A partir du 22 janvier, le fournisseur JPME n'aura plus le droit d'exercer l'activité de fournisseur d'électricité. Le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a décidé de retirer l'autorisation du fournisseur d'électricité Actelios Solutions, connu sous la marque « Je produis mon électricité / JPME ».

« L'État s'est assuré que cette décision n'entraîne pas de coupure d'électricité pour les clients actuellement en contrat avec JPME : la continuité de leur approvisionnement sera garantie par EDF, sans qu'aucune démarche ne soit requise de leur part. Ces derniers seront alertés et automatiquement basculés en fourniture alternative », indique-t-il. Autre option pour les clients, souscrire à une autre offre chez le fournisseur de leur choix.

Depuis de longs mois, le fournisseur était épinglé. De nombreux clients, à qui il s'était engagé à acheter le surplus d'électricité photovoltaïque, faisaient face à des retards (ou une absence) de paiement. « Je ne laisserai pas passer une telle impunité, en particulier lorsqu'elle touche au porte-monnaie des Français », a déclaré le ministre à Franceinfo, qui a révélé l'information.

Précision importante faite par Caroline Keller, cheffe du service information et communication du Médiateur de l'énergie à MoneyVox : ce sont bien les contrats de fourniture d'électricité qui sont concernés par ce retrait d'interdiction. Il n'existe aucun agrément pour le rachat d'électricité photovoltaïque, les contrats de vente de surplus conclus seront donc toujours en cours.

Les clients peuvent toutefois chercher un autre fournisseur à qui vendre leur production. « Les contrats d'achat d'électricité photovoltaique JPME n'ont pas de période d'engagement pour le client. Ils peuvent changer quand ils le souhaitent. »

Pratiques commerciales trompeuses

« Les services de l'État ont été alertés par le Médiateur national de l'énergie et par plusieurs clients des agissements et de la situation du fournisseur : pratiques commerciales trompeuses, affichages de tarifs mensongers, retard de paiement pour les clients producteurs. (...) le ministre a conclu que les capacités économiques et financières de JPME sont insuffisantes au regard des exigences prévues par la Loi. »

Le médiateur de l'énergie, qui avait enregistré 188 saisines contre JPME en 2024 et 383 entre janvier et août 2025, avait adressé un carton rouge au fournisseur dans son dernier rapport d'activité, et saisi le procureur de la République de Montpellier sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale (1).

En novembre 2024, le médiateur avait saisi la Direction générale de l'énergie et du climat d'une demande de retrait de l'autorisation d'achat pour revente d'électricité qu'avait JPME.

JPME conteste la décision

De son côté, le fournisseur conteste cette décision. « Depuis le 31 décembre 2025, Actélios Solutions (autre nom de JPME NDLR) a apuré l'intégralité des dettes connues et suivi l'ensemble des recommandations émises par la DGEC, notamment en matière de recapitalisation. Nos équipes se sont pleinement mobilisées pour garantir la conformité de l'entreprise avec ses obligations réglementaires », a expliqué la société dans un communiqué.

Il ajoute que « notre conseil déposera, dans les meilleurs délais, un référé devant la juridiction compétente afin d'en contester la légalité ».

(1) « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur. »