Un coût du kWh d'électricité qui évolue toutes les heures, au même rythme que les prix sur le marché de gros. C'est le principe des offres à tarification dynamique. Aujourd'hui, quelques offres incitent à décaler la consommation pendant des jours et heures de pointe ou à la sobriété grâce à des remises sur la facture, mais il existe peu d'offres vraiment « dynamiques » en France. Seuls les fournisseurs Sobry et (très récemment) Franck Énergie proposent aux particuliers une offre dont les tarifs changent toutes les heures.

Électricité : cette nouvelle offre promet –15% sur la facture... mais le prix change chaque heure

Ces contrats devraient toutefois se développer. Une directive de l'Union européenne contraint déjà les fournisseurs ayant plus de 200 000 clients à proposer des offres à tarification dynamique. Après la forte hausse des prix sur les marchés de gros pendant la crise de l'énergie, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait assoupli la définition des offres à tarification dynamique, à titre transitoire, jusqu'au 1ᵉʳ juillet prochain.

Comme cette période de transition prend fin, une consultation a été lancée pour « vérifier l'adéquation de sa définition des offres à tarification dynamique avec les besoins du système électrique et les attentes des consommateurs ».

À quoi pourraient ressembler les nouvelles offres ?

Concrètement, ces offres doivent « encourager le déplacement de consommation vers les heures les moins chères sur les marchés au comptant (notamment les heures de prix négatifs), tant pour l'équilibre global du système électrique que pour permettre aux consommateurs de tirer parti de ces prix faibles », détaille la CRE.

Elle considère que l'évolution des prix « au pas horaire », soit toutes les heures, « constitue une modalité satisfaisante (...) au regard des variations journalières du prix spot et des contraintes infrajournalières du système électrique ».

Le gendarme de l'énergie propose aussi de mettre en place des offres dynamiques avec un découpage de la journée par tranches horaires de prix homogène, pour les consommateurs désirant répondre eux-mêmes aux signaux de prix, ceux qui ne disposent pas des outils de pilotage adéquats, ou encore ceux dont les usages déplaçables ont des durées particulièrement longues.

La CRE évoque aussi la possibilité d'une offre garantissant au consommateur un prix selon son profil prévisionnel de consommation. « En cas de dépassement par rapport à la prévision, cet écart sera facturé au consommateur au prix des marchés journaliers ou infrajournaliers du moment. À l'inverse, le fournisseur répercutera vers le consommateur le gain ou la perte engendrée par la revente des volumes non consommés sur les marchés ».

Autre suggestion de la CRE, des offres hybrides. « Certaines offres « classiques » pourraient temporairement adopter les caractéristiques des offres à tarification dynamique à des périodes précises, en fonction des contraintes du système électrique. Ces offres pourraient par exemple être dédiées à la valorisation de l'électricité décarbonée, abondante et bon marché, qui est de plus en plus présente durant l'été, tout en conservant une tarification classique le reste de l'année. »

Disparition du plafond de prix

Aujourd'hui, les offres à prix dynamique sont plafonnées. Le tarif mensuel de la facture hors taxes doit être égal au double de la facture mensuelle hors taxes d'un contrat Base du tarif réglementé de vente. La CRE propose de supprimer ce plafond.

Les prix pourraient donc exploser encore davantage en cas de fortes hausses sur le marché de gros. Il ne faut donc pas oublier que ces offres à tarification dynamique sont réservées à un public conscient de ce risque et capable d'avoir une consommation d'électricité très flexible.

La CRE rappelle d'ailleurs dans sa consultation « l'importance, pour les fournisseurs qui proposent des offres à tarification dynamique, de s'assurer que les clients qui y souscrivent ont suffisamment conscience des risques auxquels ils s'exposent et qu'ils bénéficient des connaissances nécessaires à la compréhension des marchés de l'énergie ».

« Pour tirer parti de ces offres, je dois pouvoir reporter l'utilisation de mes appareils énergivores vers les périodes les moins chères. Cela implique souvent de changer mes habitudes ou d'utiliser un programmateur ou un gestionnaire d'énergie. Pour le médiateur national de l'énergie, ce type d'offres transfère le risque prix du fournisseur vers le consommateur. Elles sont donc réservées aux consommateurs très avertis », indique pour sa part le site du médiateur.

Le nouveau tarif réglementé change la donne : l'option Tempo détrônée des offres d'électricité les moins chères