le financement vers un autre dispositif.
Ce changement doit permettre à l'Agence nationale de l'habitat (Anah), qui distribue MaPrimeRénov', de concentrer davantage ses moyens sur les rénovations d'ampleur, qui associent plusieurs travaux et permettent d'améliorer significativement la performance énergétique d'un logement.
Attention toutefois : cette orientation figure pour l'heure dans les documents budgétaires du gouvernement. Elle devra encore être traduite dans la réglementation encadrant MaPrimeRénov' pour déterminer précisément les aides accessibles aux ménages en 2027.
217 millions d'euros de crédits en moins pour l'Anah
Ce recentrage s'accompagnerait d'une baisse de la dotation budgétaire versée par l'État à l'Anah. Les crédits de paiement provenant du programme 135 passeraient de 1,450 milliard d'euros en loi de finances initiale pour 2026 à 1,233 milliard d'euros en 2027.
Soit environ 217 millions d'euros de moins, une baisse de près de 15%. Une évolution que le gouvernement relie directement au transfert, vers les CEE, de certains travaux de décarbonation et au recentrage de l'Anah sur les rénovations globales.
Après une année 2026 marquée par la disparition de nombreux gestes, le gouvernement souhaite poursuivre en 2027 la transformation de MaPrimeRénov', avec une séparation plus nette entre les travaux ponctuels financés par les CEE et les rénovations globales soutenues par l'Anah.


















