Le marché immobilier ancien continue lentement à reprendre des couleurs en Île-de-France, mais sans véritable emballement. Au premier trimestre 2026, 29 130 ventes de logements anciens ont été enregistrées dans la région, soit une légère baisse de 3% sur un an. Un recul à relativiser, selon les notaires du Grand Paris, car le début d'année 2025 avait été artificiellement dopé par l'anticipation de la hausse des droits de mutation dans plusieurs départements franciliens.

Derrière ces chiffres relativement stables, les professionnels décrivent pourtant un marché toujours très fragile. Dans leur dossier trimestriel publié ce jeudi, les notaires évoquent un marché « poussif », marqué par une reprise lente et irrégulière, où « le moindre événement économique ou géopolitique semble capable d'enrayer la dynamique ».

Une reprise encore très fragile

Le redémarrage du marché amorcé en 2025 reste en effet limité. Les volumes de ventes demeurent inférieurs de 11% à ceux observés en 2023. Les appartements anciens reculent même de 5% sur un an à l'échelle régionale.

Surtout, le marché continue de souffrir de l'absence des investisseurs locatifs. « L'investissement locatif est absent des transactions », soulignent les notaires. Le marché repose donc essentiellement sur les achats de résidence principale, dans un contexte où les ménages restent prudents face aux incertitudes économiques.

Les prix, eux, ne repartent pas franchement à la hausse. En île-de-France, les logements anciens affichent seulement +0,6% sur un an. Les appartements progressent légèrement (+1%), tandis que les maisons restent globalement stables (-0,4%).

Boulogne-Billancourt
Type de biensPrix moyen au m2
Avril 2026
Prix moyen au m2
Mai 2026
Évolution
Maison10 092 €10 537 €4,41 %
Appartement8 111 €8 262 €1,86 %

Données : SeLoger et MeilleursAgents.com

Inflation et taux inquiètent les professionnels

Les notaires pointent également la dégradation du contexte international depuis le mois de mars dernier. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, alimentent les craintes d'un retour de l'inflation et d'une possible remontée des taux d'intérêt.

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Dans ce climat, certains propriétaires préfèrent mettre leur bien sur le marché avant un éventuel nouveau ralentissement. Mais en face, la demande reste hésitante, faute de visibilité économique.

Résultat : les professionnels anticipent désormais un marché durablement ralenti au moins jusqu'en 2027. Les projections issues des avant-contrats montrent d'ailleurs que les prix pourraient légèrement reculer au deuxième trimestre 2026, aussi bien pour les appartements que pour les maisons.