Garder son crédit immobilier tout en changeant de bien : c'est l'une des propositions de la FNAIM pour améliorer le marché du crédit immobilier. Mais cette dernière semble difficile à mettre en place.

2,50% en moyenne : voilà aujourd'hui, selon le courtier Meilleurtaux, le taux moyen pour un crédit immobilier sur 20 ans. Avec un taux d'usure (taux maximum, tout compris, au-dessus duquel les banques ne peuvent pas prêter) fixé à 3,05% jusqu'à fin décembre, de plus en plus d'emprunteurs se retrouvent bloqués dans leurs projets immobiliers. Imaginez maintenant que vous ayez obtenu, il y a un ou deux ans, un taux de crédit aux alentours de 1%. Vous souhaitez changer de bien, mais vous ne voulez pas emprunter aux taux actuels.

Et si vous pouviez garder votre prêt et votre taux tout en changeant de bien ? C'est cette idée de portabilité des prêts immobiliers d'un bien à l'autre qu'a défendu la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM), mardi 6 décembre, lors de son congrès annuel.

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L'idée n'est pas nouvelle. Marine Le Pen l'avait par exemple portée dans son programme de campagne pour l'élection présidentielle 2022 : « Les Français vendant un bien sur lequel ils auraient encore un prêt pour en acheter un autre, conserveraient le prêt en cours et les taux d'intérêts », avançait la candidate dans une tribune à News Tank en janvier.

Sur Twitter, le président de la FNAIM Loïc Cantin rappelle cependant que cette idée est proposée depuis 2018 par la Fédération nationale de l'immobilier. Cette dernière propose également la transférabilité des prêts, c'est à dire que le prêt serait transmis au nouvel acheteur du bien pour lequel a été souscrit le crédit.

Une transférabilité qui coûte cher

Pour Cécile Roquelaure, porte-parole d'Empruntis, la transférabilité des biens ne peut aujourd'hui, en France, pas être une réelle solution : « Un prêt immobilier n'est pas porté par un bien mais par une personne et par ses capacités financières. Aujourd'hui, avec le système français, il est très compliqué de se dire qu'un prêt va passer d'une personne à une autre, alors même qu'ils n'ont pas les mêmes capacités financières. C'est donc une proposition qui s'éloigne complètement de notre modèle. »

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Concernant la portabilité d'un crédit, le procédé est connu, mais aujourd'hui mis de côté par les banques, comme nous l'expliquait Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux, il y a quelques mois : « Cela ne se fait quasiment plus aujourd'hui. Au début, c'était un avantage en plus que proposaient les banques. Mais à partir du moment où on a eu des taux très faiblement rémunérateurs pour les établissements, ce n'était plus possible. »

« Cela a existé par le passé, mais ce n'était pas non plus facile, car il y avait des contraintes fortes pour pouvoir y prétendre, rappelle Cécile Roquelaure. Aujourd'hui, il n'y a plus de transférabilité, car les banques perdent de l'argent sur le crédit alors même qu'elles estiment qu'il durera moins de 10 ans. Si demain, on réinstalle la portabilité, il faudra forcément augmenter de manière plus significative les taux de crédit immobilier, car le crédit durera potentiellement 20 ou 25 ans. Cela amplifie le coût de financement des banques, qui ne regarderont plus ce que coûte l'argent à 10 ans mais bien à 20 ans. »